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    Une unité de biotechnologie suspendue

    Par L'Economiste | Edition N°:232 Le 30/05/1996 | Partager


    Ils ont posé les éprouvettes, mis les mains dans les poches, abandonné les "paillasses" des laboratoires, les manipulations génétiques, et se réunissent dans les bureaux, inquiets, pour bavarder de leur avenir immédiat, qui pourrait être le chômage.
    Ils sont 20 personnes dont des docteurs ès-sciences et des ingénieurs menacés par la fermeture de l'unité de biotechnologie du "Centre d'Immunologie" (CI) logé à la Faculté de Médecine de Casablanca.
    Cette entreprise d'un type particulier risque de disparaître, non pour ses défaillances techniques ou financières propres, mais victime de deux polémiques qui se sont développées à l'extérieur.
    Elle constituait un précédent. Son échec bloquerait des projets de production et de recherche similaire.
    A l'origine, il n'y avait qu'un "laboratoire" d'immunologie à la Faculté de Médecine de Casablanca. Celle-ci s'allie à "la Fondation Marocaine d'Immunologie" et à "l'Institut Pasteur du Maroc" (IPM). Les trois organismes créent un "centre" d'immunologie pour la recherche scientifique et la production biotechnologique.
    Le centre dirigé par le Pr Benslimane de l'IPM a conclu un accord avec une société, Probiol, en juillet 1995, pour créer l'unité de biotechnologie. Pendant un an, il devra produire des réactifs de dépistage des anticorps de l'hépatite C. C'est un peu du travail à façon, une sous-traitance évoluée, pour un donneur d'ordre, suivant des spécifications. Probiol paie les salaires, dédouane les matières premières et de conditionnement, achète les réactifs au CI et les vend à Murex. Cette multinationale anglaise fabrique 600 produits et réalise un chiffre d'affaires de 100 millions de Dollars dans le monde.
    Murex était chargée du contrôle final, de "libérer" les produits suivant le jargon des laboratoires, et de les commercialiser dans 21 pays, sur les cinq continents.
    L'IPM apporte quelques équipements; Probiol apporte l'essentiel (11 millions de DH) du matériel et verse 0,30DH par test au CI.
    La Faculté apporte ses locaux, son expertise avec quelques encadreurs et reçoit 120 millions de DH pour l'année. Sur ce "projet industriel", un groupe de recherche sur l'hépatite C se met en place, trouvant matières et fonds.
    Le CI avait été créé dans le cadre des "comptes hors budget". Une décision conjointe des ministres des Finances et de l'Education Nationale du 8 novembre 1994 autorisait cette formule pour favoriser la recherche et créer un pont entre l'université et l'industrie. La décision précise la répartition de la recette entre la rémunération du personnel enseignant qui contribue à l'opération et le budget de fonctionnement de la Faculté La Conseil de la Faculté avait approuvé le projet en son temps.
    D'autres unités de recherche ont ainsi été autofinancées sur la base de cette formule: Médecine du travail, Ramadan et santé, parasitologie et biochimie. Outre le renforcement de son budget, la Faculté gagne bien sûr en transfert de technologie. A chaque projet de recherche correspond un projet générant des ressources financières pour sa prise en charge.
    Le Centre d'Immunologie fonctionnait pour la satisfaction de tous ses intervenants, fabriquant 5,6 millions de tests au 30 avril, dont 163.000 destinés au marché local et le reste à l'exportation. Le Centre d'Immunologie génère 4,8 millions de DH entre les redevances et les soutiens de la coopération internationale. Mais une instruction du Ministère de l'Enseignement et de la Recherche ordonnait "l'arrêt de ses activités".
    En fait, deux raisons semblent motiver cette décision:
    - des questions orales au Parlement et des articles de presse accusant l'activité du Centre de privatiser la Faculté;
    - l'affaire Benabderrazik: l'Institut Pasteur a été saisi par le tribunal pour analyser les hémo-dérivés importés par l'accusé. La défense a mis en cause les résultats de l'Unstitut Pasteur qui a utilisé les tests du CI. Une polémique scientifico-personnelle s'en est suivie, impliquant les Prs Benslimane, Himmich, Benchemsi et le ministre de la Santé Publique. Résultat: le Centre risque d'être fermé.
    Le Pr Benslimane, qui a reçu la notification, via le Doyen, de la décision d'arrêt, veut calmer le jeu alors qu'il ne reste qu'un mois pour l'expiration du contrat. Il veut réunir le comité de gestion du Centre, négocier son maintien dans la Faculté, son transfert à l'Institut Pasteur ou son déménagement dans des locaux privés. C'est la première fois qu'au Maroc une unité réalise une production de génie génétique en masse.

    Khalid BELYAZID

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