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Soyez la bienvenue chez nous!

Par L'Economiste | Edition N°:2428 Le 22/12/2006 | Partager

De nationalité canadienne, Marie-Hélène Giguère est journaliste au quotidien L’Economiste depuis le mois de septembre. Elle relate ici ses premières impressions sur le Maroc. Il y a le côté pile et le côté face.Je ne savais pas à quoi m’attendre. Je suis montée à bord du petit taxi rouge, le coeur un peu serré. Sur la route, j’ai pensé mourir. Les voitures arrivaient de partout, se faufilaient, s’entrecoupaient, occupaient quatre voies de large alors qu’il n’y en avait que deux. Et chaque fois que le taxi s’arrêtait, le banc du passager basculait vers l’avant. Heureusement, le chauffeur a réussi à me changer les idées. “Vous êtes Canadienne? C’est la première fois que vous venez au Maroc?” Puis j’ai aperçu la magnifique mosquée Hassan II, toute illuminée. On m’en avait tant parlé! J’ai voulu baisser la vitre, mais elle était coincée. Le chauffeur m’a expliqué qu’avec la pollution, c’était aussi bien comme ça. Une fois devant l’hôtel, il m’a gentiment aidée à prendre mon bagage. J’ai payé 80 DH pour la course, soit 40 DH de trop, mais je ne le savais pas. Avant de s’éloigner, le chauffeur m’a cordialement lancé un “Soyez la bienvenue chez nous!” Depuis, j’ai dû entendre cette phrase à une centaine de reprises. On a beau parler des arnaqueurs et de tous ceux qui abusent des nouveaux venus, les Marocains sont exceptionnellement chaleureux.Quand on débarque dans un pays étranger, on doit faire abstraction de ses propres références culturelles. Je crois y arriver assez bien, mais quand même, certaines choses me “jettent par terre”!■ Le nombre, mais aussi le “type” de mendiants. Chez moi, ce sont plutôt de jeunes rebelles qui ont besoin d’argent pour acheter de la drogue, ou de vieux clochards alcooliques. Dans les rues de Casa, il y a des gens malades, des aveugles, des handicapés, des enfants, et beaucoup, beaucoup de femmes. ■ La ponctualité. Ou plutôt l’absence de ponctualité. Au Québec, si la conférence de presse ne débute pas à l’heure prévue, les journalistes quittent. Tant pis pour l’organisme ou la société qui organisait l’évènement, elle se passera de couverture. Ici, j’ai dû me résigner, et apprendre à me réjouir quand la conférence ne débute qu’avec une demi-heure de retard.■ La bonne humeur des gens. Au Maroc, on rigole beaucoup, on sourit beaucoup. Tous les jours, j’entends de grands éclats de rire. Les Marocains ont vraiment le sens de l’humour.■ L’amour des enfants. Malheureusement, l’Occident a fini par développer une peur maladive des pédophiles. Les pères n’osent plus exprimer plus l’affection qu’ils portent à leurs enfants en public. Les gestes de tendresse des papas marocains envers leurs filles et fils me touchent énormément.■ Le machisme. Quand un homme me siffle comme on siffle un chien, le sang me monte à la tête. Le sang me monte à la tête plusieurs fois par jour. Ce n’est que désagréable.■ Les bakchichs. C’est très délicat. Au Canada, ça n’existe pas. Celui qui tente le coup se fait arrêter illico pour “tentative de corruption d’un agent de la paix”. Nous n’avons donc pas le choix: respecter la loi ou payer. Mais ce n’est pas par crainte des forces de l’ordre, c’est le résultat d’un choix de société. Accumuler les accidentés et les morts de la route pour éviter de payer un procès? La bourse ou la vie?■ L’incivisme. Les chauffeurs de taxi qui se curent allègrement le nez avec leur doigt. Les hommes qui se raclent la gorge et crachent par terre, sans se soucier d’attraper quelqu’un au passage. Les conducteurs qui ne ralentissent pas, même quand une vieille femme traverse la rue.■ La culture. La fierté et l’amour des Marocains envers leur culture. Non seulement ça mais la “connaissance” qu’ont les Marocains de leur culture. Et évidemment, l’incroyable richesse de cette culture millénaire. Quand je pense que ma ville natale n’a pas encore 400 ans...■ Les contrastes. Les grands immeubles de Casa et les bidonvilles de Sidi Moumen. Avec pratiquement rien ni personne entre les deux extrêmes.■ La saleté et la pollution. Les millions de sachets plastiques qui traînent partout à travers le pays. L’absence totale de poubelles publiques, de systèmes de recyclage et de récupération des bouteilles de plastiques, des canettes de métal et du papier. Casablanca est une ville extraordinairement belle, le Maroc possède des paysages majestueux. Je m’étonne que les Marocains n’y fassent pas plus attention. Et comme c’est le cas pour la sécurité routière, j’oserai dire que le respect de l’environnement, ça résulte avant tout d’un choix de société.■ L’erreur monumentale que font les Occidentaux quand ils parlent du “monde arabe”, comme s’il s’agissait d’un tout homogène. Pourtant, n’importe quel Canadien rugit quand on le prend pour un Américain. Le Maroc, ce n’est pas l’Algérie, ce n’est pas la Tunisie, et encore moins l’Arabie saoudite.■ Le nombre de points communs entre le Maroc et le Québec. La chaleur humaine, la générosité des gens, leur goût pour la fête et le rire, le multiculturalisme, la bureaucratie et des structures gouvernementales un peu boiteuses, et... les quelque 60.000 Marocains qui ont émigré chez nous!M. H. G.

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