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    Economie

    Une relance contre la sécheresse : M Kabbaj propose un programme

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    Comment faire face au choc de la sécheresse, cette année d'abord, mais surtout après? Devant les convives de la Chambre de Commerce Internationale, le ministre des Finances et des Investissements extérieurs teste sa politique en public.


    La Chambre de Commerce Internationale (Comité National Marocain) recevait le jeudi 18 mai 1995, au Royal Mansour de Casablanca, le ministre des Finances et des Investissements extérieurs qui a présenté les axes économiques du programme gouvernemental, dans la situation de sécheresse. Mais le ministre a voulu aller plus loin, proposant des principes à moyen terme. Les observateurs ont particulièrement noté une petite phrase, visiblement préparée à l'avance et lancée d'entrée de jeu: Il faut "réaliser une intégration entre le politique et le secteur privé, là est l'axe fondamental de notre avenir". Appel du pied pour que les hommes et les femmes du privé redécouvrent l'utilité de l'investissement politique, invitation au monde technocratique à écouter les messages des politiques, recommandation de fixer des objectifs certes, mais aussi des méthodes d'action...
    M. Kabbaj commence par aligner les chiffres catastrophiques de 1995: 6% d'inflation, moins 2 à 3% sur le PIB, 3,5% de déficit du Trésor par rapport au PIB, moins 80% sur la production agricole... "Mais tout n'est quand même pas tout noir": plus 40% d'agréments d'investissements industriels et plus 13% d'export pour les 3 premiers mois de 1995.

    "L'Etat est une locomotive de l'économie, mais s'il est seul à financer la relance, et à supposer qu'il trouve de quoi financer son déficit, alors sur le long terme la croissance restera modeste et le chômage augmentera". Le ministre envoie ainsi aux oubliettes une relance keynésienne (relancer l'accroissement du déficit pour soutenir la demande). Il veut au contraire revenir à la rigueur budgétaire tout en sachant que déjà elle est bien écornée.
    M. Kabbaj pose quatre points, qui seront plutôt bien accueillis par la salle:
    · Emplois-Investissements: Il calcule qu'il faut parvenir à un taux d'investissement de 25 à 30%, soit cinq points au-dessus de la moyenne de ces dernières années. "Donc, il faut élever en premier lieu l'épargne publique, qui a un effet multiplicateur" , et au passage, il donne un autre argument pour lutter contre le déficit ordinaire. M. Kabbaj veut "réduire le train de vie de l'Etat et assainir les entreprises publiques". "Il fait penser à Chirac", commente en aparté un auditeur, "mais il ne nous a pas parlé du développement du pouvoir d'achat sur le marché intérieur" lui répond son voisin"comment peut-on parler d'augmenter l'épargne quand on a un vrai problème d'étroitesse du marché?". "Il ne faut pas globaliser", explique M. Kabbaj. Pour lui, c'est une erreur fondamentale de loger tout le monde à la même enseigne: des organismes et des familles peuvent épargner davantage tandis que pour d'autres au contraire il faut aider au développement de la consommation. "Mais il faut cibler, sinon c'est du gaspillage".

    · Exportations: Le travail doit être repris pour "réorienter les ressources vers les branches à avantage comparatif, accélérer les accords internationaux, en particulier avec l'Europe, réviser le code des Douanes, lutter contre la contrebande". Sur cet agenda, la salle, notamment MM. Ben Amor (KTH) et Benbrahim (RAM), fait rajouter "l'assainissement de la pêche et du tourisme".
    · Politique sociale: "C'est une condition de la politique économique", mais, note le ministre,"les dépenses sociales du Budget sont élevées, éparpillées, mal ciblées". Les 200.000 logements se feront affirme-t-il. "Mais le bâtiment est sinistré, il lui faudrait presque une solidarité", objecte M. Boudri (Fédération des BTP), ce qui met la salle de bonne humeur. Le ministre répond en suggérant que les entreprises du secteur s'intègrent verticalement, avec des département d'études, de montage financier..., pour avoir "un pouvoir d'initiative".
    · Environnement: Une donnée à intégrer dans tous les programmes, mais ce point ne suscite pas de commentaire en salle.
    M. Saâd Kettani, membre du Bureau de la CGEM et président du Comité de Suivi pour la Promotion du Privé, applaudit au programme de M. Kabbaj, mais souligne qu'il faut une forte diffusion. "Bien vendre cette stratégie est, considère-t-il, une condition de sa réussite". S'appuyant sur les travaux du Comité, il souhaite un remodelage des procédures de privatisation, "trop lourdes, trop longues", mais aussi une réflexion pour donner un "angle stratégique à ces privatisations". M. Kettani insiste aussi sur la constitution d'un cadre juridique pour l'intervention privée dans l'infrastructure, une normalisation pour pérenniser les opérations du type concession-ONE.

    Nadia SALAH.

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