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    International

    Transport aérien: le modèle manichéen s’installe
    Par le Pr. Robert Lanquar

    Par L'Economiste | Edition N°:3033 Le 27/05/2009 | Partager

    Robert Lanquar, docteur en économie et droit du tourisme en France et titulaire d’un Ph.D. de l’Université du Texas, a été haut fonctionnaire auprès de l’Organisation mondiale du tourisme. Il a été aussi expert auprès de la Banque mondiale et a participé à l’élaboration de nombreux plans de développement touristiques. Il fut coordinateur du groupe d’experts du Plan Bleu- Plan d’action pour la Méditerranée-PNUE. Il est actuellement professeur à l’Université de Cordoue et président de Cordoba Horizontes, entreprise dont l’objectif est de mettre à la disposition des entreprises et institutions son savoir-faire sur la zone méditerranéenne et en premier lieu, au MaghrebQuel sera l’impact de la crise sur les politiques d’Open sky? L’Association internationale du transport aérien (IATA) prédisait en avril que les compagnies aériennes vivraient l’une des années «les plus dures» de leur histoire en 2009 avec un effondrement de 12% du chiffre d’affaires à 467 milliards de dollars en raison de la dégringolade du trafic du fret -due à la contraction des échanges mondiaux- et de passagers et en particulier des hommes d’affaires. Les baisses seraient au moins de 3% du trafic des passagers et de 5% du trafic cargo. En même temps, elle recommande vivement aux compagnies aériennes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) de mettre l’efficacité et l’extension des libertés commerciales à leur ordre du jour. L’OMT avait prévenu avec une possible décroissance des arrivées du tourisme international en 2009 de l’ordre de 2%. Le pire n’est peut-être pas arrivé: attendons de voir les conséquences de la grippe porcine. Les politiques d’Open sky ne seront-elles pas attaquées par des poussées de protectionnisme aérien? L’Afrique du Nord ne sera peut-être pas autant touchée que d’autres régions du monde. Tunisair qui prévoyait une croissance de 12 à 13% cette année, l’a tempéré à 8%, mais s’estime gagnante avec +5%. Sa direction générale a voulu garder une vision ambitieuse pour 2009, en particulier en Afrique avec sa filiale, Mauritania Airways, même si elle souligne que son avenir reste avant tout lié au trafic avec l’Europe.

    Gros avantage à l’ouverture
    Les plus optimistes tablent sur une décroissance de l’ordre de 1% du tourisme dans ce pays. Car 2009 constituera un tournant vu qu’il y aura à la fin de l’année la libéralisation du ciel en Tunisie et qu’on y espère créer un pôle aérien low-cost. Déjà le Maroc et la Tunisie avaient signé, en novembre 2007 à Tunis, un accord «Open sky», destiné à accompagner les changements intervenus dans le secteur du transport aérien international et à renforcer la coopération bilatérale dans ce secteur. Cet accord, de nature à améliorer la qualité des prestations et intensifier les échanges, devrait tenir ses objectifs. C’est surtout l’ouverture du marché aérien à la concurrence qui a permis au Maroc de valoriser ses avantages touristiques. Le «Ciel ouvert» est pour Royal Air Maroc un atout de ses stratégies africaines. Il est extrêmement important que Casablanca reste un des principaux hubs aériens pour l’Afrique occidentale et centrale. C’est une image unique pour la coopération sud-sud en Afrique. Il semble bien que pour Air Sénégal International (ASI), l’on s’acheminera vers une solution qui convienne à tous, car les enjeux dépassent le seul transport aérien. Encore faut-il que certains ne viennent pas mettre de l’huile sur le feu en utilisant l’arme du patriotisme.
    Les diasporas aussi...
    En ce qui concerne la sûreté, il ne faudrait pas perdre d’un côté ce que l’on gagne de l’autre. Au Maroc, les opérations de contrôle se passent bien selon les observations que nous avons multipliées, ce qui n’est pas le cas dans certains aéroports européens où de plus en plus de personnes se plaignent de traitements humiliants que leur font parfois subir des employés d’entreprises privées de sécurité - ceci ayant été dénoncé au Parlement européen. La crise peut amener à des progrès de tous genres. Elle obligera à trouver de nouvelles opportunités même si les faillites et les concentrations se multiplient. Le gagnant sera celui qui utilisera le mieux les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Le recours à la réservation directe a progressé depuis le début de l’année, au détriment des agences de voyages physiques. Les vols low-cost seront de plus en plus en pointe en Méditerranée. Mais leur business model est très manichéen; la fermeture du vol est immédiate s’il n’est pas rentable. Bravofly souligne que ces compagnies surfent sur la vague de la crise, avec une augmentation de 154% des réservations en ce début d’année. Quant au tourisme de diaspora, il en souffrira; les émigrés en Europe sont ceux qui pâtissent le plus de la crise; ils préfèrent rester dans les pays d’accueil par crainte de difficultés au retour et ne pas partir en vacances dans leur pays d’origine. Avec l’Afrique du Nord, ce tourisme représenterait plus de 15% du nombre de passagers aériens.Les constructeurs aériens ont appelé l’exécutif de l’Union européenne et les gouvernements européens à soutenir les compagnies aériennes touchées par la crise du crédit. Elle a également incité les autorités publiques à augmenter leur soutien à la R&D, afin d’aider le secteur à adopter la dernière génération d’aéronefs respectueux de l’environnement. Autre donne: celle du «ciel unique européen» dont la première phase est en train de se mettre en place et exigera des transports moins polluants avec une moindre empreinte de carbone. Actuellement composés de 27 espaces aériens indépendants, les ciels européens deviennent de plus en plus surpeuplés, entraînant l’Union européenne à faire pression pour la réalisation d’un tel ciel unique ou «espace aérien commun européen (EACE)». Des révolutions technologiques sont en cours. Le projet Sesar (anciennement connu comme «Sésame») est destiné à moderniser les systèmes et les infrastructures de gestion du trafic aérien afin de faciliter la réorganisation de l’espace aérien européen. Le remplacement de la communication vocale par un système de messagerie écrite entre les contrôleurs aériens devrait rendre plus sûr et plus efficace l’espace aérien tout en diminuant les temps de vol ainsi que les émissions de CO2. C’est ce que va imposer l’Europe à ses partenaires et pays associés dans les prochaines années. Enfin, il ne faut pas oublier une recommandation de l’Union arabe des transports aériens (AACO) qui appelle ses membres à consolider davantage leur coopération, afin de faire face aux défis imposés au secteur du transport aérien par la crise. La flotte de la région Mena va doubler dans les dix années à venir et passer à 1.300 appareils, alors que nous sommes dans une ère d’incertitude économique mondiale. «Le défi de faire répondre la capacité à la demande sera difficile» et une solution préconisée est celle des «Cieux ouverts».

    Accord Etats-Unis-Europe et Canada-Europe

    Un accord «Ciel ouvert» avec le Canada a été signé lors d’un sommet UE-Canada du 6 mai 2009 à Prague, qui préside l’Union européenne jusqu’au 30 juin, par les 27 pays européens (UE). Cet accord permettra aux compagnies aériennes canadiennes et européennes d’effectuer des vols transatlantiques entre les villes de leur choix. Un accord similaire entre l’UE et les États-Unis est entré en vigueur le 30 mars. L’accord prévoit aussi une coopération pour réduire les effets de l’aviation sur le changement climatique et pour reconnaître des normes mutuelles de sécurité. Les Européens pourront également investir librement dans des compagnies aériennes en Amérique du Nord, et vice versa. Ces accords vont mettre fin à des années d’accords bilatéraux pour limiter les trajets, les prix ou le nombre de vols hebdomadaires.


    Open sky, qu’est-ce que c’est
    Signé par les ministres des Affaires étrangères le 24 mars 1992 à Helsinki, le Traité sur le régime «Cieux ouverts» (Open skies) est entré en vigueur le 1er janvier 2002. Le Traité «Ciel ouvert» à durée illimitée autorise les Etats parties à effectuer des vols d’observation, autorisant l’accès total des espaces aériens de Vancouver à Vladivostok, à l’aide d’avions non armés, équipés de capteurs agréés, au-dessus de leurs espaces aériens respectifs. Il peut être considéré comme un pur produit de la guerre froide. La fin de la guerre froide a également permis que les Etats acceptent dès la Conférence de Budapest de 1990 d’agir en leur nom propre, sans référence à la notion de «bloc à bloc», mais plutôt dans l’espace de l’OSCE- Organisation pour la sécurité et la coopération européenne. Considéré comme une mesure de confiance et de sécurité (MDCS), le Traité «Ciel ouvert» a pour objectif de réduire la suspicion que peut susciter le dispositif militaire d’un autre pays, dans la mesure où les Etats parties acceptent d’ouvrir leurs activités à une surveillance minutieuse.
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