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    Développement durable: La vision d'un Roi

    Il était une fois le défi des barrages…

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4824 Le 29/07/2016 | Partager
    139 grands ouvrages, 18 milliards de m3 stockés
    Pilier du développement agricole et de la production électrique
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    Le Maroc dispose actuellement de 139 barrages et 12 ouvrages sont en phase finale de réalisation. Le tout permet la mobilisation de 18 milliards de m3. Le pays a également l’ambition de réaliser le grand projet de transfert des eaux du nord vers le sud sur 500 km

    Tous les ouvrages prévus depuis le lancement du projet d’irrigation du million d’hectares ont été soit réalisés, soit tracés sur la cartographie hydraulique nationale. 

    Aujourd’hui, le pays dispose de 139 grands barrages avec une capacité de stockage de 18 milliards de m3. S’ajoutent également 13 ouvrages hydrauliques de transfert des eaux avec un réseau de 1.100 km et un volume de 2,5 milliards de m3/an. Le  tout renforcé de 100 petits barrages et lacs collinaires.
    La volonté de sécuriser la ressource hydrique est tellement forte que le rythme de réalisation a été accéléré au cours des deux dernières décennies: 2 à 3 grands barrages par an. L’aménagement des cours d’eau n’est pas en reste. Sur les 430 sites identifiés, 160 ont été réalisés. 
    Les projets en cours permettent d’envisager l’avenir avec optimisme face aux changements climatiques dont le Maroc subit de plein fouet les manifestations extrêmes: sécheresses récurrentes et inondations.
    Selon le département de l’Eau, une douzaine de grands barrages sont en cours de réalisation dont 8 à 70%. Le coût global de ces ouvrages s’élève à 9 milliards de DH. Le même programme comporte la construction de 26 petites retenues pour un investissement de 800 millions de DH. En projet aussi, l’aménagement de 14 sites de protection contre les inondations d’un coût de 350 millions de DH. Irrigation, protection contre les crues, sécurisation de l’eau potable, mais aussi production de l’énergie hydraulique, sont les principaux objectifs de la politique des barrages. Une orientation placée en tête des priorités depuis les années 1960 par feu Hassan II et consolidée par Mohammed VI. 
    En se fixant très tôt l’objectif d’irriguer un million d’hectares en l’an 2000, le pays s’est  résolument engagé dans une stratégie coûteuse mais néanmoins porteuse  pour les secteurs économiques prioritaires tels l’agriculture, l’industrie et le tourisme. Avec l’inauguration en 1997 du barrage Al Wahda, l’objectif d’irrigation du million d’hectares a été atteint avec l’apport de six autres grands barrages : Moulay Youssef, Hassan Addakhil, Mansour Addahbi, Youssef Ben Tachfine, Idriss 1er et Sidi Mohamed Ben Abdallah.  Avant l’entrée en service de ces ouvrages, la mobilisation des eaux était assez timide. En 38 ans (1929-1967), seuls 15 barrages ont été construits avec une capacité totale de 2 milliards de m3. 

    barrage_3_4824.jpg

    Le barrage Al Massira est le 2e grand ouvrage du pays après Al Wahda. D’une réserve théorique de 2,6 milliards de m3 et d’une hauteur de 133 mètres, il a été construit en 1975. Situé dans la région de Chaouia-Ourdigha, ses eaux irriguent également une partie des Doukkala (Ph. L’Economiste)

    Aujourd’hui, la capacité de stockage mise en place permet de mobiliser plus de 10 milliards de m3/an sur une réserve théorique de 18 milliards. Au total, la superficie irriguée selon les divers modes, grande, moyenne et petite hydraulique, s’élève à 1,5 million d’hectares dont 30% relèvent du privé. Malgré tout, des insuffisances restent à combler. Le gap entre les précipitations et le niveau des eaux  recueillies est très important. La pluviométrie variant en moyenne entre 50 et 250 milliards de m3. Sans oublier les pertes dues au manque d’équipements d’irrigation dans certaines zones dominées par les barrages. 
    La bataille devrait également se concentrer sur l’utilisation raisonnée de l’eau. Certes, c’est l’objet des plans d’économie d’eau et de reconversion en système d’irrigation localisée, mais la démarche gagnerait en ciblant les cultures à forte valeur ajoutée.

    Gros potentiel, petite mobilisation 

    Le Maroc a certes fourni d’importants efforts en termes de construction de barrages, mais beaucoup reste à faire en ce qui concerne l’usage rationnel de la ressource. Le contexte hydrologique reste influencé par une variabilité très marquée et mal répartie des précipitations. En moyenne, le pays reçoit 140 milliards de m3. Volume qui varie entre 50 et 250 milliards de  m3, selon une étude du ministère en charge de l’Eau. Or, seulement 17 à 18 milliards de m3 sont stockés. C’est dire le gap entre les précipitations et les capacités de stockage. De plus, le pays subit, depuis quelques années, de plein fouet le changement climatique avec ses manifestations extrêmes: sécheresse et inondation. 
    Sur les trente dernières années, l’effet de ces changements sur le régime des précipitations a fait perdre au pays 20% des eaux recueillies par les barrages.  Sur l’ensemble des ressources en eau disponibles, résultant de la pluie, 13,1 milliards de m3 sont mobilisables dans des conditions techniques et économiques acceptables. Le potentiel en eaux souterraines renouvelables s’élève à un peu plus de 3,8 milliards de m3 répartis sur 80 nappes dont 48 sont superficielles. Malgré cette fragilité, le gaspillage de la ressource reste une dominante aussi bien chez les individus qu’au niveau de la politique de gestion de l’eau. Des cultures trop exigeantes en eau sont toujours encouragées à coups de subventions et une tarification pas du tout dissuasive.

     

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