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    Un monstre nommé karkoubi!

    Par L'Economiste | Edition N°:2490 Le 22/03/2007 | Partager

    . Ce psychotrope supprime la frontière avec l’interdit et fabrique des «animaux». 80% de jeunes en prison pour délits commis sous son effet . Une campagne de sensibilisation lancée à CasablancaAu-delà des frontières du réel et de la morale. Eh non, il ne s’agit pas de X-Files mais des effets que le karkoubi (nom générique dialectal donné aux psychotropes) peut avoir sur les personnes qui l’absorbent. Le produit altère les capacités psychiques et fait de l’être humain un monstre sans discernement capable de violer, tuer et se tuer. Au-delà de son incidence sur la santé, les psychiatres confirment que cette drogue induit la criminalité chez les consommateurs. La frontière avec l’interdit s’évapore. L’un des terroristes qui s’est fait exploser le 11 mars devait certainement être sous l’emprise de ces drogues. Aussi, les associations de quartier tirent-elles la sonnette d’alarme. «Non au karkoubi», «Karboubi va-t-en, notre pays ne t’appartient pas». Ce sont les slogans que clamaient hier les élèves et collégiens de Hay Moulay Rachid à Casablanca. Ils étaient mobilisés à l’occasion du lancement de la campagne initiée par trois associations, à savoir Addel Al Warif, l’Heure Joyeuse et Al Azhare, sous le thème: «Non aux psychotropes, non aux crimes, ensemble au sport et à la culture pour servir notre pays». Celle-ci a démarré le 21 mars et se poursuivra jusqu’au samedi prochain. Les quartiers concernés sont Sidi Bernoussi, Aïn Sebaâ, Hay Moulay Rachid, Bournazel, Sidi Belyout, Hay Hassani, Sidi Moumen, Sidi Othman et Hay Mohammadi… Au menu également, des tournées pour sensibiliser les foyers. Les organisateurs visiteront aussi des lycées et la prison de Oukacha. Des exposés seront donnés dans divers endroits, sur le thème «Le lien entre les drogues, le crime et le terrorisme». «Les psychotropes envahissent les collèges et les lycées», s’indigne Mustapha Rahine, président de la commission des affaires culturelles du Conseil de la ville de Casablanca. «Ils sont vendus à l’intérieur des classes. Des preuves ont été délivrées par des parents aux autorités, mais rien n’a été fait», s’indigne-t-il. Rahine cite aussi les points noirs comme les vendeurs ambulants, les épiceries… «Ce sont des gangs. Si rien n’est fait, d’ici trois ans toute une génération aura disparu», soulève-t-il. Pour Abdelkbir El Assi, président de l’association Addel Al Warif et coordinateur général de la campagne, «il est aujourd’hui prouvé qu’il existe un lien étroit entre la drogue, le crime et le terrorisme. «Le terroriste qui s’est fait explosé était drogué (colle forte, alcool et karkoubi...). Il ne savait certainement pas ce qu’il faisait», ajoute-t-il. Selon le témoignage de Najib, un jeune toxicomane de Hay Moulay Rachid: «Des leaders vendent fréquemment le karkoubi devant les portes des collèges et lycées». Mais pourquoi en consomme-t-il? «C’est pour oublier mes problèmes et me procurer une sensation d’euphorie», répond Najib. Le prix d’un psychotrope (appelé bola hamra avec des degrés ou maâjoun) varie de 10 à 14 DH. D’où leur vient cet argent? «Je me débrouille pour les avoir, aussi je travaille dans le four du quartier», dit le jeune tout automutilé. A noter que ce prix peut atteindre 25 DH pendant Ramadan (puisque l’alcool est interdit). Mais d’où proviennent ces drogues? «Le gros de l’approvisionnement vient de la contrebande avec l’Algérie», indique El Assi. «Une partie du karkoubi est acheminée vers la frontière pour être écoulée dans les pharmacies, notamment à Oujda-Souk El Fellah», ajoute ce membre associatif insistant sur les ravages qu’il cause chez les jeunes. Après le cannabis, l’alcool et les psychotropes (substance chimique qui agit principalement sur l’état du système nerveux central) représentent les deux drogues les plus consommés au Maroc. Pour les spécialistes, le générique karkoubi désigne des produits qui sont vendus au marché noir et qui agissent sur l’état de conscience. Et ils sont nombreux comme des produits à base de barbituriques ou de benzodiazépines (appellation scientifique des psychotropes). Leur finalité: être utilisés dans un but toxicomaniaque, pour altérer l’état de conscience. Il y a même des cas de suicide. «Ce sont près de 80% de jeunes emprisonnés à Oukacha pour délits commis sous l’emprise de psychotropes», confirme El Assi. L’Etat doit intervenir notamment en créant des centres de désintoxication pour ces toxicomanes à travers le Royaume, revendiquent des associations. De même, des centres d’écoute doivent être mis en place dans les écoles, maisons de jeunes et centres de réinsertion… pour ceux qui en ont besoin. Fatim-Zahra TOHRY

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