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    Législatives 2016

    Comment se dessine la nouvelle carte politique

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4872 Le 10/10/2016 | Partager
    Le PJD attend le signal du cabinet royal
    Le PAM réalise un exploit
    La dégringolade des partis historiques continue
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    Au siège du PJD, arrivé en tête des élections, la fièvre est retombée. On attend un signal du cabinet royal pour la nomination du prochain chef du gouvernement, conformément à la Constitution. Les élections se sont déroulées sans incident notoire, ce qui marque de manière nette une avancée dans le processus de consolidation de la démocratie. Un acquis notable pour le Maroc, scruté de toutes parts sur le plan international par les observateurs accrédités pour ce scrutin mais aussi par les multiples chancelleries étrangères à Rabat. La leçon magistrale de ce scrutin est ailleurs: pour la première fois dans les annales parlementaires, seuls deux partis politiques disposent de la majorité absolue des sièges. Le PJD  et le PAM ont obtenu 227 députés sur un total de 395 que compte la Chambre des représentants.

    Refus de toute alliance

    L’autre enseignement de taille à tirer de ces législatives est la montée en flèche du PAM qui a plus que doublé son score, passant de 47 députés en 2011 à 102 aujourd’hui. Un exploit qui consolide le secrétaire général dans son poste. En moins d’un an à la tête du parti, Ilyas El Omari aura réussi à le positionner et le «normaliser» en tant que deuxième formation de l’échiquier politique, loin devant les autres.  Aujourd’hui, et après la proclamation des résultats, le PAM reste conséquent dans la mesure où il maintient son refus de toute alliance avec le PJD. Cette nouvelle polarisation clarifie mieux la carte politique. Car, même en baissant le seuil de représentativité à 3%, on s’attendait à une forte balkanisation du champ politique, avec l’arrivée des petits partis au Parlement. Il n’en est rien. Seuls le MDS a obtenu 3 sièges, la FGD 2, le Parti de l’unité démocratique et le Parti de la gauche verte, un chacun. La Fédération de gauche, présentée comme la troisième voie, n’a récolté que deux sièges, l’un pour Omar Balafrej à Rabat et l’autre pour Chaouni à Casablanca. Même Nabila Mounib, tête de la liste nationale, n’a pas franchi le seuil.

    Payer le prix de l’erreur

    L’autre leçon magistrale réside dans le recul incontestable des partis historiques, connus par le passé sous le nom générique de la Koutla, face aux partis du Wifak (MP, UC,…). L’Istiqlal a perdu 14 sièges, passant à 46 contre 60 en 2011. Depuis sa sortie du gouvernement en 2013, le parti de Hamid Chabat paye le prix de cette «erreur». Déjà en 2015, le secrétaire général a essuyé un échec cuisant et personnel à Fès. Aujourd’hui, même s’il a remporté son siège, le parti a laissé des plumes. En tout cas, l’Istiqlal a changé d’approche et il est favorable à une entrée dans le prochain gouvernement. Mais pas à n’importe quel prix. Sa marge de négociations avec le prochain chef du gouvernement du PJD, que nommera le Souverain, dépendra de la réponse que donnera le RNI. Le PJD accorde peu de confiance à Hamid Chabat et préfère une alliance avec le RNI. Mais Mezouar serait-il partant?

    Les uns après les autres, les cadres quittent le navire

    La dégringolade la plus catastrophique a concerné l’USFP qui s’est retrouvée dépouillée de 19 sièges. Le parti obtient à peine 20 députés contre 39 en 2011. Mais il faut reconnaître que le déclin de cette formation a commencé au lendemain de l’expérience de l’alternance. Depuis cette date, les cadres, les uns après les autres, ont quitté le navire, particulièrement à la suite de scandales qui avaient entaché la réputation de certains socialistes. Depuis son élection en tant que premier secrétaire, Driss Lachgar a dû affronter de multiples problèmes d’organisation interne, au point que des parlementaires ont fait scission pour créer une nouvelle formation.
    Essuyant un revers sans précédent, en perdant 6 sièges, le dernier dinosaure est incontestablement le PPS. Il en avait 18 en 2011 contre 12 seulement aujourd’hui, même pas assez pour atteindre le seuil minimum, fixé à 20 députés, pour constituer un groupe parlementaire. Nabil Benabdallah, sonné par l’annonce des résultats,  a refusé de les commenter. Dans cette épreuve, le secrétaire général paie cash les frais de la transformation de sa coalition tactique en une alliance stratégique avec le PJD. L’impact du communiqué du cabinet royal, même s’il est difficile d’en mesurer l’ampleur, aura pesé dans cette sanction des électeurs. De même, la mobilisation du PAM dans sa compétition avec le PJD a probablement réduit l’influence du PPS.
    De son côté, le  RNI est également sorti perdant de l’épreuve du 7 octobre. De 52 sièges dans la Chambre sortante, le parti de la colombe se retrouve avec 37. Son bureau politique était hier en réunion pour analyser les résultats obtenus et la participation au gouvernement de Benkirane. Le président Salaheddine Mezouar, qui ne s’est pas présenté, insiste sur l’évaluation de la relation de son parti avec le PJD depuis les élections de septembre 2015.
    Le MP a subi le même sort, avec une perte de 5 sièges. Driss Merroune, ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, n’a pas obtenu son siège à Tissa, près de Taounate, fief de Mohamed Abbou (RNI), son collègue du Commerce extérieur. Ce n’est pas le cas de deux de ses collègues au gouvernement Lahcen Sekkouri (Jeunesse et Sports) et Mohamed Moubdiî (Fonction publique) qui ont remporté chacun son siège. En tout cas, le recul de la formation de Mohand Laenser peut s’expliquer en partie par les scandales de trois de ses ministres (Ouzzine avec l’affaire de «Kerrata», Abdeladim El Guerrouj avec les chocolats et Hakima El Haité avec les déchets italiens). Le secrétaire général a toutefois poussé son fils Hassan à se présenter et à gagner dans la région de Boulmane.

    Le plus grand parti.... les abstentionnistes

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    Maintenant que le rideau est tombé sur le scrutin du 7 octobre, il faudra peut-être se pencher sur le taux de participation qui n’a pas été à la hauteur des attentes. A peine 43% , alors que pour les communales et les régionales de septembre 2015, ce taux  a été de plus de 53%. Comparativement aux législatives de 2011, le niveau est également inférieur, à 45,4%. Il rappelle la catastrophe de 2007 avec un taux de 37%, malgré la création d’une association dotée de moyens budgétaires pour attirer la population en âge de voter. Le doute et la méfiance sont toujours très présents dans les esprits et donc, encore une fois, beaucoup ont préféré s’abstenir...

    Transhumance

    Ceux qui ont changé de parti à la veille des élections ont eu des sorts différents. Si Lahcen Haddad a décroché un siège au nom de l’Istiqlal alors qu’il était quelques semaines auparavant ministre du Tourisme MP,  ce n’est pas le cas de Abdelali Doumou. Ce député sortant ayant quitté l’USFP pour le PPS, a échoué à Kalâat Sraghna. Idem pour Abdelkader Tatou, ancien vice-président de la Chambre des représentants sous l’étiquette du MP. Cette fois-ci, il s’est présenté sous les couleurs du RNI. Par contre Said Chbaâtou, ancien ministre et ex-député de l’USFP, a remporté son siège au nom du RNI. Abdelouahad Radi, le plus ancien député du Parlement (depuis 1963), a été reconduit dans son fief dans la région de Sidi Slimane.

     

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