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Enseignement : Enfin du nouveau pour la loi-cadre

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4907 Le 29/11/2016 | Partager
Les remarques du Conseil supérieure transmises au gouvernement dans environ 2 semaines
Cette loi garantira la continuité de la réforme sur les 15 prochaines années
Une multitude de facteurs d’échec à régler
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Si au primaire la scolarisation est presque généralisée, il n’en n’est pas de même pour les autres niveaux. L’école publique a du mal à retenir ses élèves. Au lycée, le taux descend à 65,6%. Au niveau du monde rural, il atteint à peine 38%, avec seulement 29,5% de filles rurales scolarisées, contre 47,8% des garçons ruraux

Le projet est historique: une loi-cadre pour l’enseignement, garantissant la continuité des orientations de la vision stratégique 2015-2030. Le gouvernement s’est attelé à ce projet il y a quelques mois sur instructions royales. Il aura encore fallu que le Roi intervienne pour que l’initiative, revendiquée depuis des années par des ONG et experts de l’éducation, se concrétise. Le document a été transmis par le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, au Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique fin juillet dernier. Une commission ad hoc a alors été constituée afin de l’étudier et de préparer un projet d’avis. Ce dernier a été soumis à l’assemblée générale du Conseil lundi et mardi derniers. Le Conseil devrait faire part de ses remarques au gouvernement au cours des deux prochaines semaines.
La version finale du projet de loi passera ensuite dans le circuit d’adoption. Une fois promulguée, c’en sera donc fini des décisions arbitraires de ministres qui enterrent des réformes sans se baser sur des évaluations préalables. Ou encore des projets qui s’arrêtent en cours de route dès que le gouvernement change. Il en a été ainsi, par exemple, pour le Plan d’urgence lancé en 2009, et qui a été arrêté après seulement deux ans, alors qu’il était porteur d’initiatives ambitieuses. Il a également mobilisé des sommes colossales, dont les dépenses n’ont jamais fait l’objet d’un bilan détaillé.
«La loi-cadre doit, cependant, s’attaquer à tous les problèmes qui sont à l’origine de la défaillance du système. Notamment la gouvernance, l’autonomie pédagogique des établissements, la formation et la motivation des enseignants, la décentralisation,… et bien entendu les ressources. Nous dépensons peut-être beaucoup, mais mal», pense l’ancien ministre de l’Education nationale, Taïeb Chkili. Auteur du livre «Refonder l’école marocaine et renforcer la compétitivité de l’université: pourquoi et comment?», paru en 2015 (éditions La croisée des chemins), il fait partie de ceux qui ont prôné la mise en place d’une loi-cadre pour l’enseignement. «La question est très complexe. Malheureusement, nous avons eu trop de va et vient, de prises de position et de changements de politique intempestifs. Le système est à chaque fois victime des décisions politiques, ou encore, tout simplement idiotes», poursuit l’ancien ministre.  Même son de cloche du côté de l’ancien ministre de l’Enseignement fondamental, My Ismaïl Alaoui. «La discontinuité, c’est une malédiction de notre gouvernance de manière générale. La loi-cadre  est une excellente initiative, mais nous traînons beaucoup. Or, le temps ne pardonne pas», estime-t-il.
Depuis l’indépendance, environ chaque décennie, une commission de réforme du système d’enseignement est créée. Mais à chaque fois, aucune démarche n’aboutit réellement à des résultats probants. Les raisons en sont multiples. Toutefois, l’arrêt brutal des projets et les expérimentations à ne plus en finir font partie des principaux facteurs. L’école primaire et secondaire en a particulièrement souffert. Sur 100 enfants qui rentrent au primaire, seulement 30 arrivent à décrocher le baccalauréat, selon les dernières données du ministère de l’Education nationale. Par ailleurs, 76% des enfants de 4e année du primaire sont illettrés, de l’aveu même du ministre sortant, Rachid Benmokhtar Benabdallah. Dans les classements internationaux (TIMSS, PIRLS), le Maroc est toujours dernier ou avant-dernier en matière d’apprentissages de base et de mathématiques. Dans le supérieur, 64% des étudiants quittent l’université avant d’obtenir la licence.

La gratuité de l’école publique divise toujours

La vision 2015-2030 apporte une feuille de route sur 15 ans. Néanmoins, toutes ses orientations ne font pas l’unanimité. Le volet financement, par exemple, prévoit l’introduction de frais d’inscription dans l’enseignement supérieur et, «plus tard», au niveau du lycée, avec une «exemption automatique des familles nécessiteuses». Certains membres du Conseil, partisans de la gratuité totale, s’y opposent farouchement, ce qui ne manque pas d’entraîner, à chaque fois, des débats houleux.

 

 

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