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L'Edito

Sangatte

Par L'Economiste| Edition N°:1867 Le 04/10/2004 | Partager

Et voilà la troisième fois que le sujet est officiellement à l’ordre du jour en Europe. L’idée est de proposer de l’argent aux pays maghrébins pour que ces derniers créent des centres de rétention où seraient enfermés les migrants clandestins. Pour l’instant, ce n’est encore qu’une idée, pas une vraie politique de l’Union européenne. Jusqu’à présent, il y a toujours des Etats membres pour s’y opposer, mais l’idée revient. Un jour, elle finira par passer. En effet, ses tenants ont commencé à presser l’opinion publique elle-même en faisant valoir que, retenus au Maghreb, les clandestins ne mourraient pas sur les côtes espagnoles ou italiennes. L’opinion publique, émue de voir ces cadavres, dans presque tous les journaux télévisés, à l’heure du dîner, n’ira pas chercher plus loin: “Payons pour les centres où ces pauvres gens seront logés pour ne pas venir mourir sur nos plages”.Le problème c’est que ces centres ne fonctionnent jamais. On l’a parfaitement vu à Sangatte, en France, un pays bien plus riche que n’importe quel pays maghrébin. Ce centre de rétention était destiné à protéger malgré eux les candidats à l’émigration en Grande-Bretagne. Malgré tous les moyens financiers, humains ou le niveau d’organisation, Sangatte est devenu un chancre de honte, montré du doigt et publiquement condamné par tous. Or, “délocaliser” le problème pour l’implanter au Maghreb ne peut que tourner à de nouveaux Sangatte, peut-être en plus honteux, en plus scandaleux. Et qui devra faire les frais de cela sur l’image de marque? Les Maghrébins, en premier lieu le Maroc, parce que dans le Royaume, la presse et les ONG sont les plus libres d’enquêter.Aucun financement ne pourra tenir devant les difficultés de tous ordres que la présence de tels centres ne manqueront pas d’engendrer, y compris sur les relations diplomatiques et commerciales. C’est une très mauvaise idée, qu’il faut combattre avec énergie.Nadia SALAH

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