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    L'Edito

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    Par L'Economiste| Edition N°:156 Le 01/12/1994 | Partager

    Le projet de budget prend un risque majeur: il veut réduire les dépenses de fonctionnement de l'Administration, et ce pour la partie matériel.

    Ceci signifie qu'il sera mis à la disposition des administrations moins d'argent qu'elles n'en avaient cette année.

    Il s'agit d'une tentative de renverser la vapeur en matière de dépenses publiques.

    Mais rien n'est plus difficile dans les administrations, où il n'y a que peu d'évaluation de l'efficacité d'une dépense. De plus, des motivations très diverses intervient dans la répartition des enveloppes destinées aux fournitures et au matériel: aux côtés des nécessités du travail figurent, par exemple, les signes du pouvoir.

    Comme s'y retrouver dans ces masses qui ne font pas loin de 10 milliards de DH. et qui toutes se classent sous l'étiquette "Besoins du service"?

    Les hommes et les femmes des administrations vont-ils correctement intégrer le signal qui leur est donné de devoir penser leur besoins autrement? Est-ce que les inévitables mécontentements, justifiés ou non, ne vont pas perturber la marche du travail dont les premières victimes seraient encore une fois les administrés?

    Dans les entreprises, le changement de comportement vis-à-vis de la dépense se mange de longue main, avec des techniques de communication sophistiquées. En outre, la motivation de la survie ou de la croissance est suffisamment forte pour venir au secours de l'autodiscipline ou de la discipline tout court.

    Dans les administrations, il en va tout autrement. A défaut de préparation, le risque est de rendre misérables les administrations qui déjà ne sont pas bien riches ou de voir se reformer les arriérés de paiements.

    Abdelmounaïm DILAMI

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