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    Education islamique
    Les détails de la nouvelle approche

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4859 Le 20/09/2016 | Partager
    La matière, presque sacralisée, pour la première fois clairement définie
    De même que le profil de sortie des élèves par an et par cycle
    Un enseignement contextualisé, en fonction de l’âge des enfants
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    Les enseignements sont construits autour de cinq valeurs centrales que les élèves devront s’approprier, à travers cinq entrées: Attazkiya, al Iqtidaa, al istijaba, Al qist et al hikma

    Des enseignements inadaptés à l’âge des élèves, des thématiques hors sujet ou inutiles, des contenus trop techniques (comme l’héritage), du simple remplissage parfois, … Les aberrations pédagogiques de l’ancien programme d’éducation islamique sont nombreuses. «Pourquoi, par exemple, parler à un enfant d’enfer dès la première année? Pourquoi ne pas lui présenter des histoires de prophètes et de personnages coraniques, comme Youssouf ou Luqman, qui interpellent son imagination», suggère un pédagogue, ancien haut cadre de l’Education nationale. «Le primaire devrait être l’occasion de s’approprier les valeurs de la religion. Au secondaire, il faudrait enseigner l’histoire de la pensée islamique et élargir la matière à plusieurs écoles de pensée, afin d’enrichir l’esprit des élèves», poursuit-il.
    Inculquer les valeurs fondamentales de la religion, c’est justement l’objectif de la nouvelle réforme des curricula de l’éducation islamique. Le ministère de l’Education nationale promet une révision de fond des programmes, avec une approche en totale rupture avec le passé. «Ce que nous entreprenons là sera, je pense, une première dans le monde musulman. Nous construisons une logique de la formation du citoyen musulman croyant, doté d’une grande tolérance envers les religions et respectueux de son prochain», relève Fouad Chafiki, directeur des curricula. Il sera donc question de se servir de la religion pour enseigner des valeurs destinées à former de futurs citoyens responsables, ouverts d’esprits et engagés dans leur société.
    Pour commencer, la matière, presque sacralisée, a été, pour la première fois, clairement définie. Il s’agit, dans les nouveaux curricula, «d’une matière scolaire répondant aux besoins religieux de l’apprenant, en fonction de son niveau de développement cognitif, psychologique et moral, et de son contexte social et culturel». La définition énonce un principe (satisfaction des besoins religieux), un objectif (acquisition des valeurs essentielles de la religion) et des entrées. Cinq ont été fixées, à savoir: At-tazkiya, ou purification de l’âme, grâce à l’amour du créateur unique et à la lecture permanente du coran. Al Iqtidaa (suivre l’exemple) à travers la sira du prophète. Al istijaba (réponse), en commençant à lier la religion à des actions et pratiques religieuses. Al qist (justice), en poussant les élèves à se poser des questions sur leurs droits et obligations envers leur environnement, et enfin, al hikma (sagesse), les encourageant à atteindre un degré supérieur de conscience religieuse, à s’améliorer en permanence et à apporter leur contribution à la société, en fonction des valeurs apprises.
    «Les anciens programmes étaient décousus. L’équipe qui a travaillé sur la réforme a veillé à pallier cette carence, grâce aux cinq entrées qui seront abordées à travers des thématiques choisies. Des matrices ont été mises en place en fonction de l’âge et du niveau des élèves», explique Chafiki. Pour chaque thème, des versets du coran et des chapitres de la vie du prophète ont été sélectionnés. «L’éducation islamique était enseignée comme une révélation, sans tenir compte du contexte des enseignements. Le sens était perdu. Là nous avons choisi des hadiths et versets selon des contextes et des enchainements logiques, adaptés à l’âge et au niveau des élèves», poursuit le directeur des curricula. Le but n’est pas l’apprentissage par cœur, comme cela fut le cas auparavant, mais l’appropriation des sujets. L’école tâchera d’écouter les interrogations des élèves et d’y apporter des réponses. Tout en s’abstenant de fournir des réponses à des questions qu’ils ne se posent pas, afin de ne pas les perturber. Autre mesure inédite, les compétences à acquérir par les élèves ont été déterminées pour chaque année du cursus. Le profil de sortie par cycle a également été précisé.
    «Sur le papier, le projet est bon, mais il faut attendre de voir les manuels pour se prononcer. Par exemple, au primaire, il est encore tôt de parler aux enfants de foi, de dogme, de credo,… l’accent devrait être mis sur des valeurs, telles que l’amour, le vivre ensemble, la tolérance, l’honnêteté, le respect,…», pense Abdellah Chérif Ouazzani, enseignant chercheur en pensée islamique et sciences de l’éducation. Les manuels du primaire et du collège seront prêts à partir de cette semaine (voir article précédent). «L’islam n’est pas simplement une histoire d’apparence ou de pratiques cultuelles qui, finalement, relèvent de la sphère individuelle. Ce qui nous concerne en tant que société, c’est ce qui régit nos relations. D’où l’importance de l’approche graduelle commençant avec l’appropriation de valeurs. Cela dit, école et parents doivent donner le bon exemple, sinon, nous enseignerons à nos enfants l’hypocrisie», estime Chérif Ouazzani.    
    C’est là un projet dont le résultat dépendra, au même titre que l’ensemble de la réforme du système d’enseignement, de l’implication des enseignants et des parents. Avec des professeurs faiblement formés et des parents démissionnaires, il ne sera pas facile de relever le défi.

    Pas de changement dans le temps consacré à la matière

    Les trois niveaux d’études ne connaîtront aucune modification sur le temps accordé à l’éducation islamique. Au primaire, 3 heures seront dispensées par semaine (4 séances de 45 minutes). Au collège, une séance de 2 heures par semaine sera réservée à cette matière, soit 32 heures par semestre (16 séances). Au lycée aussi, une séance est prévue par semaine. Le temps varie en fonction des filières et des niveaux. 2 heures pour le tronc commun (toutes branches confondues). A la deuxième année, 2 heures par semaine sont programmées pour les lettres, contre 3 heures pour les sciences humaines et 1 heure pour les filières scientifiques, techniques et professionnelles. Cela représente une enveloppe horaire allant de 16 à 48 heures par semestre au lycée.

     

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