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    Analyse

    L’emprise de «l’inculture» religieuse

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4864 Le 27/09/2016 | Partager
    Laïcité à outrance, religion d’Etat, fondamentalisme,…
    L’Allemagne et les Etats-Unis, des modèles à suivre?

    Les sociétés modernes sont-elles toutes dans une situation «d’inculture» religieuse? C’est ce qu’avance, en tout cas, le politologue et écrivain français, Jacques Huntzinger. Egalement diplomate et ancien coordinateur du Forum culturel méditerranéen, Huntzinger est intervenu durant le colloque international organisé par la Fondation du Roi Abdul-Aziz de Casablanca, vendredi et samedi derniers, autour de l’enseignement de la religion et du fait religieux. «La France et l’Arabie saoudite sont, peut-être, les championnes de l’inculture religieuse contemporaine», a-t-il lancé.
    L’inculture religieuse se présente, selon lui, sous quatre formes. La première expression est celle du tout religieux, littéraliste, fondamentaliste, «primaire et caricatural». La deuxième forme est celle du religieux politique, adoptant une religion d’Etat. Un modèle courant, au Nord (Russie, Grèce,…) comme au Sud (à l’exception notoire du Liban). «Ce religieux a l’avantage d’être contrôlé. Mais il est aussi formaté et fragilisé de l’intérieur, car ne s’adaptant pas à la modernité et à la demande de liberté des sociétés», explique Huntzinger. A ces deux configurations se rajoute le religieux sans culture, ou ce que l’on appelle la religion spontanée, personnalisée, voire bricolée par les individus, en fonction de leurs aspirations. Enfin, la culture sans religion, un peu à la manière de la France qui s’attache à sa culture chrétienne, tout en étant foncièrement laïcisée.
    Par opposition à ces modèles, la «bonne» culture religieuse combine trois ingrédients, selon l’ex-coordinateur du Forum culturel méditerranéen. «Elle reconnaît pleinement le spirituel et le religieux, admet la liberté de croyance, de recherche et de critique du religieux, et tient compte de la sécularisation et de la modernisation sociale», précise-t-il. Seuls deux pays pourraient être considérés comme des rescapés, ou presque, de l’inculture religieuse ambiante. Les Etats-Unis, avec un Etat laïc, des universités et instances libres, et une société très pratiquante. Et l’Allemagne, où le politique et le religieux se complètent en toute harmonie. Un Etat laïc, des institutions religieuses indépendantes et solides, et une classe politique attachée à ses croyances. «Le politique et l’économique se nourrissent du religieux en Allemagne. L’économie sociale de marché allemande est quasiment un concept religieux», estime Huntzinger. Même dans les pays les plus croyants, l’inculture religieuse des populations est patente. Généralement, elles ignorent les principes fondamentaux de leurs religions. Elles tombent ainsi facilement dans le piège de la radicalisation.

    La France tente de se réconcilier avec l’islam

    «Il nous appartient de bâtir un véritable pacte avec l’islam de France», dixit le Premier ministre, Manuel Valls. La France, qui croyait avoir réglé ses comptes avec la religion depuis 1905 (date de la séparation entre l’église et l’Etat), se confronte à l’intégration d’une nouvelle confession. Dès octobre, la Fondation pour l’islam de France sera ressuscitée. Elle devra gérer à la fois l’aspect cultuel et culturel de l’islam. «Il est temps d’entamer un véritable travail d’intelligence, de beauté, d’élévation, d’humanisme... La France aura l’islam qu’elle mérite», confie Ghaleb Bencheikh, membre du conseil d’administration de la Fondation. «Ce sera un modèle sans prosélytisme ni dogmatisme aucun, qui peut être transmissible ailleurs, et où la liberté d’agir, d’être créatif, ne tombe plus jamais sous le diktat d’une innovation blâmable, dont l’auteur périrait en enfer», poursuit-il.

     

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