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    Thomson-CEA Industries: le mariage du neutron et de l'électron

    Par L'Economiste | Edition N°:10 Le 02/01/1992 | Partager


    L'Etat français annonce en cette fin d'année une restructuration de son principal groupe électronique qui emploie près de 100.000 personnes. Le groupe Thomson S.A, nationalisé en 1982 et dirigé par Alain Gomez, manager médiatisé, est spécialisé dans l'électronique militaire et grand public. Les modes d'organisation de Thomson-CSF, qui fabrique radars et systèmes de navigation sophistiqués s'opposent à ceux de Thomson TCE, la branche spécialisée dans la TV, le magnétoscope, dominée par des préoccupations commerciales. L'Etat français a décidé de scinder le groupe.
    La branche militaire a depuis la guerre du Golfe, remporté d'importants contrats et affiche près de 40 milliards de FF de chiffre d'affaires. Elle sera isolée. La branche grand public a des besoins de financements énormes pour financer le fameux projet de télévision haute définition européenne, et l'Etat français, principal actionnaire, ne peut apporter tous les fonds nécessaires, limité par ses budget et les directives européennes qui limitent les subventions. D'un autre côté, le CEA Industries, filiale du Commissariat à l'Energie Atomique, holding contrôlé par l'Etat, employant près de 38.000 personnes dans la construction nucléaire essentiellement dispose de quelques milliards en excédent de trésorerie. Le CEA est richement doté, l'état français le mariera à Thomson TCE, spécialisé dans les produits électroniques grand public.

    Le but affiché du gouvernement français est de créer un géant français de l'électronique capable d'affronter les mastodontes européens et japonais. Le nouveau Thomson-CEA Industries réalisera un chiffre d'affaires de 90 milliards de Francs français, emploiera 90.000 personnes et fabriquera des centrales nucléaires, des scanners, des TV, des machines à laver, de l'informatique.
    Siemens et Toshiba sont cités comme modèles. Les deux géants allemand et japonais réalisent déjà des chiffres d'affaires supérieurs de trois fois à ce qui est prévu pour le nouveau groupe français.
    Les réactions des milieux d'affaires, généralement peu favorable au gouvernement socialiste de Mme Cresson sont pleines d'ironie.
    Allusion à un jeu d'enfant, l'opération est comparée à un «mécano industriel», quand elle n'est pas qualifiée de «mariage de la carpe et du lapin». Les considérations financières seules auraient joué et aucune synergie industrielle n'est attendue. Le montage financier est d'ailleurs des plus complexes: l'Etat français vend sa participation (82%) dans Thomson S.A (société mère des Thomson) à CEA Industries.
    Pour acheter, CEA Industries va ouvrir son capital. Puis l'Etat rachètera la participation de 60% de Thomson S.A dans Thomson CSF (militaire) qui passera sous son contrôle direct. Les filiales Thomson grand public passeront alors au CEA Industries et l'opération serait neutre budgétairement pour l'Etat français. La grande restructuration aura transféré des milliards, mais n'aura rien coûté.

    Khalid BELYAZID

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