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    Développement durable: La vision d'un Roi

    Le Maroc redessine la géopolitique des énergies renouvelables

    Par Safall FALL | Edition N°:4824 Le 29/07/2016 | Partager
    10.000 MW additionnels d’ici 2030 pour une trentaine de milliards de dollars d’investissement
    Une nouvelle architecture institutionnelle
    Les acteurs nationaux émergent aux côtés des majors
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    C’est sur ce champ que se concrétise le plus la politique de croissance verte du Royaume. La technologie est nouvelle, pointue et stratégique… Et les ambitions, importantes. A l’horizon 2030, c’est 52% du bouquet énergétique qui devrait provenir de sources renouvelables (EnR). Toutes les filières majeures seront servies, du solaire à l’éolien, en passant par l’hydroélectrique et la biomasse. 

    Sept ans après le lancement de la première stratégie énergétique qui donnait une visibilité inédite sur ce que le Royaume allait proposer au monde sur ce créneau, les acquis feraient rougir les économies les plus avancées. Dans un récent classement des économies les plus attractives en investissements dans les EnR (énergies renouvelables) établi par le cabinet Ernts &Young, le Maroc figure dans le top 15 mondial avec un cumul de 2 milliards de dollars investis dans les EnR, talonnant l’Afrique du Sud sur le continent. 
    La seconde mouture de la stratégie énergétique du Maroc sur la période 2016-2030, annoncée en marge de la COP21 tenue à Paris, table sur quelque 30 milliards de dollars d’investissement dans les EnR. Ce qui devrait permettre le développement additionnel d’une capacité d’environ 10.000 MW. Le détail.

    Solaire

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    Dans le solaire, la courbe d’apprentissage fut difficile à gravir. Mais l’essentiel n’est-il pas d’y arriver. La prouesse majeure à retenir est la mise en service, en fin 2015 à Ouarzazate, du plus grand complexe solaire à technologies mixtes jamais développé au monde. «Noor Ouarzazate» vise une puissance installée d’un minimum de 500 MW à déployer d’ici 2018, répartie en 4 centrales. 

    La première, Noor 1, porte sur une capacité de 160 MW de solaire thermique à concentration à miroirs cylindro-paraboliques. Le site est déjà opérationnel et constitue le premier véritable essai transformé dans le cadre du programme du solaire Noor, piloté par la Moroccan agency for solar energy (Masen), et qui vise 2.000 MW de puissance installée d’ici 2020. Ce chiffre a été réévalué à un total de 4.500 MW à l’horizon 2030. Aujourd’hui, deux autres centrales thermo-solaires, Noor 2 (200 MW) et Noor 3 (150 MW), sont en cours de construction et devraient être livrées début 2017. Lorsque toutes les centrales seront opérationnelles, le complexe solaire de Ouarzazate permettra d’éviter l’émission de 522.000 tonnes de CO2 par an. Cela correspond à 13 millions de tonnes sur les prochaines 25 années, soit l’équivalent de l’émission annuelle de 110.000 véhicules! Deux consortia, menés par le groupe saoudien  International Company for Water and Power (Acwa Power), ont décroché les contrats de construction et d’exploitation des trois premières. Plus de 2.000 emplois ont été créés par l’exécution de ces projets, avec près de la moitié auprès de la main-d’œuvre locale. Le taux d’intégration industrielle est estimé à 30%.
    D’autres complexes du programme solaire Noor ont été lancés dans la même foulée, Midelt, Boujdour, Laâyoune, etc., et se situent à divers états d’avancement dans les procédures d’attribution des marchés. A terme, la filière dispose d’une feuille de route qui devrait mener au développement de quelque 5.000 MW d’ici 2030. 

    Deux programmes locomotives dans l’éolien

    Dans le domaine du vent, les projets se développent tout aussi vite. Le Royaume a quasiment atteint son objectif de cumuler les 2.000 MW de capacités à installer sur ce segment d’ici 2020. La ferme éolienne de Tarfaya de 300 MW, la plus grande jamais mise en service sur le continent, et le programme éolien intégré de 850 MW, sont les deux derniers acquis majeurs sur cette filière. Ce second projet, d’un investissement de 11 milliards de dirhams vient justement d’être attribué à un consortium mené par Nareva Holding, la filiale de SNI, et composé de l’allemand Siemens Wind Power et de l’italien Enel Green Power. Ce n’est pas la première fois d’ailleurs que l’opérateur marocain s’illustre sur cette filière. 
    Nareva s’est justement associée avec le groupe français Engie sur le projet de Tarfaya, et gère et exploite plusieurs sites de production d’énergie éolienne pour des comptes privés (Foum El Oued 50 MW, Haouma 50 MW, et Afkhennir 100 MW). Le parc éolien de Tarfaya a mobilisé un investissement de 5 milliards de DH, pour une production de 1.000 GWh/an. Largement suffisant pour alimenter une ville comme Marrakech!
    Sur le volet hydroélectrique, la «politique des grands barrages» a déjà permis au Royaume de disposer d’un portefeuille de production non négligeable. Mais le renforcement des acquis se poursuit et les ambitions sont importantes: 1.330 MW à développer d’ici 2030.
    L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) vient de relancer le projet de réalisation de la Station de transfert d’énergie par pompage (Step) Abdelmoumen, d’une puissance de 300 MW pour 3 milliards de DH d’investissement. Trois groupements de développeurs privés sont déjà pré-qualifiés pour participer à l’appel d’offres. Il s’agit des consortia composés de l’espagnol Abener/Voith (Allemagne)/SGTM (Maroc), de Toshiba Corporation (Japon) /Daewoo Engineering & Construction Co.LTD (Corée du Sud), ainsi que Vinci Construction Grands Projets SAS (France)/Andritz Hydro (Allemagne). La Step Abdelmoumen devrait venir renforcer celle d’Afourer, d’une puissance installée de 460 MW, opérationnelle depuis 2014 et développée par le groupe français Alstom.

    Synergies opérationnelles 

     

    Une restructuration importante de l’architecture institutionnelle du secteur des énergies renouvelables est en cours depuis janvier 2016. A fin juin dernier, le gouvernement a introduit plusieurs refontes en profondeur des prérogatives de l’Agence de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable, ainsi que de Masen. Les projets de loi introduits dans le circuit législatif devraient justement donner de nouvelles prérogatives à l’Agence solaire, désormais en charge de toute la stratégie du Royaume dans les énergies renouvelables. Ce changement fait suite à une décision royale d’insuffler davantage de synergie et de cohérence dans  l’exécution du programme du Royaume dans les EnR. 

     

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