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Competences & rh

Enseignement supérieur
Les facultés de médecine tentent de se réinventer

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4873 Le 11/10/2016 | Partager
Celle de Casablanca se dote du plus grand centre de simulation en Afrique
Marrakech et Fès aussi créent leurs centres, d’autres arrivent
Langues, com, sociologie, anthropologie, e-learning… rentrent dans le cursus
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A la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, où 80% des étudiants sont des filles, le centre de simulation couvre toutes les Disciplines. Il est équipé en mannequins «intelligents», pouvant reproduire tous les tableaux cliniques. Dotés de capteurs et reliés à un système de commande, ils produisent une courbe d’évaluation de l’étudiant, également jugé par son prof. Un seul mannequin peut coûter environ 3 millions de DH.
Après un briefing, les étudiants s’entraînent à traiter les différentes pathologies sous l’œil attentif de leurs enseignants, les observant à travers une glace sans tain. Ils peuvent assister à un accouchement dynamique, porter secours à un grand brûlé, traiter un arrêt cardiaque, procéder à une transplantation d’organe, opérer une fibroscopie, réaliser un examen gynécologique… tout est retransmis en temps réel dans une grande salle de réunion, afin de partager ces expériences avec le plus grand nombre possible (Ph. Khalifa)

Avec l’ouverture de la formation en médecine au secteur privé, de nouveaux opérateurs viennent bousculer les facultés publiques. Des acteurs aux grandes ambitions comme l’Université Mohammed VI des sciences de la santé de Casablanca, l'Université internationale Abulcasis de Rabat, ou encore, la Faculté des sciences de la santé de l’université Mundiapolis Casablanca, font augmenter la pression concurrentielle. Les sept facultés publiques que compte le Maroc (Casablanca, Rabat, Fès, Marrakech, Oujda, Agadir, Tanger) se remettent donc en question et tentent de prendre le leadership face à ces nouveaux arrivants. «Le pôle public doit rester leader», ne cessait de répéter le ministre sortant de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, qui a initié la réforme des études en médecine dès 2014. La fac de médecine de Casablanca, par exemple, vient d’ouvrir en septembre son nouveau centre de simulation. Entièrement rénové, pour un budget de près de 30 millions de DH, le centre de 1.800 m² est aujourd’hui le plus grand en Afrique, selon son management. Toutes les spécialités y sont représentées. «Avant d’intervenir auprès des malades, les étudiants s’entraînent d’abord sur des mannequins d’une très grande fidélité, qui reproduisent tous les tableaux cliniques possibles et imaginables», explique Pr. Farid Chehab, doyen de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca. «Cela nous permettra également de régler en partie le problème des stages. Nous ne disposons que d’un seul CHU de 1.000 lits, alors que nous comptons près de 5.000 étudiants», poursuit-il.
Une vingtaine de professeurs formés ont été dédiés à ce centre, y compris un enseignant en informatique médicale.
La faculté de Marrakech, aussi, possède son propre centre (450 m²). «Cette nouvelle pédagogie nous permettra d’être moins dans la théorie et plus dans la pratique. Nous avons un programme très ambitieux. Avec un nouveau marché que nous avons lancé en août pour des équipements, nous monterons en cadence», précise Pr. Mohamed Bouskraoui, doyen de la Faculté de médecine et de pharmacie de Marrakech. L’établissement  investit dans son centre depuis 2010. Le dernier marché lancé a été doté d’un budget de près de 15 millions de DH.
Outre la faculté de Fès, dont le centre est également déjà opérationnel, celles de Rabat et d’Oujda sont en train de finaliser les leur. A Rabat, une enveloppe de 6 millions de DH, dont un million de DH offert par la fondation Cheikh Zaid, a été allouée. A terme, toutes les facultés seront équipées. Les budgets ont déjà été accordés par le ministère de l’Enseignement supérieur, et des appels d’offres ont été lancés.
Ces deux dernières années, parallèlement à l’introduction du système LMD en médecine (entré en vigueur en 2015-2016), les facultés publiques se sont orientées vers les méthodes pédagogiques dites «actives», afin de relever le défi de la formation d’une nouvelle génération de médecins. Elles ont ainsi introduit plusieurs modules et matières, comme les langues, la communication, la méthodologie de recherche, la sociologie, l’anthropologie, la médecine de famille… autant de disciplines permettant aux futurs médecins de mieux appréhender leurs patients. «Le malade n’est pas seulement une personne physique. C’est aussi des sentiments, un environnement socioprofessionnel, une psychologie,… Le médecin doit être un bon communicant, un bon gestionnaire, procéder à la promotion de la santé, être un érudit, penser à l’économie de la santé…», souligne Pr. Chehab. «Nous avons adopté l’approche par compétences, grâce à laquelle l’étudiant apprendra à hiérarchiser l’information, à l’utiliser, à mobiliser ses connaissances pour résoudre les problèmes de ses patients», poursuit-il.
La faculté de Casablanca s’est, en outre, investie dans le e-learning, permettant une interaction permanente entre enseignants et étudiants. Actuellement, l’établissement est en train de numériser l’ensemble de ses 50.000 livres, en vue de créer une bibliothèque numérique, à travers laquelle il est possible de consulter des ouvrages en ligne et même de les télécharger.
Les sept facultés publiques, organisées en réseau, essaient de partager leurs expériences en vue de mieux progresser. Cela dit, elles font toujours face à plusieurs contraintes, dont notamment le déficit d’enseignants-chercheurs (voir interview ci-contre).

                                                                     

Système LMD, une délivrance pour les étudiants

Cela fait tout juste un an que les facultés de médecine et de pharmacie ont intégré le système LMD. Les étudiants inscrits à partir de 2015-2016 auront donc la chance de bénéficier de passerelles leur offrant la possibilité de sortir avec un diplôme, même s’ils décident de jeter l’éponge en cours de route. Auparavant, les étudiants ne réussissant par leur doctorat sortaient bredouilles du système, sans diplôme. Grâce à la réforme LMD, ils pourront s’orienter vers une multitude de spécialités médicales diplomantes. «Dans l’ancien système, un étudiant peut sortir après plusieurs années à la fac de médecine sans diplôme. Avec un bac ancien, il ne peut rien faire. J’ai, par exemple, 20 étudiants bloqués en 4e année. Ils ont refait 4 ou 5 fois la 4e année, et nous ne pouvons rien leur proposer!» déplore le doyen de la faculté de Casablanca, Pr. Farid Chehab. Afin de résoudre ce problème, le réseau des doyens des facultés de médecine et de pharmacie travaille sur un décret permettant d’introduire une porte de sortie. Le système LMD, qui n’a touché, pour l’heure, que la médecine générale (7 ans d’études) permettra aussi de raccourcir la durée d’études de 4 ans pour les spécialités. Il sera possible d’entamer la spécialisation dès la 6e année. En tout, l’étudiant passera près de 10 années avant de décrocher son titre de spécialiste, contre 14 ans auparavant.

 

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