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    Affaires

    Une idée figée est un savoir en déperdition

    Par L'Economiste | Edition N°:2649 Le 12/11/2007 | Partager

    . Sans liberté intellectuelle, pas de créativité. La voie numérique… une piste à explorer Même leur statut a changé! «On est passé des idées-stock aux idées-flux», a souligné Driss Alaoui Mdaghri, président de l’Association marocaine d’intelligence économique (AMIE) lors d’un colloque sur «la circulation des idées dans la société du savoir». Il s’est tenu les 8 et 9 novembre à l’université Al Akhawayn d’Ifrane. Evoquer le terme de «circulation» fait souvent penser à celles des biens et des personnes. Pourtant, les idées circulent aussi et depuis longtemps! Imprimerie, traduction… aujourd’hui par un simple clic, les idées traversent les frontières sans visa. Comment le Maroc peut-il profiter d’une telle profusion intellectuelle? Des intermédiaires comme «les transformateurs (adaptateurs d’idées), les passeurs (traduction…) et les veilleurs (scrutateurs d’idées)» sont indispensables. Leur intervention exige une «liberté mentale», observe le président de l’AMIE.Car sans liberté pas de débat et sans débat pas de créativité. Notre environnement offre-t-il de telles conditions? Pas vraiment. Il y a une «dévalorisation du savoir», avance Ahmed Azirar, président de l’Association marocaine des économistes d’entreprise. Quelques chiffres pour illustrer cette réalité. «Les dépenses affectées par les entreprises publiques à la recherche et développement ne dépassent pas 0,03% du PIB et 0,01 de leur chiffre d’affaires». Le secteur privé ne fait pas mieux. La part du privé «ne dépasse pas les 6% dans l’effort de recherche. Dans les pays les plus développés, elle oscille entre 59 et 72%», d’après une étude publiée deux ans déjà par l’Institut d’analyse économique et de prospective (université Al Akhawayn). Le Maroc demeure donc un «importateur d’idées». Pauvreté des fonds, faible coopération (chercheur/marché), manque de confiance dans la matière grise nationale (lorsqu’elle existe)… les causes sont multiples. Pourtant, rien n’est vraiment perdu. L’ère numérique a métamorphosé la société du savoir et pas seulement. Avec la dématérialisation des données, la circulation des idées est devenue plus fluide. Une fluidité qui a eu un effet boule-de-neige sur la faiblesse de son coût de production. «C’est une chance pour les pays en voie de développement et les PME», précise Jean-Jacques Fressin, professeur à Nice et consultant. L’expansion technologique a conduit entre autres à «une redéfinition des frontières de l’entreprise, de la concurrence…». Dans un tel contexte, la consolidation du savoir et sa consignation changent la donne. Il faut donc comprendre pour mieux agir. Une réadaptation des techniques et des connaissances devient dans ce cas-là nécessaire. Un échantillon parmi d’autres, le domaine médical.Le Nord est le principal émetteur des théories et des innovations. «Les idées émanent d’un milieu déterminé d’où la nécessité de tester leur validité et leur efficacité», insiste le Pr Juliette Sayegh. Les universités du Sud doivent proposer aussi des «modèles de développement, de politique publique…». Mais le monde académique ne peut pas à lui seul accaparer ce rôle (voir encadré). Car la circulation d’idées suppose une diversité d’intervenants... actifs.


    Peu de thinks tanks*

    Les thinks tanks, en tant que groupes de réflexion, peuvent également produire des idées et des programmes alternatifs. Quid du Maroc? Les thinks tanks nationaux se comptent sur les doigts de la main. Le secrétaire général de l’AMIE, Mohammed Ourdedine, évoque notamment le G14 et le RDH 50. Pour l’instant, «aucune radioscopie n’existe» d’où l’idée de «créer un observatoire de ces boîtes à idées au Maroc». Un constat d’autant plus alarmant que «la décision politique au Maroc souffre d’une unité d’expertise, voire de son inexistence», martèle Ali Bouâbid, directeur de la Fondation éponyme. Il évoque notamment le problème d’accès à l’information, sa disponibilité et sa qualité. Un état des lieux qui rend la mission des thinks tanks marocains plus difficile. Côté revues scientifiques, le tableau n’est guère plus brillant. «Le problème du financement demeure le premier handicap», souligne le président du groupe Eco-Médias, Abdelmounaïm Dilami. Il existe «des exceptions comme c’est le cas du Centre marocain de conjoncture».Faiçal FAQUIHI

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