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Taux d'intérêt: En baisse mais insaisissable

Par L'Economiste | Edition N°:288 Le 10/07/1997 | Partager

L'argent est-il trop cher ou bon marché? Comment saisir cette donnée qui fait l'objet d'autant de polémiques? Le taux d'intérêt était au centre de la réunion préparative du CNME


C'est une idée bien ancrée: le taux d'intérêt est trop élevé, les banques s'entendent pour le maintenir haut. «C'est une contrevé-rité», explique M. Abdelaziz Alami, président de la BCM, lors du séminaire de sa banque sur les taux d'intérêt, le mardi 1er juillet 1997. «Les taux descendent tellement que c'est peut-être dangereux», renchérit M. Abdelhak Bennani, président de Wafabank.
Le premier analyse la baise par l'abondance de l'offre, le second craint un laminage des marges qui affaiblirait les banques marocaines, comme elle a déjà affaibli les banques françaises. Signalons qu'en France il y a des ventes à perte sur le créneau des particuliers. Ce n'est pas le cas au Maroc.
Le taux d'intérêt pour les particuliers résiste davantage que celui des entreprises. Il n'est cependant pas impossible que les taux des particuliers connaissent aussi une baisse, notamment suite à la politique que vient de lancer Wafabank, qui veut «reconquérir ce marché».
Côté entreprise, la concurrence se fait jour. «Aucun prêt ne se passe sans que le client ait fait le tour de la place pour savoir combien chaque banque va lui demander», indique un banquier. La bagarre est plus forte dans l'immobilier et dans le créditbail.

Mais ce sont des informations difficiles à saisir. Aucune banque n'affiche le «prime rate» qu'elle applique. Les PME, qui avaient un problème d'accès aux financements du temps de l'encadrement, ne s'en plaignent plus aujourd'hui. Mais elles n'affichent pas plus que les banques les taux réels qu'elles obtiennent.
«Une chose est sûre, dit le Pr Dilami, directeur de L'Economiste, une PME comme les autres, les rapports avec les banquiers ont totalement changé en trois ans. Aujourd'hui ce sont eux qui viennent voir les entreprises». Les offres de services se font «au taux de base».
Pour les grandes entreprises, la concurrence bancaire est devenue une réalité. La mollesse des investissements explique sans doute la tendance à la baisse des taux. C'est du moins l'avis des banquiers. Ils récusent l'analyse des autorités monétaires, lesquelles estiment que les taux élevés découragent les investisseurs.
Pour les banquiers, les décisions des investisseurs ne sont pas liées au taux d'intérêt: «On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif», plaisante souvent M. Alami. Visibilité économique, confiance dans l'avenir lui paraissent plus déterminantes. «L'argument du taux est une diversion», estime-t-il.
L'autre volet de cette insaisissable baisse des taux d'intérêt débiteur est la pression sur les taux créditeurs, celui des dépôts. Sur la place de Casablanca, les directeurs d'agence bancaire commencent à «se faire des coups»: il s'agit de manoeuvrer pour qu'un déposant obtienne le plus fort taux créditeur, mais chez le concurrent...! L'objectif de la manoeuvre est d'obliger le concurrent à surpayer un dépôt. Il ne semble pas que les directeurs d'agence aient des consignes claires de leur siège pour agir ainsi, mais le jeu a l'air de les amuser beaucoup depuis quelques semaines.

Difficile aussi à saisir: les cas de refus de dépôts. La vox populi en parle et affirme que «c'est courant». Au lieu d'ouvrir un compte de dépôt à terme, le banquier offre «d'autres produits intéressants». Certains poussent le souci du détail jusqu'à défalquer le taux d'inflation, rajouter l'impôt, pour conclure avec «ce conseil d'ami: ce n'est pas intéressant pour vous, prenez plutôt...». Autre astuce pour décourager les dépôts plus petits des comptes sur carnet: le minimum du premier dépôt ou les «oublis» des virements automatiques. Mais le taux de base bancaire (TBB), qui couvre le coût de la ressource, tel que publié et recommandé par le GPBM, ne reflète pas cette réalité.
Pour sa part, le Trésor a rejeté les offres durant le mois de juin, faisant ainsi pression sur les taux. Néanmoins, le système des adjudications permet de savoir que les autorités monétaires jugent le taux des offres trop élevé, mais il ne donne pas d'indication sur le taux souhaité réellement par elles.
La préparation du prochain Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne (CNME) promet des débats serrés entre banquiers et autorités monétaires.

Abashi SHAMAMBA

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