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    Analyse

    Virée dans l’espace Euromed

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4864 Le 27/09/2016 | Partager
    Entre laïcité et enseignement confessionnel, chacun son modèle
    L’expérience avortée de la Tunisie

    Les pays du pourtour méditerranéen disposent chacun d’un modèle particulier découlant de son histoire avec la religion. En France, par exemple, le rapport du philosophe Régis Debray de 2002, sur l’enseignement du fait religieux à l’école laïque, avait posé les jalons du système actuel. A l’école de la république, la finalité n’est pas de transmettre une religion, mais de produire de bons citoyens, au fait d’une culture religieuse visant à ouvrir les esprits sur l’altérité. L’on tient à «l’enseignement laïc du fait religieux». «Nous ne sommes pas dans une logique d’éveil spirituel des élèves, ce n’est pas l’objet de la transmission scolaire», insiste Isabelle Saint-Martin, directrice de l’Institut européen en sciences des religions.
    En Allemagne, en revanche, il existe bien un enseignement religieux et confessionnel garanti par la Constitution. «L’objectif est d’enraciner l’élève dans sa foi, car l’on considère qu’à partir de là, il peut dialoguer avec l’autre et s’épanouir», explique Sylvie Toscer-Angot, maître de conférences en civilisation allemande (Université Paris-Est Créteil). La matière (2 heures par semaine) est obligatoire et notée. Elle est assurée par un professeur qui appartient à la même communauté religieuse que les étudiants.   
    Après une phase où l’enseignement islamique était «délégué» à la Turquie (années 80 et 90), dans les années 2000, l’Etat allemand a repris les rênes. Au départ, la matière était inscrite dans un cours de langues et de culture. Un cours généralisé a, ensuite, été introduit.  
    En Tunisie, une réforme de l’ancien ministre de l’Education, Mohamed Charfi, en 1991, avait permis d’introduire une approche presque laïque de l’enseignement religieux. Le principe était avant tout de construire des personnalités autonomes, dotées d’un esprit critique et capables d’opérer leur propre jugement. Mais l’expérience n’a pas duré. Elle a été balayée à la révolution de 2011.
    Aujourd’hui, le cursus s’opère en deux temps. Au primaire, où la matière ne dispose pas de manuels scolaires, le focus est mis sur l’éducation islamique, dans le but de partager des valeurs sociales.
    Au secondaire, l’on passe à l’étude de la pensée islamique. «Cela dit, tout s’inscrit dans le cadre du principe de l’unicité du créateur. Si vous n’êtes pas croyant, vous n’appartenez pas à la Oumma. Cela équivaut à regarder le monde du prisme d’un seul groupe. Est-ce raisonnable dans l’ère actuelle?», s’interroge Moncef Ben Abdeljelil, islamologue tunisien. Autre drame de l’éducation tunisienne, dès 2011, des groupes d’enseignants, jadis exclus, voire emprisonnés, formés en Syrie, Egypte, Iraq,…  ont été réintégrés dans le système. L’enseignement classique de la religion, dit «zaytouni», largement contesté, a également été ressuscité. Les débats sur la question du religieux à l’école ne sont jamais clos. Le sujet continue de déchaîner les passions.

    Le Liban, 3 religions, 19 confessions

    De par sa diversité, le cas du Liban est particulier. Les 3 religions monothéistes et 19 confessions y cohabitent, même si cela n’est pas toujours aisé. Le système confessionnel, basé sur le principe de la protection des minorités, est hérité des Ottomans. L’éducation religieuse est surtout assurée par des chaînes d’établissements privés, chrétiens (inspirés des missions occidentales depuis le 16e siècle) et musulmans, gérés par des bureaux nationaux. Depuis 4 ans, une fondation, Adyan, tente de développer un nouveau modèle pédagogique unique, dédié aux élèves des trois religions. Un livre avec une approche pédagogique et des valeurs a été publié à l’intention des profs. Devant le refus de la communauté sunnite de ce livre unifié, la fondation a dû séparer la publication, mais tout en gardant le modèle. Elle espère qu’il sera adopté par le système public.

     

     

     

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