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Competences & rh

L’Heure Joyeuse: L’ONG qui veut faire sortir les «nini» du désespoir

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4990 Le 28/03/2017 | Partager
Un dispositif innovant d’accueil, d’orientation et d’insertion professionnelle
L’association va les chercher jusqu’à dans leur domicile
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Depuis 2010, la Cellule d’orientation et d’insertion professionnelle de l’Heure Joyeuse a reçu 5.514 jeunes âgés de 15 à 30 ans, dont 3.347 ont été validés pour la formation en life skills, français et informatique offerte. L’ONG sélectionne les jeunes peu ou pas qualifiés, issus de milieux difficiles. Elle se base à 70% sur les visites de terrain pour attirer les bénéficiaires

«La hogra», «l’esprit négatif de ceux qui m’entourent», «garder mes souffrances au fond de moi et ne pas pouvoir en parler aux autres», «le manque de confiance en moi», «les disputes familiales»,… dans ce cours de life skills, les élèves, une quinzaine en situation précaire, expriment tout ce qui les dérange au quotidien. Une manière pour leur formateur, Mohamed Ghafir, de les écouter, les comprendre, et surtout leur montrer que tout le monde a des problèmes dans la vie, lui y compris. Dans chaque séance, il utilise des exercices différents pour leur apprendre à mieux appréhender les difficultés, à mieux se comporter, et à mieux penser leur avenir.

Dans la Cellule d’orientation et d’insertion professionnelle (COIP) de L’Heure Joyeuse, l’on s’est fixé pour mission d’accueillir les jeunes en situation difficile, de 15 à 30 ans, peu ou pas qualifiés. De les écouter, les orienter, les doter de compétences transversales, avant de les aider à s’insérer sur le marché du travail. Un dispositif que l’on ne trouve pratiquement nulle part ailleurs. Parmi ces jeunes, beaucoup sont des anciens «nini» (ni étudiant, ni en emploi), complètement découragés et déboussolés. Souvent, il suffit de les écouter et de les orienter. Et c’est ce que fait l’Heure Joyeuse qui part même les chercher dans leurs quartiers et leurs domiciles, afin de leur offrir une chance de préparer un avenir meilleur. «Nous couvrons aujourd’hui 100% de quartiers défavorisés à Casablanca. Pour attirer des bénéficiaires, nous nous basons à 70% sur les visites de terrain», assure Ghafir. Rares sont les ONG qui peuvent se targuer d’un tel exploit.

La première COIP de L’Heure Joyeuse a vu le jour en 2009, sur la base d’un modèle monté par l’ONG en 2006, en partenariat avec l’association Al Karam et un organisme français de microfinance. Aujourd’hui, elle en compte trois (Belvédère, Sidi Maârouf et Mkansa). Accueil, orientation, insertion professionnelle et suivi, ce sont là les services que la Cellule propose à ses jeunes, dont des subsahariens et des Syriens.
Chaque étape est scrupuleusement étudiée. Dès son accueil, le jeune est mis en confiance. «Nous faisons tout pour qu’il comprenne qu’il n’est pas dans une administration pour remplir des formalités, ou dans un établissement scolaire avec un surveillant général qui le terrorise. Il doit tout de suite comprendre que la Cellule est là pour lui», explique Ghafir.

La magie des life skills

«C’est là où nous diagnostiquons la situation du candidat et où nous définissons ses acquis et ses besoins», précise, quant à elle, Zakia Rachad, responsable de la COIP. Une fois le dossier validé, démarre l’étape de l’orientation. Les jeunes dont les dossiers sont rejetés (âgés de moins de 15 ans, avec des qualifications supérieures au niveau baccalauréat,…) sont dirigés vers des partenaires. Ceux qui sont sur la liste d’attente (pour la prochaine session) sont appelés toutes les semaines afin de les encourager à ne pas abandonner. En général, une trentaine sont admis. Divisés en deux groupes, ils bénéficient d’une session de formation de neuf semaines, en life skills, français et informatique.

Pour la majorité, c’est une découverte, notamment en matière de valeurs et de compétences de vie. «Ce sont des aspects que personne ne leur apprend nulle part, ni dans leur famille, ni dans les maisons de jeunes ni à l’école», relève Ghafir. Les formateurs doivent souvent tout recommencer à zéro en matière de savoir être et de langue. «Parfois, ce que nous construisons, les familles et l’entourage des jeunes le détruisent», regrette Zakia Rachad. Certains parents viennent même à la Cellule pour dire aux formateurs qu’ils perdent leur temps, que leur enfant, qu’ils connaissent très bien, ne réussira jamais rien dans sa vie…

Ce qui ne facilite pas la tâche des formateurs. Désolant! Pourtant, quand la famille apporte son soutien, la transformation des jeunes commence à se faire sentir dès la deuxième semaine. «Leur style vestimentaire, leur coiffure, leur manière de parler… changent progressivement. Personne ne leur impose quoi que ce soit. Leur changement intervient spontanément», témoigne Ghafir. Ils comprennent surtout que pour être employables, ils doivent travailler sur eux-mêmes.
Les élèves bénéficient, également, de séances de coaching et de sensibilisation par des bénévoles sur différents sujets (épargne, création d’une coopérative, drogues,…).

A la fin de la session, ils assistent à des ateliers de l’Anapec sur les techniques de recherche d’emploi. Durant toute cette phase, ils sont suivis par la personne en charge de l’orientation. Cette dernière établit des rapports sur leur personnalité et leurs aptitudes, qu’elle transmet à la responsable de l’insertion professionnelle. De son côté, la chargée de placement élabore une analyse SWOT, avec les forces et faiblesses des lauréats du programme. Elle travaille également avec eux sur des projets de vie. Là encore, pour les jeunes, c’est une nouveauté absolue.

Ils sont encouragés à être acteurs de leur réussite. L’ONG fait, néanmoins, jouer ses contacts, parmi ses entreprises partenaires, pour leur trouver un emploi. Ils sont, ensuite, suivis pendant une période qui peut aller jusqu’à six mois après l’embauche. S’ils s’orientent vers une formation diplômante, ils sont suivis durant toute la durée de leur cursus.

Outre ses trois COIP, L’Heure Joyeuse dispose de deux centres de formation par apprentissage (voir article page VII). Actuellement l’ONG prépare son positionnement sur un nouveau service, l’entrepreneuriat. A leur sortie du centre, les jeunes sont complètement transformés. Dotés de nouvelles compétences, surtout comportementales, ils appréhendent l’avenir plus sereinement.

Un nouveau programme d’entrepreneuriat

Cette année, L’Heure Joyeuse développe un nouveau créneau, celui de l’entrepreneuriat, avec l’appui du programme américain Mepi (Middle East Partnership Initiative). Pour gérer ce projet, l’ONG a engagé un jeune spécialiste des startups, Adnane Lahlou. «L’objectif est de chapeauter une quarantaine de jeunes parmi les plus motivés de la promotion. Après les 9 semaines de la COIP, ils seront formés pendant 10 semaines supplémentaires en création d’entreprises», explique Lahlou. «Ils auront droit à des cours théoriques, ainsi qu’à un encadrement one to one pour l’élaboration de leur business model et business plan», poursuit-il. A l’issue de la formation, une compétition sera organisée. Les quatre meilleurs seront financés et bénéficieront d’un accompagnement post-création de six mois.

 

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