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Economie

Une enquête Sunergia pour L'Economiste : Les cadres en vacances

Par L'Economiste | Edition N°:41 Le 06/08/1992 | Partager

On passe ses vacances avec sa petite famille et en général en bloc, 4 semaines en Août; on va à Agadir ou dans une des villes de vacances du Nord. On dépense en moyenne 8.590 DH de préférence pour s'amuser. On n'hésite pas vraiment devant l'hôtel bien qu'on aille souvent se faire loger par la famille.

Les surprises de l'enquête réalisée par le Bureau d'études Sunergia pour le compte de L'Economiste sont multiples. Quelques idées reçues comme les voyages à l'étranger, l'étalement des congés,... sont à passer à la corbeille.

Le mois d'Août plébiscité

Parmi les surprises, il y a d'abord le fait que les vacances étalées ou divisées entre l'été et l'hiver, dont on parle tant, ne sont pas présentes dans les comportements des cadres.
Sur le total des 300 cadres interrogés(1), 46,7% prennent leurs congés durant le mois d'Août. Il faut y ajouter les 10,3% et les 7% qui prennent leurs congés, à cheval respectivement, sur Juillet/Août et sur Août/Septembre.
Le mois d'Août, pour de petites ou grandes vacances est donc présent dans 64% des cas.
Le comportement ne change pas suivant que le cadre est un homme ou une femme. Les moins de 35 ans sont plus favorables à Août que les cadres plus âgés, mais la différence n'est pas vraiment significative.
Août est aussi le mois des patrons, à raison de 61,8% d'entre eux, contre 42% et 44% pour les cadres supérieurs et les cadres moyens, respectivement.
Le bloc de quatre semaines d'un coup, est un leit motiv et c'est aussi une surprise: on parle beaucoup des petites tranches tout au long de l'année, mais on le fait peu.
La moitié des Aoûtiens purs prennent leurs quatre semaines en une seule tranche. Par contre et fait curieux, ceux qui sont à cheval soit sur Septembre soit sur Juillet, seraient plutôt pour trois semaines. Cependant, la taille de l'échantillon devient trop petite pour en tirer des conclusions sûres. Sur l'ensemble des 300 personnes interrogées, seulement 17% prennent une ou plusieurs tranches de vacances d'une semaine à 10 jours durant l'année. Le tiers d'entre eux choisissent une semaine en Décembre.

Vive la famille

La concentration des congés en blocs homogènes correspond à un comportement de famille et à une préférence pour les congés de villégiature.
Quelques 79,5% des cadres interrogés prennent leurs congés en famille, qu'il partent ou pas en vacances. Les femmes sont plus famille que les hommes, comme on s'y attendait, mais la différence n'est pas vraiment significative.
Par contre, chez les femmes cadres, les rythmes des enfants, en particulier les rythmes scolaires ne modifient en rien les prises de congés. Il n'y a pas de congés significatifs qui se concentreraient sur la rentrée des classes, encore moins sur les périodes d'examen: oui à la famille en vacances, mais pas de vacances pour la famille et puisqu'on est en famille on part l'été, plutôt pour une période longue. C'est logique!
Par statuts professionnels, les chefs d'entreprises sont un peu plus pour les congés d'été en famille que les cadres supérieurs et les cadres moyens, mais les différences sont minimes, peut-être simplement dues à l'âge. En effet, les plus de 35 ans sont nettement plus favorables aux vacances en famille que les plus jeunes. Pour les vacances d'été, 84% des 35 ans et plus prennent leurs vacances en famille.
Une petite différence de comportement peut être identifiée, entre les cadres femmes et hommes: 60% des hommes prenant des congés en été le font en famille, alors que 72% des femmes qui prennent des congés en été le font en famille(2). Cette différence n'apparaît pas du tout dans les congés d'hiver en famille, mais là encore, l'échantillon devient trop petit pour pouvoir en tirer des conclusions sûres.

N.S.

(1) L'enquête s'étant déroulée du 17 au 24 Juillet, il est possible, indique Sunergia, que le poids des Juilletistes soit sous-évalué. L'enquête se déroulait en face à face et sur les lieux de travail, ce qui a permis aux enquêteurs de Sunergia d'estimer que la sous-évaluation, si sous-évaluation il y a, est très faible.
(2) Pour pouvoir en tirer la conclusion que Madame part avec les enfants, tandis que Monsieur reste en ville, il faudrait que les cadres de l'échantillon soient mariés entre eux, ce que l'enquête n'a pas cherché à savoir. Les maris qui voudraient se débarrasser de leur(s) épouse(s) durant l'été devront donc trouver d'autres arguments!

L'argent des vacances

C'est sur le chapitre de l'argent que l'enquête de Sunergia pour L'Economiste est la plus révélatrice des comportements. D'emblée, les réponses obtenues confirment les lignes directrices des observations faites par les agences de voyages(3). L'enquête va évidemment un peu plus loin en détaillant les comportements.

La dépense moyenne est de 8.590DH pour les vacances d'été, là où se concentrent les congés. La moyenne annuelle est légèrement inférieure à 8.429DH. Il n'y a donc pas de différences significatives, d'autant plus que les cadres interrogés parlaient de mémoire.
Une approche différente fait cependant apparaître une curiosité: les dépenses moyennes se situent dans la fourchette 8.000/9.000DH, quelle que soit la saison, mais aussi quel que soit le séjour.
Il semble qu'il faille en déduire qu'il existe une forte tendance à raisonner en terme de budget, davantage qu'en terme de types de vacances: "nous disposons de tant, que faisons-nous?" plutôt que "nous voulons faire ceci ou cela, combien faut-il?"
L'échelle des réponses sur le coût des vacances est très large. Elle va de 1.000DH à 80.000DH, mais les réponses se concentrent autour de deux pôles: 12% des cadres, ayant répondu à la question, disent dépenser 5.000DH et 17,2% disent consacrer 10.000DH à leurs vacances.
Par tranches de dépenses, 38,4% des cadres ayant répondu indiquent que leurs vacances leurs coûtent moins de 5.000DH, 43,5% disent que les congés leur reviennent entre 5.000 et 10.000DH, 7,8% estiment dépenser entre 10.000 et 15.000DH et, enfin, 10,2% des cadres évaluent leurs dépenses à plus de 15.000DH.
Si l'on suit les déclarations des cadres interrogés, il apparaît deux types de comportements bien distincts: les économes et les dépensiers, sans tellement de comportements intermédiaires.
Il faut néanmoins relativiser l'appréciation en signalant que l'enquête sur le salaire des cadres, réalisée en 1991, par le même bureau d'études, certes sur un échantillon aux définitions différentes, avait fait apparaître de profondes disparités salariales. Pour des postes équivalents, les salaires variaient en fonction du secteur, de la taille de l'entreprise,...
Il est donc possible que, compte tenu du nombre élevé d'entreprises (95) dans lesquelles s'est déroulée l'enquête sur les vacances, les enquêteurs aient aussi rencontré des disparités salariales, ici non identifiées. Si c'est le cas, alors il faut relativiser légèrement les différences de comportements quant aux prix mis dans les congés.

Les surprises du budget

Les emplois du budget-vacances réservent des surprises. La première concerne le véritable plébiscite en faveur des "loisirs". Les entretiens se déroulant en face à face, on sait que par loisirs, il ne faut pas entendre les vacances en général, mais bien une définition étroite comprenant les sorties, les excursions, les sports, les soirées, la détente... en un mot l'amusement.
La majorité, à raison de 65% des cadres interrogés, veulent s'amuser et disent qu'ils sont prêts à y consacrer l'essentiel du budget. C'est probablement l'échos des remarques que l'on entend si souvent: "il me faut un break", "je veux penser à autre chose", "il faut aller respirer ( ou s'éclater)", "il faut casser le stress du travail"...
On n'étonnera personne en disant que se sont les moins de 35 ans, à raison de 68,9% d'entre eux, qui optent le plus pour la catégorie "loisirs", contre 59,2% chez leurs ainés.
Les hommes veulent davantage s'amuser (67,4%) que les femmes (61,1%) et les cadres supérieurs (70,2%) davantage que les cadres moyens (63,1%) ou les chefs d'entreprises (60%).
Donc si l'on prend pour argent comptant les habituelles récriminations contre le manque d'animations, il faut conclure que le marché des services d'animation peut encore se développer, en quantité comme en genres(4).

Le deuxième poste de dépenses est, lui aussi inattendu. Il s'agit d'achats: ont fait des courses en vacances, pour des biens qui serviront toute l'année à la maison.
Près de la moitié, 48% exactement, des cadres interrogés dépensent pour des acquisitions durables. Le taux est trop fort pour ne refléter que le comportement de rattrapage du lèche-vitrine, difficilement "casable" dans l'emploi du temps, le reste de l'année. Les relances des enquêteurs on fait apparaître que la gamme des achats durables est extrêmement large: coup de coeur, équipements très divers, vêtements, décoration,...
Ce sont les femmes, les jeunes et les cadres supérieurs qui placent les achats durables en deuxième position dans leurs postes de dépenses.
Par contre les 35 ans et plus et les hommes disent que leur deuxième poste de dépenses est le restaurant, devant les biens durables.

On savait les femmes davantage "fourmis" que les hommes, mais la présence des jeunes est plus surprenante, au niveau des achats de biens durables.
Un peu atypiques dans la hiérarchie des postes budgétaires, les chefs d'entreprises, qui comprennent, rappelons-le, les professions libérales, placent en première position les frais de restaurant. Ces dépenses reviennent dans 65% des réponses, devant, dans l'ordre, les loisirs (60%), les achats durables (47,3%) et les frais de logements (30,9%).
Bien que la proportion des cadres qui disent aller à l'hôtel pour leurs vacances soit forte (35,2% de ceux qui prennent leurs congés en été), les frais de logement arrivent assez loin dans la hiérarchie des dépenses. Ils sont présents dans 16,3% des réponses mais ils doublent leur score chez les chefs d'entreprises. Ceci indique que ce sont eux qui vont en hôtel et ce sont encore eux qui placent le plus d'argent dans les transports, loin devant les autres catégories professionnelles.

(1) Cf L'Economiste du 30 Juillet 1992
(2) Ou bien que les gens ne sont jamais contents, mais c'est une autre histoire...

Caractéristiques de l'échantillon (300 personnes)

Sexe:

  • Hommes: 187
  • Femmes: 113

Profession:

  • Chefs d'entreprise: 55
  • Cadres Supérieurs: 104
  • Cadres Moyens: 141

Age:

  • 34 ans et moins: 180
  • 35 ans et plus: 120

Ville: Casablanca

Sondage effectué du 17 au 24 juillet 1992.

Echantillonnage: Au hasard

Critères de sélection: profession (cadre)

Nombre de sociétés contactées: 95

Activités

- Conserves alimentaires, Presse, Assurances, Hôtel, Médecins, Transport, Sociétés d'investissement, Agro-alimentaire, Banque, Radio, Produits chimiques, Confection, Agences de publicité, Pêche, Organisation de congés, Ingénierie-BTP, Pépinières, Holding, Compagnie aérienne, Agence de voyages, Leasing, Architectes, Mines, Ecoles, Télécommunication, Cosmétique, Société pétrolière, Société immobilière, Import-Export, Cinéma, Informatique, Location de voitures et Matériel de bureau.

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