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    Master, un cursus en quête d’évaluation

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4859 Le 20/09/2016 | Partager
    Plus de 700 filières accréditées couvrant différentes disciplines
    Evaluation pédagogique et harmonisation des procédures s’imposent
    Objectif, renforcer la transparence et améliorer la qualité de la formation
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    Pour Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur, chaque fois qu’il y a une réclamation sur le manque de transparence pour l’accès au master, des opérations d’inspection sont lancées (Ph. L’Economiste)

    La formation master figure parmi les nouveautés introduites par la réforme pédagogique mise en œuvre au Maroc depuis la rentrée universitaire 2003-2004. Celle-ci a permis l’introduction du système LMD avec trois diplômes: Licence (3 ans), master (2 ans) et doctorat. Le nombre de masters accrédités s’élève à 710 masters, selon le département de tutelle et touche les masters, masters spécialisés, et masters en sciences et techniques au niveau de l’enseignement supérieur public. Après cette phase de rodage, une évaluation permettant de capitaliser sur les points forts mais également de déceler les dysfonctionnements qui entravent le bon déroulement de ce cursus est conduite. «A défaut de trouver un emploi après l’obtention de leur diplôme, une grande partie des licenciés se trouvent obligés de poursuivre leur formation en master», précise un professeur coordonateur de master à l’université de Rabat. L’étiquette «master» permet de booster le CV des candidats en quête d’emploi et offre des perspectives d’évolution de carrière pour les personnes déjà en activité, ajoute-t-il. «Toutefois, dans certaines facultés, on enregistre une profusion de ces formations, à tel point que chaque professeur veut créer un master reconnu souvent chez les étudiants par son nom», regrette notre source. A titre d’exemple, cite-t-il, «dans notre département avec 27 professeurs, on ne dénombre pas moins d’une dizaine de masters», signale un professeur de la faculté de droit à Rabat. Ce qui, selon lui, pose un problème d’encadrement du fait que certains professeurs doivent aussi assurer des cours au niveau du cycle de licence et encadrer des doctorants. Une situation qui va s’accentuer avec le départ massif à la retraite d’un grand nombre d’enseignants. Cela va se traduire négativement sur la qualité de la formation. «Pour pallier ce déficit, les facultés ont recours à des vacataires dont certains présentent des insuffisances sur le plan pédagogique», constate un étudiant en master. On soulève également le manque d’opérations d’évaluation prévues, en principe, par le cahier des charges d’accréditation. Pour le professeur de Rabat, une meilleure évaluation nécessite l’implication des étudiants, les premiers concernés par ces formations. Ces opérations d’évaluation devraient porter notamment sur les aspects pédagogiques en relevant également les problèmes qui entravent le bon déroulement de ces cursus. L’employabilité des lauréats devrait aussi être prise en considération.
     «Pour la reconduction de l’accréditation d’un master, il faut réaliser un taux d’employabilité dépassant 50%», recommande notre source. Un point de vue non partagé par d’autres professeurs, pour qui, la mission fondamentale de l’université reste la transmission de la connaissance et du savoir. Une harmonisation des conditions d’admission au master est réclamée dans un objectif de simplification et de transparence. En dépit de la préinscription en ligne, certaines facultés exigent aux candidats de déposer un dossier composé de plusieurs pièces administratives dont la majorité réclamée une deuxième fois en cas d’admission. La question de transparence pour l’admission à ces formations reste entière. «En général, il y a une transparence dans l’opération de sélection», confirme Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur. Ce dernier tient à rappeler qu’à chaque réclamation, une opération d’inspection est systématiquement déclenchée. Ceux qui monnaient des places dans les masters universitaires n’ont qu’à bien se tenir. Rappelons à cet égard que le département de Daoudi a déjà envoyé certains de ses fonctionnaires devant la justice.

    Pour plus de transparence

    Parallèlement à l’approche coercitive, des mesures ont été prises par le ministère pour plus de transparence. Celles-ci ont fait l’objet d’une correspondance adressée, en 2014, aux différentes universités à travers laquelle on rappelle l’adoption d’une présélection basée sur des critères de mérite: notes, mentions… obtenues dans la licence. On doit se contenter uniquement du concours écrit avec un recours exceptionnel à l’oral en cas de nécessité. Après sa publication, les dispositions de cette lettre ne sont pas scrupuleusement respectées. Pour notre source, il faut essayer de neutraliser les tentatives d’influence du coordinateur du master dans l’opération de sélection. Pour certains cas, ce dernier arrive à instaurer un monopole dans la gestion de cette formation: choix des professeurs, préparation des examens… «En principe, un master devrait faire le projet d’une équipe et non l’affaire d’une seule personne», conclut notre source.

     

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