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    Education islamique: Enfin la réforme!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4859 Le 20/09/2016 | Partager
    Les 23 manuels du primaire et du collège seront disponibles dès cette semaine
    29 équipes d’une douzaine de maisons d’édition ont travaillé sur la révision des contenus
    Les enseignants ne sont pas encore formés!
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    En parallèle avec la réforme de l’éducation islamique dans l’enseignement général, l’enseignement traditionnel, relevant du ministère des Habous et délivrant des diplômes équivalents, a également été revu (Ph. L’Economiste)

    Il aura fallu, encore une fois, que le Roi intervienne pour que la réforme de l’éducation islamique soit lancée. Le Souverain, dans un communiqué daté du 6 février dernier, avait donné ses instructions pour la révision des programmes scolaires, en vue de l’intégration des «valeurs de l’islam tolérant». Un islam qui prône «le juste milieu, la modération, la tolérance et la cohabitation avec les différentes cultures et civilisations humaines». Pourtant, cela fait des années que les enseignants de cette matière, eux-mêmes, réclamaient une révision des contenus, souvent trop techniques ou inadaptés à l’âge des élèves. La société civile, aussi, ne cessait de pointer du doigt le caractère parfois violent, sexiste ou discriminant des manuels scolaires.
    Pendant des décennies, aucun gouvernement n’a osé s’attaquer à ce chantier, ô combien crucial, mais aussi très sensible. La simple proposition du ministère de l’Education nationale de changer le nom de la matière enseignée avait soulevé un tollé. Ce qui a poussé la tutelle à garder «l’éducation islamique», au lieu «d’éducation religieuse», comme intitulé. Sachant que jusqu’à la fin des années 70, l’appellation adoptée était tout simplement «religion».
    Peu de temps après la «commande royale», les ministères de l’Education nationale et des Habous ont mis en place une commission mixte, formée de 9 oulémas et pédagogues reconnus. Impossible, cela dit, d’en connaître les membres… Tout le processus s’est joué entre les deux départements. Le Conseil supérieur de l’éducation n’a pas été saisi. C’est ce qu’a confirmé à L’Economiste le SG de la Rabita Mohammadia des Oulémas et membre du Conseil, Ahmed Abbadi.  
    La commission s’est fixée pour objectif de concevoir un nouveau programme d’éducation islamique pour la rentrée 2016-2017, à la fois pour l’enseignement général et celui dit traditionnel, sous la tutelle des Habous. La réforme de l’enseignement originel, centré sur les sciences juridictionnelles (relevant de l’Education nationale et concernant près de 6.450 élèves dans les lycées) a été reportée à l’année prochaine. Le défi était de taille, vu le délai accordé.  
    Après avoir conçu la nouvelle approche d’enseignement, une copie a été envoyée au Conseil supérieur des Oulémas. Deux journées d’études ont ensuite été organisées avec les éditeurs des manuels homologués, qui ont été chargés de réviser les contenus scientifiques, sur la base des orientations reçues. Au total, une douzaine de maisons d’édition ont mobilisé quelque 29 équipes afin de plancher sur le projet, à partir de la première semaine de juillet dernier. Aujourd’hui les nouveaux manuels sont presque prêts. Les 23 livres du primaire et du collège, qui ont fait l’objet de trois révisions avant d’être validés, seront disponibles dès cette semaine. Pour les 6 livres du lycée, beaucoup plus «consistants», il faudra compter quelques jours supplémentaires. «De 2002 à 2005, quand nous avons revu tous les programmes, les manuels étaient prêts vers fin septembre ou début octobre. Nous ne sommes donc pas vraiment en retard», relève le directeur des curricula du ministère de l’Education nationale, Fouad Chafiki.
    Reste la question de la formation des enseignants d’éducation islamique. Ont-ils été préparés pour mettre en œuvre cette réforme? Force est de constater que non. La tutelle s’est concentrée, pour commencer, sur la révision des supports pédagogiques, afin d’honorer la commande royale. La formation des profs se fera ainsi de manière progressive tout au long des prochains mois. Le 8 septembre dernier, une journée de formation a été organisée en faveur de tous les inspecteurs pédagogiques. Ces derniers auront ensuite pour mission d’organiser des sessions de formation pour les enseignants dans toutes les régions. En attendant, les curricula de l’éducation islamique des trois niveaux ont été mis en ligne sur le site de l’Education nationale, afin de les partager avec les enseignants, les parents et les élèves.

    Une mise en œuvre décisive 

    «Sur le plan conceptuel, le nouveau programme est valable. La question qui se pose aujourd’hui est celle de la mise en œuvre», pense Abdellah Chérif Ouazzani, enseignant-chercheur en pensée islamique et sciences de l’éducation. Faute de préparation des enseignants, l’on risque encore de passer à côté d’une grande réforme. Le ministère de l’Education nationale est appelé à mettre le paquet sur la mise à niveau des profs, car sans leur totale implication, aucun progrès n’est possible. Le rôle des inspecteurs, chargés de l’encadrement des enseignants, est également crucial. Malheureusement, leur corps a été sensiblement affaibli ces dernières années (12 inspecteurs coordinateurs, soit un par académie régionale, et une soixantaine d’inspecteurs pédagogiques, pour près de 230.000 enseignants).

     

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