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L'Edito

Forteresse

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5550 Le 05/07/2019 | Partager
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Un peu partout des clignotants rouges sur la balance commerciale, sauf en Afrique. Même à petite échelle, savourons en attendant une bonne nouvelle. L’Afrique réussit bien au Maroc. C’est l’une des rares régions où le multilatéralisme a encore du sens. 
On le sait, les engagements promis pour un commerce international vertueux dans beaucoup d’autres zones géographiques restent un vœu pieux, pris en tenaille entre les crispations identitaires et, parfois, la folie des gouvernants. Des développements qui rapidement ont dévié en de regrettables raccourcis qui ont fait du libre-échange le coupable désigné de la crise.   
A contre-courant, le Maroc continue au contraire de réaffirmer sans complexe sa doctrine. Il montre encore une fois que sa stratégie africaine est une réalité, que les enjeux dépassent largement le cadre politique et que les orientations qui ont contribué à préparer le terrain n’ont pas du tout été négociées par exotisme.

Ses investissements le rappellent régulièrement: c’est le pays qui veut aller le plus loin possible en matière d’intégration économique africaine. La nature de la méthodologie adoptée ne manque pas d’intérêt non plus. Le Maroc s’est soucié de déployer une offensive qu’il a souhaitée dès le départ à fort impact et transverse (investissement, transfert de compétences, diplomatie culturo-religieuse) même si elle n’est pas la plus simple à mettre en œuvre. Pour capitaliser sur ces acquis, il faudra sans doute solutionner quelques dossiers brûlants comme pour la question migratoire où le pays semble livré à lui-même, alors que l’Europe a préféré cacher la poussière de la crise sous le tapis de la rive sud de la Méditerranée. Or c’est typiquement le genre de vulnérabilités où peuvent s’engouffrer des miasmes préjudiciables à la fois pour la crédibilité et pour la cohérence des plans déployés. C’est pourquoi il faut s’en occuper rapidement si l’on veut consolider la forteresse de la saga marocaine en Afrique.
 

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