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Flux étrangers: La machine toujours grippée

Par L'Economiste | Edition N°:288 Le 10/07/1997 | Partager

Le Maroc a du mal à entrer dans la cour des pays attractifs. La concurrence dans la région MENA est serrée et le Maroc ne met pas en valeur ses atouts. Pourtant, la stratégie est claire: communication, simplification et transparence des procédures et recours légal efficace.


Le Maroc n'arrive pas à drainer des flux d'investissements étrangers en rapport avec ses potentialités. D'après le bilan économique et social du Centre Marocain de Conjoncture, ces flux ont accusé une baisse de 0,8% à 3,85 milliards de DH en 1996 contre 3,87 milliards, l'année antérieure.
Pourtant, dans la région du MENA (Middle East and North Africa), le Maroc figure en bonne place et présente avec l'Egypte les opportunités les plus intéressantes pour les investisseurs, hormis la Turquie, pays économiquement plus développé. Les obstacles aux investissements sont comparables au Maroc et à l'Egypte, mais le marché domestique égyptien est plus vaste et le programme de privatisation mené avec plus ou moins de rigueur y a focalisé, pendant plusieurs mois, l'attention des investisseurs étrangers.

Des obstacles similaires

La crise survenue sur le marché boursier du Caire en mai dernier a cependant rendu les gestionnaires de fonds plus prudents.
Selon les tout derniers chiffres de la Banque Mondiale, les quatre pays méditerranéens, à savoir le Maroc, la Tunisie, l'Egypte et la Turquie, ont attiré 285 milliards de Dollars de flux de financements extérieurs en 1996. Dans la région, le Maroc se place en troisième position, après l'Egypte et la Turquie.
Rapportés au PNB, les financements extérieurs ont totalisé, entre 1991 et 1995, 3,3% pour le Maroc contre 6,6% pour l'Egypte, 5,5% pour la Tunisie et 2% pour la Turquie. Le Maroc et la Tunisie ont réussi à équilibrer la part des apports publics et privés. En Egypte, les flux publics continuent de prédominer (6% du PNB). En revanche, la Turquie privilégie les apports privés (2%).
En outre, investissements directs et dons constituent l'essentiel des apports étrangers sur la période. Les investissements directs ont ainsi représenté 1,5% du PNB au Maroc et en Egypte contre 2,6% pour la Tunisie et 0,5% pour la Turquie. Quant aux dons, ils ont totalisé 1,1% du PNB au Maroc contre 4,9% en Egypte, 0,7% en Tunisie et 0,3% en Turquie. Seuls le Maroc et la Turquie ont drainé des investissements de portefeuille avec 0,1 et 0,3% respectivement.
Une spécificité toutefois: le Maroc se distingue des trois autres pays de la région par des transferts nets d'intérêts et de profits négatifs payés à l'extérieur. Sur la période 1991/ 1995, ces transferts nets se sont établis à -2,3% du PIB contre 4% pour l'Egypte, 0,9% pour la Tunisie et -0,2% pour la Turquie.

Dans une étude menée par GMA Capital Markets et financée par l'Union Européenne sur les freins à l'investissement direct et de portefeuille dans les pays du MENA, il est indiqué "qu'un pays attire les investisseurs étrangers en fonction de ses réalités politiques et économiques, mais aussi en fonction de l'image du pays à l'étranger et des perceptions des investisseurs". C'est donc souvent la carence en informations actualisées qui constitue l'obstacle le plus important. L'insertion récente du Maroc dans l'Investable Index de la SFI est de nature à combler cette lacune en direction des fonds d'investissement étrangers.
L'autre facteur à prendre en compte est la concurrence exacerbée que se livrent les pays en développement pour drainer des flux croissants de capitaux étrangers. Cette concurrence se joue essentiellement sur l'amélioration de l'environnement juridique et réglementaire et sur les conditions offertes aux investisseurs étrangers.

Les privatisations constituent également un moyen efficace de drainage de capitaux étrangers. La région du MENA accuse à ce niveau un retard important. Ainsi, d'après les données de la Banque Mondiale, la région aura attiré via les privatisations, entre 1988 et 1995, quelque 1,96 milliard de Dollars dont 860 millions au profit du Maroc, 679 millions pour l'Egypte et 133 millions pour la Tuni-sie.
Toujours selon la Ban-que Mon-diale, d'ici l'an 2010, le Maroc devra attirer près de 30 milliards de Dollars en flux d'in-vestissement pour créer suffisamment d'emplois. Parallèlement, il y a de fortes chances pour que la libéralisation et l'intégration à l'UE ainsi que les perspectives de croissance dans la région donnent un grand coup de fouet aux capitaux étrangers dans les prochaines années.
Pour l'heure, l'environnement macro-économique et légal s'est nettement amélioré. Mais selon un sondage mené par GMA Capital Market auprès des investisseurs étrangers, il est nécessaire de passer rapidement à la concrétisation de certaines dispositions correctrices. Sont mises en avant la simplification des procédures administratives, la coordination entre Ministères, services et agences mais aussi entre administrations centrale et régionale. L'agence centrale prévue par la Charte des Investissements peut entretenir des rapports serrés avec les instances régionales afin d'assurer plus de transparence et de célérité dans les procédures.

Autre axe: la simplification et la transparence des procédures douanières. "Plusieurs entreprises internationales s'implanteront au Maroc pour bénéficier de la zone de libre-échange avec l'UE et donc pour réexporter", indique le rapport de l'enquête. La complexité des procédures douanières est de nature à décourager ce type de projet.
Concernant les infrastructures, la rareté des terrains industriels et leur sous-équipement constituent autant de handicaps.
En revanche, le sondage ne relève pas le coût de financement comme un frein majeur à l'investissement. Le problème réside davantage dans le manque de produits de financement alternatifs sur le marché des capitaux domestique (TCN, obligations d'entreprises et une courbe de taux).
Enfin, sur le plan juridique, deux initiatives sont de nature à améliorer le recours des investisseurs. Il s'agit des tribunaux de commerce dont le texte est adopté mais le décret d'application n'est toujours pas publié. Il est également recommandé de constituer au Maroc une Commission d'arbitrage reconnue sur le plan international et notamment par les investisseurs étrangers potentiels.

Mouna KABLY

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