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    Rentrée économique
    Renchérissement de l’électricité: Quel impact chez les industriels?

    Par L'Economiste | Edition N°:2352 Le 01/09/2006 | Partager

    . Samir et les cimentiers s’en sortent. Les PME en paient de leurs marges. Difficile de répercuter le surcoûtLes industriels n’ont naturellement pas apprécié le «cadeau» de l’été de l’ONE. Leurs coûts de production ont certes été exacerbés suite au dernier relèvement de 7% des tarifs de l’électricité (cf. www.leconomiste.com). Mais son impact demeure conditionné par l’importance de l’intrant dans les facteurs de production. Il dépend aussi des économies d’énergie que les opérateurs sont en mesure de réaliser. Si les industries lourdes disposent de plus larges possibilités pour atténuer le surcoût énergétique, les autres industries de transformation et les PME en paient de leurs marges. Quelle que soit leur taille, les opérateurs affirment être quasiment incapables de répercuter le surplus sur leurs prix de vente. Certains font valoir des considérations commerciales, d’autres disent être obligés de s’aligner sur la concurrence étrangère.Cette hausse intervient au moment où la production électrique nationale est en croissance soutenue. L’énergie nette appelée a progressé entre juin et juillet de 9,52% à 1,95 million de Mégawatts/heure, selon l’ONE (office national de l’électricité). Les premiers à en pâtir sont résolument les PME. A en croire le président de leur fédération professionnelle, Hammad Kassal, «cette hausse réduira davantage les marges commerciales des petites structures, puisqu’elles ne peuvent pas la répercuter sur leurs prix de vente». Et pour cause, «la lutte commerciale acharnée du fait de l’ouverture du marché. D’autant plus que les concurrents directs des PME marocaines comme la Tunisie et la Turquie paient l’énergie beaucoup moins cher», souligne-t-il. Le président de la FPME cite sa structure comme exemple. «Les charges d’électricité représentaient entre 12 et 13% de notre coût de production. Après la hausse, cette proportion monte à 22%». Même les grands opérateurs des industries de transformation se sentent lésés par le renchérissement des tarifs de l’électricité. Badr Kanouni, directeur général de Settavex, plus grand investissement étranger dans le textile, affirme que «cette hausse ne permet pas aux exportateurs du secteur d’améliorer leur compétitivité». Bien que le fabricant de tissu pour jeans dispose d’une unité de cogénération, la part de la facture électrique dans ses coûts de production est passée de 7,24 à 7,74%. «Si nous n’avions pas édifié l’unité de cogénération, nous serions obligés de payer environ 32 millions de DH à l’ONE», souligne-t-il. Pour sa part, Youssef Bellemlih, directeur général de Plastima, une des références nationales de l’industrie du plastique, affirme que «la part de l’électricité dans les facteurs de production a progressé d’un point et demi après la hausse». Elle se chiffrait auparavant à 12%. «Nous ne pouvons pas répercuter la hausse de l’électricité et des dérivés du pétrole sur nos tarifs en raison de la concurrence chinoise qui casse les prix», indique-t-il. La situation est toute autre dans des industries lourdes où les opérateurs bénéficient de l’effet taille pour atténuer l’impact du renchérissement de l’électricité sur leurs coûts de revient. Chez Samir, l’électricité ne représente que 0,4% des charges puisque le raffineur produit lui-même une partie de son énergie. Mais il paie tout de même une facture d’environ 70 millions de DH par an à l’ONE, selon des sources bien informées. Cela dit, le surcoût n’aura aucun effet sur le prix facturé aux distributeurs. Bien qu’ils ne s’attendaient pas à cette hausse, les cimentiers, grands consommateurs d’électricité, ont tous engagé des mesures sérieuses d’économie d’énergie. La consommation moyenne d’électricité est ainsi passée de 120 à 90 kWh par tonne de ciment produite, selon l’APC (association des professionnels du ciment). Ces économies concernent également l’énergie thermique et l’eau. Grâce à ces mesures, les prix de vente du ciment ne vont certainement pas augmenter. D’autant plus que les professionnels doivent veiller à la satisfaction de leurs clients, engagés dans des chantiers de taille à travers le pays. En revanche, les cimentiers ne peuvent rien faire contre la hausse des frais de transport qui les oblige parfois à revoir leur prix légèrement à la hausse, selon l’APC.Sonasid, leader national de la sidérurgie, s’attend à une augmentation de 2% de ses coûts de production suite à la dernière révision des tarifs d’électricité qui constituent entre 20 et 25% de son prix de renvient. Toutefois, «cet impact sur les tarifs a été amorti grâce à des efforts d’amélioration sur les autres coûts de production», souligne-t-on chez le sidérurgiste.


    Quatre baisses en huit ans

    La dernière hausse intervient après une série de baisses initiée depuis la fin des années 90. En 1998, les tarifs du courant de très haute tension et haute tension (THT - HT) ont baissé de 2%, pour le volet optionnel seulement. La plus importante réduction de la série date de l’an 2000 où les THT-HT général et optionnel ont diminué de 13 et 17% respectivement. Quatre ans après, l’ONE a encore réduit les tarifs industriels de 7,4% pour le général et l’optionnel. Le cumul de ces réductions ressort à 20 et 26% pour les deux catégories.Par ailleurs, l’historique des tarifs de moyenne tension (MT) est rythmé par des baisses plus conséquentes. Les réductions ont démarré avec 5% en 1997. Les baisses allaient se poursuivre avec un pic en 2000 (17%). Le cumul s’établit en définitive à 34%.Nouaim SQALLI

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