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Affaires

Une fabrique de cartes de visite à domicile

Par L'Economiste | Edition N°:2089 Le 18/08/2005 | Partager

. Une entreprise artisanale pour échapper au chômage. Un micro-investissement de 15.000 dirhams. Environ 6.000 dirhams de revenu mensuel«Bienvenue au siège de mon entreprise, direction, services commerciaux, ateliers de création et fabrication sont hébergés ici», lance A.H en ouvrant la porte de sa chambre.Le jeune homme plaisante. A 31 ans, A.H est à la tête d’une microentreprise de fabrication de cartes de visite. Une PME informelle, créée chez ses parents dans sa chambre de 10 mètres carrés, qui lui permet tout de même de gagner sa vie.Petits boulots après petits boulots, pour échapper au chômage et aux salaires dérisoires, en février 2005, A.H a choisi de frauder et d’investir le secteur de l’économie souterraine.«Je n’ai pas l’âme d’un tricheur, mais il fallait bien que je fasse quelque chose pour mettre un terme au chômage et gagner ma vie convenablement. Voilà pourquoi j’ai créé cette petite entreprise à domicile», explique-t-il. Dans sa chambrette, transformée en atelier, entouré de ses massicots, de son ordinateur et de piles de papier de tous grains, A.H s’active pour fabriquer des cartes de visite de bonne qualité. «En ce moment c’est l’été, la période des mariages. Beaucoup de jeunes s’improvisent musiciens, au moins pour quelques mois. Avec le bouche-à-oreille, certains font appel à moi pour que je leur fournisse des cartes de visite pour leur orchestre», confie le jeune homme en souriant. Sur son lit, des lots de cartes de visite attendent d’être livrés aux clients. «Naoufal, artiste-compositeur» ou encore «Bouchaïb, musicien-percussionniste», peut-on lire sur certaines.Cependant, les artistes saisonniers ne sont pas les seuls clients de A.H. Commerçants, médecins, avocats et autres notaires ont eux aussi recours à ses services. Celui-ci essaye donc de fournir un travail de qualité dans des délais très rapides. «Je fais un petit diagnostic de l’ancienne carte de visite avec le client, puis je lui propose un nouveau modèle. Une personne qui passe commande définitivement sera livrée dans un délai de 2 à 3 jours, mais je peux aussi travailler en quatre ou cinq heures si le client est pressé», explique le jeune entrepreneur. . Dans l’informel aussi la concurrence est rude… S’il accepte de travailler dans l’urgence c’est que la concurrence est rude sur le marché des cartes de visite. «Dans ce secteur d’activité, c’est la chasse aux clients, chaque fabricant essaye de tirer sur les délais et surtout sur les prix. Dans mon quartier, je sais que nous sommes au moins 5 ou 6 à fabriquer des cartes au black», confie A.H.Le plus souvent, les cartes de visite se vendent par lots de 500 pour un prix qui peut varier entre 400 et 800 dirhams le lot, tout dépend du travail graphique, de l’encre utilisée et de la qualité du papier.«J’essaye de pratiquer des tarifs très compétitifs. Mais je demande toujours au client de me donner une avance d’environ 50 dirhams qui sert à acheter le papier. C’est une sorte de garantie par rapport à mes frais de production minimums», explique A.H, qui ne tient pas à donner plus de détails sur ses tarifs.Les frais de production, parlons-en. Le jeune homme a investi près de 15.000 dirhams pour créer son entreprise informelle. Un investissement assez lourd pour un jeune au chômage.Cette somme, empruntée à ses parents, lui a permis d’acheter deux massicots professionnels, un PC Pentium IV équipé de tous les logiciels nécessaires à l’infographie ainsi que deux imprimantes et un scanner. Ensuite, il lui a fallu trouver ses premiers clients. «Un ami qui travaillait dans l’imprimerie m’a donné l’idée de fabriquer des cartes de visite. C’est lui qui a trouvé ma première commande», raconte A.H.Cet ami l’assiste aujourd’hui encore dans le secteur de la découpe et continue de jouer le rôle du commercial en démarchant les clients. Le jeune entrepreneur, qui a suivi une formation d’infographiste en 2002-2003, se consacre, quant à lui, plus exclusivement à la création graphique. Bon gré mal gré, sa petite entreprise à domicile lui laisse des revenus intéressants mais aussi quelques espoirs. «Avec les cartes de visite, mon associé et moi gagnons chacun environ 6.000 dirhams par mois. Je n’ai même plus envie de chercher un autre travail», explique-t-il, avant d’ajouter: «Maintenant, après 10 ans de chômage et de petits boulots, un de mes souhaits serait de développer suffisamment cette microentreprise pour la faire entrer dans la légalité. Cela me permettrait d’avoir un vrai métier au regard de la société».Brice Jourdan (journaliste stagiaire)

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