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    Courrier des Lecteurs

    Sociétés cotées: Tassement des bénéfices en 1997

    Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

    Les sociétés cotées ont globalement réalisé des profits significatifs. Même si le rythme est moins fort qu'en 1996, elles ont confirmé leur bonne santé dans un contexte de récession. Le bilan sectoriel 1997.


    C'est correct. Le résultat global des sociétés cotées a progressé de 14% par rapport à l'année précédente à 6,43 milliards de DH. Pour les investisseurs qui ont enregistré une forte valorisation de leurs portefeuilles en 1997, les dividendes attendus constituent un bonus tout aussi intéressant compte tenu de la timidité affichée par le marché depuis le début de l'année. Avec une performance de 9,68% à la clôture de la séance du 2 avril, l'indice général aura du mal à atteindre le même rythme de croissance qu'en 1997. D'ailleurs, les analystes se sont montrés très prudents pour cette année, misant dans le meilleur des cas sur une performance de 25%. Et pour cause, la place était jugée chère en début d'année. Nombre d'entre eux estimaient même que les anticipations sont allées au-delà de l'exercice 1998. Autrement dit, le marché a eu les yeux trop gros, quand bien même la plupart des sociétés cotées sont considérées comme la vitrine de l'économie. Pour l'exercice 1997, la croissance des bénéfices a cependant été moins soutenue qu'en 1996 durant laquelle une variation de 31% avait été enregistrée. A en croire Sogebourse, cette situation est liée au repli de l'activité économique en 1997 marquée par un recul de 2,2% du PIB par rapport à l'année précédente. Toutefois, les différentes valeurs ont enregistré des fortunes différentes.

    Les cimenteries


    A l'exclusion de l'immobilier représenté par Balima, une société discrète et très peu liquide, et les mines (SMI), le record toutes catégories est détenu par les matériaux de construction qui ont enregistré une hausse de 41,98%. Ce secteur a été particulièrement tiré par les cimenteries. Les quatre sociétés ont tous vu leurs bénéfices progresser à un rythme endiablé. Ciments du Maroc a marqué une hausse de 132% à 95,4 millions de DH, Lafarge 65% à 205,58 millions, Cior 41% à 121,8 millions et Asmar 39% à 80,86 millions. Les résultats aurait pu être plus significatifs si les sociétés n'avaient pas effectué d'importants provisionnements pour investissement. Le secteur cimentier a tiré profit d'une hausse des ventes de l'ordre de 10%.
    A côté, Longométal et Sonasid se sont montrées très pâles. La première a ramené ses pertes à 6,3 millions de DH contre 7,4 millions une année plus tôt. Pour la seconde, les bénéfices ont progressé au même rythme que le marché à 168,5 millions de DH. Cette dernière présente toutefois de bonnes dispositions compte tenu de la situation quasi monopolisante dont elle bénéficie. Selon MIT, un tel avantage lui permet de présenter une structure financière équilibrée. La société de bourse souligne par ailleurs que son rapprochement avec Longométal entraînera «des synergies aux plans commercial, financier et administratif lui permettant d'améliorer ses résultats, tout en constituant une arme face au démantèlement douanier».

    A quelques longueurs des matériaux de construction, suit le leasing. Ce secteur a marqué une progression de 32,55% de ses bénéfices à près de 49 millions
    de DH. Maroc Leasing et Maghré-bail, les deux représentants du secteur, ont respectivement enregistré des profits en hausse de 48 et 22% à 22 millions et 26,9 millions de DH. Ce secteur est encore en mesure de voler plus haut compte tenu des besoins d'équipement des PME et si le leasing immobilier dé-marre réellement. Pour illustration, la part du leasing dans la FBCF était estimée à 2,91% en fin 97 par Upline Securities.
    Les holdings ont également présenté de meilleurs arguments que la moyenne du marché. Ils ont enregistré une croissance moyenne des bénéfices de 24,02% par rapport à 1996. L'ONA qui a franchi la barre du milliard de DH et la SNI ont progressé de 29 et 21%. Avec +151% à 21 millions de DH, Zellidja a cependant affiché la plus forte hausse, tandis que les bénéfices de Rebab augmentaient de 140% à un peu plus de 7 millions.
    Les banques ont enregistré un rythme moins soutenu, mais se classent toujours parmi les machines à produire des profits. Ce secteur, qui constitue le tiers de la capitalisation boursière, a également dégagé le tiers des bénéfices réalisés par les sociétés cotées. En dehors de la BCM, toutes les autres composantes ont dépassé la moyenne du marché(1). La palme est revenue à la BNDE dont les bénéfices ont explosé, passant de 75 millions de DH en 1996 à un peu plus de 187 millions en 1997. Cette forte progression est cependant à relativiser d'autant que la banque a effectué plusieurs cessions de participations durant cet exercice. Par conséquent, les plus-values ont agi de manière conséquente sur les résultats hors-exploitation.

    Pour l'avenir, le secteur pourrait globalement souffrir du rétrécissement des marges engendré par les effets conjugués de la baisse des taux et de la concurrence. Cependant, la diversification des sources de revenus inscrite en tête de chapitre dans tous les plans stratégiques devrait lui permettre d'avancer avec sérénité. De plus, le faible taux de bancarisation du pays autorise une solide croissance de l'activité. Il est toutefois à souligner que la géographie du secteur est appelée à se métamorphoser. Dans une récente étude, CFI (Casablanca Finance Intermédiation) note que la tendance à la concentration devrait se poursuivre, avec à la clé un secteur composé de deux ou trois grandes banques généralistes. En outre, il est fait remarquer que «les banques moyennes devront obligatoirement s'adapter en se spécialisant sur des segments de marché précis, au risque de disparaître».

    Ce vent de regroupement n'a pas encore soufflé sur le crédit à la consommation. En 1997, deux nouvelles sociétés, Attijari Cetelem de BCM et Salafin de BMCE Bank, ont élargi un secteur qui à le vent en poupe. Au terme du premier semestre 1997, les crédits distribués avaient progressé de 44% par rapport à la même période de l'année précédente. L'encours total du secteur avait également grimpé de 38%. Le secteur se nourrit encore du faible taux d'endettement des ménages et de l'augmentation du nombre de foyers estimés par Upline Securities à 100.000 par an. Le crédit à la consommation a terminé le précédent exercice avec des bénéfices en hausse de 19,5%. Ceci, en dépit du repli de la consommation des ménages de l'ordre de 4%. Selon MIT, «les bonnes pers-pectives économiques attendues en 1998, le processus de baisse des taux et les efforts déployés par les différentes sociétés devraient insuffler un nouveau dynamisme au secteur». Pour l'heure, le seul danger relève de la course aux parts de marché. A fin juin 1997, les créances douteuses du secteur avaient en effet sensiblement augmenté, repré-sentant environ 10% des engagements.

    Dans le club des secteurs ayant dépassé la moyenne du marché en 1997, figure également le transport représenté uniquement par la CTM-LN. Avec un bénéfice net de 25,7 millions de DH, en hausse de 15,69%, cette société engrange progressivement les fruits de sa restructuration et de son dynamisme sur les lignes internationales. Pour l'année en cours, elle devrait en principe renforcer sa position sur ces destinations, la France en particulier, durant la période du Mondial a condition qu'elle arrive à accrocher les supporters qui envisagent de grignoter sur les dépenses en choisissant la route.
    Pour le reste, 1997 a été timorée ou même franchement mauvaise. Les raffineries, Samir et SCP, ont pratiquement fait du surplace. Elles ont sans doute été étouffées par la flambée du Dollar.

    Récession


    Quant à l'emballage, il a enregistré une progression de 4,53% de son bénéfice plombé par le piètre comportement de «Le Carton» qui traîne une perte de 533.000 DH. Avec une chute de 481% d'une année à l'autre, elle se positionne comme le cancre de la classe. En pratique, le comportement de l'emballage, en particulier celui du carton ondulé qui sert à contenir tous types de biens, constitue un bon indicateur de conjoncture.
    Le secteur a ainsi pâti de la contre-performance de l'agro-alimentaire dont les bénéfices ont reculé de 11,7%. Lesieur et Cosumar, handicapées par un environnement en déréglementation et un nouveau système de compensation, ont tiré la moyenne vers le bas. En revanche, le reflux a été atténué par la Centrale Laitière (+27%), les Brasseries (+23%) et dans une moindre mesure par Oulmès dont le résultat net a augmenté de 8% à 8,4 millions de DH.

    Le secteur de la chimie-parachimie n'est pas mieux loti. Il a concédé une chute de 49%. Les deux sociétés du secteur, Fertima et Société Chérifienne des Engrais ont été victimes de la sécheresse, de la libéralisation du secteur et des conditions de financement des agriculteurs.
    La sécheresse, avec en toile de fond la baisse des ventes de pneus destinés aux tracteurs, de même que la rude concurrence sur le tourisme, a également pesé sur les ventes de GTM (pneumatiques) qui a vu ses bénéfices s'effondrer de moitié.
    Le matériel électrique et de télécoms n'a guère fait mieux
    (-37,9%. Idem pour l'automobile. Auto-Hall et Berliet ont affiché un net recul des bénéfices, marquant respectivement -61 et -83% à 38,8 millions et 381.000 DH. D'ailleurs, M. Omar Amraoui, avait dû rendre son tablier de DG en octobre dernier. Vu la forte concurrence des Japonaises sur l'utilitaire, son successeur devra batailler ferme pour sauvegarder ce qui reste en parts de marché.

    Alié Dior NDOUR


    (1) Voir L'Economiste N° 325.

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