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Com et Télécoms: Libres, pour dire quoi?

Par L'Economiste | Edition N°:288 Le 10/07/1997 | Partager

La libéralisation des télécoms et la liberté de la publicité sont des champs ouverts que les acteurs doivent occuper intelligemment.


«A quoi sert de vivre libre quand on vit sans amour», chantait Nicoletta. A l'époque la liberté était revendiquée, non pour elle-même, mais pour bien en profiter.
Nicoletta aurait pu chanter cela aujourd'hui, pour deux de nos activités, les télécoms et la communication. D'abord parce que l'amour circule sur Internet et hante la publicité, ensuite la liberté est aujourd'hui donnée et que se pose la question de son usage.
Pour les télécoms, la libéra-lisation vient d'être votée malgré les résistances du monopole public, qui sera donc privatisé.
Pour la publicité, l'AACP (Association des Agences Conseil en Publicité) et l'ADAM (Association des Annonceurs du Maroc), s'inquiètent d'une libéralisation à rebours, d'une réglementation en projet, qui pourrait entraver la création, et partant l'activité. C'est légitime, surtout pour un métier de services et des PME fragiles. Et puis, tout le monde s'accorde sur le «sous-investissement publicitaire, qui, par tête d'habitant, nous place en dessous des Tunisiens (toujours eux) et des Kenyans. Mais l'espace de liberté, offert jusque-là, est-il bien occupé?
Les messages sont-ils aussi audacieux que le souhaite un public qui se «rince les yeux» sur les spots de «Rai Uno» et les clips de MCM? Apparemment non. L'autocensure sévit beaucoup plus que la commission de censure de TVM, qui devrait fixer des repères légaux.

Aujourd'hui, c'est un service public comme un autre, qui doit être régi par les lois, et non par l'arbitraire de ses hommes. Car au fond, il ne s'agit pour les censeurs que de défendre le public et les consommateur et de ne pas entraver la liberté d'expression, prévue par la Constitution, et qui est le droit de l'annonceur.
Si la censure et l'autocensure ne suivent pas le courant mondial de liberté et d'innovation, elles perdront la pub, l'audience.
Car le zapping est féroce, et le téléspectateur est le premier bénéficiaire de la mondialisation. Les télévisions, avec leurs programmes, la communication commerciale qui s'y accroche, tout autant que la communication politique doit donc être aussi libre et aussi intelligent qu'ailleurs.
Les dirigeants de l'USFP et du RNI ne subissent pas des comparaisons entre eux, mais avec Jospin et Seguin, par la dure loi de la parabole.
Le paysage audiovisuel n'est plus national. Il est ouvert et mondialisé. Il n'a pas attendu notre mise à niveau, et ignore nos «spécificités culturelles». Il ne laisse plus de choix que de monter dans l'arène.
A chacun de se battre s'il veut s'imposer. Sinon, les multina-tionales, premiers annonceurs du Maroc, iront arroser le Maroc de TV5 et de MBC, parce que le JT ou le débat politique sont insipides sur nos chaînes locales. Mais l'avantage est que le jeu est ouvert. Chacun peut monter dans l'arène libre et s'imposer par sa compétence à communiquer, l'intelligence de ses messages.

Tout le pouvoir commercial et politique est là. Un publicitaire visionnaire comme Séguéla est fasciné par cette technologie où pour la première fois le pouvoir n'appartient pas à celui qui cache l'information, mais à celui qui en donne plus. Dans ce sens,
Internet est un autre champ de bataille. Certes, l'ONPT public n'a pas développé beaucoup de zèle commercial: prix élevé, coupures des lignes spécialisées...
L'offre mais aussi la demande ont été timides. L'ONPT a eu le mérite de mettre à jour les équipements et les réseaux restés sous-utilisé.
Aujourd'hui, les producteurs de contenants, entreprises, administra-tion, et donc tout le pays, doivent se jeter dans la bataille pour communi-quer et créer des services. L'Amé-rique a récemment décidé de ne pas réglementer Internet. Des pays totalitaires ont essayé de l"interdire, de le filtrer. Ils se marginalisent. Le commerce sur Internet, c'est déjà 5 à 10 milliards de Dollars, et la guerre des idées se gagne là.
Plus encore, cet outil défie les mass-médias: La communication est appelée à devenir personnalisée jusqu'au niveau de l'individu.
Rien ne sert donc d'y aller avec la langue de bois. Il faut être au moins aussi franc et aussi innovant que les autres.Ou bien il faut se taire, éteindre son écran et ses ambitions.

Khalid BELYAZID

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