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    Développement durable: La vision d'un Roi

    Traitement des eaux usées: Objectif, une station dans chaque ville

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4824 Le 29/07/2016 | Partager
    En 10 ans, une centaine ont vu le jour ou sont en cours de réalisation
    Régies, ONEE, concessionnaires ont consenti de grands efforts
    La couverture de tout le territoire devrait être atteinte en 2030
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    A Marrakech, Radeema lancera très prochainement l’extension de la station pour le traitement primaire et secondaire. L’investissement est évalué à 250 millions de DH

    C’est l’une des métamorphoses les plus spectaculaires dans nos villes ces dix dernières années. La construction des stations de traitement des eaux usées a été lancée dans la foulée du Plan national de l’assainissement (PNA) en 2005. L’objectif était d’arriver à traiter 50% des eaux usées en 2016, 60% en 2020 et la totalité en 2030. Ce sont de gigantesques investissements qu’il a fallu engager. L’ONEE et les régies sont les deux chefs de file de ce chantier titanesque. Le rythme de réalisation de ces stations a rencontré parfois des obstacles (techniques et financiers), mais cela n’a pas remis en cause le plan. Plusieurs projets de Step avec traitement tertiaire ont été achevés ou en cours d’achè- vement. Panorama de grands chantiers.

    Marrakech, pionnière pour le tertiaire

    Une des plus grandes stations (1,2 milliard de dirhams) est sans doute celle de Marrakech achevée en 2010 et qui s’est distinguée non seulement par le traitement tertiaire, mais aussi par son financement puisque les opérateurs privés ont mis la main à la poche. Il a fallu 5 ans pour mettre en place une station de traitement et de réutilisation des eaux usées de ce genre. Le projet est passé par plusieurs phases. Au tout début, la station avait été conçue pour répondre aux besoins de suppression de rejets déversés au niveau de trois points (route de Casablanca, oued Tensift). En cours de route, d’autres besoins sont apparus. En 2006, alors que le nombre de projets touristiques et golfiques augmentait, la problématique du stress hydrique fait surface. Or, un green a besoin de plus d’un million de m3 par an. Et Marrakech qui comptait 7 terrains de golf avait en projet une quinzaine d’autres. Leurs besoins en eau ne pouvaient être prélevés de la nappe phréatique. Il fallait donc identifier au plus vite des solutions pour utiliser des eaux non conventionnelles. Les autorités locales ont alors décidé de pousser le traitement des eaux jusqu'au niveau secondaire et tertiaire afin de pouvoir les réutiliser. Du coup, le projet a été entièrement revu pour un investissement de 1,23 milliard de DH, offrant désormais une capacité de 21 millions de m3 d’eaux additionnelles pour alimenter les 19 greens réalisés ou en projet dans la ville de Marrakech ainsi que sa palmeraie. Mais à peine 8 millions de m3 de ces eaux additionnelles sont utilisées puisque seuls quelques terrains de golf sont en contrat avec la Radeema qui exploite la Step. Les autres projets golfiques, connaissant de sérieux retards au sein de leur chantier, ne se sont toujours pas acquittés de leur quote-part (25 millions de DH). «Nous sommes de fait en déficit d’investissement et d’exploitation», reconnaît Rachid Benchikhi, directeur général de la Radeema. Le schéma d’investissement de cette station était tripartite avec une mise de la Radeema de 480 millions de DH, 150 millions de DH provenant de l’Etat et 480 millions de DH devait provenir des promoteurs golfiques. A ce jour, ces derniers ont contribué à hauteur de 220 millions. Le reste a été pris en charge par la régie marrakchie. «Nous espérons que les nouveaux golfs programmés s’achèveront bientôt et que leurs promoteurs respecteront leurs engagements. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’on atteindra l’équilibre», indique Benchikhi. Malgré ces incidents, la Step de Marrakech reste un cas d’école. Radeema compte lancer très prochainement l’extension de la station pour le traitement primaire et secondaire pour un investissement de 250 millions de DH

    40.000m3 à traiter par jour à Oujda

    Inaugurée en 2011, cette station couvre une population cible de près de 530.000 personnes. Elle a une capacité de traitement d'environ 40.000 m3 d'eaux usées par jour. Cette station, dont le procédé d'épuration est de type lagunage aéré, est caracté- risée par une filière complète d'épuration allant du prétraitement (dégrillage et dessablage), traitement primaire (10 bassins ana- érobies), traitement secondaire (12 bassins d'aération en deux étages), jusqu'au traitement tertiaire (21 bassins de maturation). Celui-ci permettra la réutilisation à des fins agricoles des eaux usées épurées à travers l'irrigation d'environ 1.200 ha. Vingt-deux lits de séchage sont aussi réalisés pour le traitement des boues résiduaires, en plus d'un intercepteur des eaux usées vers la Step sur 7 km et une station de pompage des eaux rejetées vers la station d'une capacité de 1.700 l/s. Ce projet a été financé conjointement par l'Etat dans le cadre du Plan national d'assainissement liquide et la Régie autonome intercommunale de distribution d'eau et d'électricité d'Oujda (RADEEO) et grâce à un emprunt de la Banque européenne d'investissement.

    Une infrastructure capitale à Al Hoceïma

    En 2011, la station d’épuration des eaux usées de la ville d’Al Hoceïma a été entièrement réhabilitée avec une extension réalisée pour un investissement global de 120 millions de dirhams. L’extension de la station d’épuration et la réhabilitation des ouvrages existants ont permis de doubler la capacité actuelle de traitement des eaux usées en la faisant passer de 4.800 m3/j à 9.600 m3/j. La station a surtout permis la dépollution des eaux usées rejetées, l’économie de l’eau par la réutilisation des eaux épurées et le développement socio- économique de la ville d’Al Hoceïma 

    Fès sur les traces de Marrakech

    1,1 milliard de DH. C’est l’investissement global qu’a nécessité la Step de Fès. Elle comporte deux filières de traitement (primaire et secondaire). Une pour l’eau et une autre pour la boue. La première regroupe des bassins de dégrillage, dessablage-déshuilage, décantation primaire, aération, décantation secondaire. La seconde fonctionne avec des épaississeurs de boues avec un procédé de «cogénération» permettant la production de 50% des besoins en énergie électrique de la station. Le tout entouré d’espaces verts et de voirie permettant une accessibilité à l’ensemble des installations. La Step de Fès reste un projet à très forte valeur ajoutée écologique, car elle permet la dépollution des eaux usées avant déversement dans le milieu naturel. En revanche, la Step fassie n’a pas encore envisagé le traitement tertiaire pour une réutilisation des eaux usées.

    Tanger en mode rattrapage

    Inaugurée en 2015, elle est destinée dans une première phase au traitement des eaux usées interceptées sur la côte atlantique entre Cap Spartel et la zone de Houara, ainsi que celles de la commune de Gzenaya. Ce projet consiste en la mise en service d’un traitement complet et la pose de collecteurs pour l’interception et le transfert des eaux usées vers la station de traitement. Il comprend aussi la mise en place de systèmes de refoulement et de relevage, la construction d’un bassin de stockage ainsi que la pose de 8.553 mètres linéaires de canalisation pour la distribution et, ainsi, la réutilisation des eaux traitées dans l’irrigation des espaces verts de la zone sud de Tanger. Cette réalisation permettra, dans une première phase, le traitement d’un volume de 11.000 m3/j (140.000 équivalents-habitants) des eaux usées interceptées, avec une capacité de traitement tertiaire de 5.000 m3/j, soit une superficie d’arrosage et d’irrigation de l’ordre de 100 ha/j. Répondant aux standards internationaux et utilisant les dernières technologies en matière de traitement des eaux usées, la nouvelle station adopte un procédé d’épuration dit «à boues activées» avec traitement tertiaire, une formule qui permet de traiter les boues et les odeurs et de produire une eau conforme aux normes marocaines relatives à la qualité des eaux destinées à l’irrigation. Dans une deuxième phase, prévue à l’horizon 2017, l’extension du système de dépollution permettra la collecte et le traitement du reste de la côte atlantique entre Houara et Assilah pour un volume global de 16.000 m3/j (210.000 équivalents-habitants), ainsi que l’extension du réseau de distribution des eaux épurées pour atteindre une superficie d’arrosage et d’irrigation de l’ordre de 200 ha/j. 

    Les projets en cours

    - Kénitra: La réalisation d’une station d’épuration des eaux usées au niveau de la ville de Kénitra partait d’un besoin. Cette station, dont l’investissement avoisine les 600 millions de DH, va permettre d’assurer l’épuration de la totalité des eaux usées de la ville et des communes de Mehdia et de Sidi Taïbi avant leur rejet dans l’oued de Sebou. La future station, dont les travaux ont démarré en 2015, répondra aux standards internationaux et sera dotée d’une technologie avancée. Elle adoptera un procédé d’épuration de type boues activées moyenne charge avec une capacité de traitement de 700.000 équivalent-habitants en 2020 et 1.050.000 équivalenthabitants à l’horizon 2030. La station va aussi permettre «d’assurer la production de 50% de ses besoins en énergie électrique grâce à une chaîne de traitement des boues cogénération du biogaz et à l’installation de panneaux photovoltaïques». Le financement de ce projet sera assuré par les fonds propres de la régie autonome intercommunale de distribution d’eau, d’électricité et d’assainissement liquide de la province de Kénitra et le Programme national d’assainissement.

    - Laâyoune: Ce projet porté par l’ONEE comprend la construction d’une station de traitement des eaux usées et une station de pompage, ainsi qu’un système de canalisation de ces eaux pour un investissement de 700 millions de DH. Il pourrait comprendre les types de traitement primaire, secondaire et tertiaire.

    - Dakhla: L’ONEE a déjà entamé les travaux de réalisation de la nouvelle station dans le cadre de tout un programme d’eau potable et d’assainissement liquide identifié pour la ville. Mais pas de date avancée pour l’achèvement des travaux ni de détails sur les composantes de cette Step.

    Financement en partenariat public-privé

    Le Programme national d’assainissement liquide et d’épuration des eaux usées (PNA) avait opté pour un schéma PPP, les opérateurs devant prendre en charge 70% du financement des stations. Les 30% restants devaient provenir des subventions de l’Etat complétées par des contributions des collectivités locales et des agences de bassin. Depuis l’année 2012, il a été convenu de retenir le scé- nario de financement de 50% par les opérateurs et 50% par les subventions de l’Etat. De plus, un compte d’affectation spéciale, Fonds national d’assainissement liquide et d’épuration des eaux usées, a été créé pour le financement du PNA en 2007 et auquel on peut faire appel pour ce genre de projet. 

     

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