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    Régie des Tabacs :

    Par L'Economiste | Edition N°:147 Le 29/09/1994 | Partager

    Après la nouvelle manufacture de production de cigarettes blondes de Aïn Harrouda, opérationnelle depuis août dernier, les travaux de construction du premier centre de battage de tabac du Maroc sont en cours d'achèvement. Ce centre entrera en service en mars 1995.

    Opérationnelle depuis le mois d'août dernier, la nouvelle manufacture de production des tabacs à Aïn Harrouda a nécessité un investissement de près de 768 millions de DH. Sa capacité de production est de 18 milliards de cigarettes par an (6 millions par heure). Chaque machine (à triple fonction de confectionneuse-assembleuse-ramasseuse), 40 au total, fabrique 5 à 6.000 cigarettes par minute, c'est-à-dire 18.000 paquets par heure. La production concernant la fabrication de 11 marques de cigarettes blondes marocaines a démarré pour la marque Marquise dont les ventes s'élèvent aujourd'hui à environ 17 millions de paquets par mois.

    Installée sur une superficie de 10 hectares dont 45.000m2 couverts, la manufacture comprend un sous-sol englobant un compresseur, une centrale de dépoussiérage, stockage d'eau, des locaux techniques... Elle comprend également un rez-de-chaussée, sur 30.000m2, pour le stockage du tabac, la production, la confection et le paquetage des cigarettes. Les bâtiments annexes comprennent une station service, une station de traitement des eaux, des guérites de contrôle...

    La manufacture de Aïn-Harrouda s'est dotée d'un système appelé G.T.C. (Gestion Technique Centralisée) pour le suivi automatique et informatisé de la production, fabrication, ventilation, climatisation, consommation de l'électricité...

    Il s'agit d'un système de câblage relié à des terminaux qui véhiculent des informations concernant la marche normale, la panne éventuelle ou le défaut au niveau de telle ou telle machine. Ces informations sont reportées directement au sein du GTC, étoffé d'une équipe de surveillance.

    Ce système, dont le coût est estimé à 10 millions de DH, est également programmé pour l'extinction des machines de production, de l'éclairage et du déclenchement des caméras de surveillance ainsi que de celui du système de protection d'intrusion.

    Un système de détection et de protection incendie est également prévu. Il s'agit d'un détecteur de fumée et de flammes. La nouvelle unité emploie, pour le démarrage, 250 personnes, pour atteindre un maximum de 500 personnes.

    Avant 1981, le contrôle de la qualité se limitait aux analyses chimiques des tabacs et des cigarettes et au contrôle du poids et du taux d'humidité. Depuis, les structures de contrôle ont été renforcées par l'acquisition d'équipements permettant le contrôle à tous les stades de la production, de la matière première au produit fini. Il est ainsi procédé, entre autres, à des analyses physico-chimiques des tabacs, au contrôle permanent des fournitures de fabrication et aux essais sur les nouvelles fournitures.

    Des actions de vulgarisation et d'assistance technique et financière ont été lancées auprès des planteurs.

    Ces derniers bénéficient de certains avantages leur permettant de produire des tabacs répondant aux normes de qualité exigées (graine, produits phytosanitaires, prêts aux séchoirs...). La culture, pratiquée par quelque 9.000 planteurs, couvre une superficie totale d'environ 5.500 hectares dans les régions d'El Hajeb, Ouezzane, El Haouz, Doukkala, Chefchaouen, Agadir, Aïn Dorrij, Rif, Loukkos et Gharb-Sud.

    20.000 tonnes de tabac brut traitées

    Quant au nouveau centre de battage d'El Moudzine, dans la région de Kénitra, il occupe plus de 18 hectares, dont 8.000m2 de surface couverte sur un seul niveau. Il comprend un bloc administratif sur 6.000m2, une partie réservée au stockage du produit avant et après battage sur 2.000m2. Le reste de la surface concerne la chaîne de production. Son objectif est de traiter, à partir de mars 1995, 20.000 tonnes de tabac brut par an, importé ou local. Le coût de l'opération est de 110 millions de DH.

    Ce centre de battage, expliquent les responsables du projet, permettra d'importer du tabac à prix réduit (le prix d'achat du tabac étant nettement supérieur à celui du tabac brut importé), donc de réduire les sorties de devises et de créer des emplois stables. Il permettra également à la Régie des Tabacs une autonomie au niveau du battage, qui se faisait jusque-là à l'étranger, ainsi qu'un traitement adéquat. Une fois le battage réalisé, les produits sont stockés séparément et expédiés vers les usines de production, notamment celle de Aïn Harrouda où débute la phase de préparation générale. Le choix du site s'explique par l'existence à Kénitra d'un centre de traitement préalable et d'expérimentation dans lequel est disposé tout le tabac produit localement.

    Outre l'existence du centre de traitement, la région bénéficie également d'une main-d'oeuvre déjà habituée à manipuler et traiter le tabac. Ainsi, le centre emploiera au démarrage 140 personnes dont 10 ingénieurs, 20 agents d'encadrement et 110 personnes d'exécution.

    La Régie des Tabacs en chiffres

    En 1993, la Régie des Tabacs a réalisé un chiffre d'affaires dépassant les 6,4 milliards de DH, soit une progression de 7,5% par rapport à 1992.

    La contribution au budget de l'Etat a dépassé les 4,6 milliards de DH avec une progression de 8% représentant plus de 3,4 milliards de DH de plus que l'année précédente.

    La Régie des Tabacs a par ailleurs réalisé un bénéfice excédant 490 millions de DH, record jamais atteint, et qui a progressé de 35% par rapport à 1991. Sur le plan des activités commerciales, l'évolution du volume des ventes a été particulièrement favorable, en comparaison avec les trois dernières années, et ce en dépit d'une conjoncture économique difficile. Le volume des ventes de cigarettes a atteint 14.000 tonnes en 1993.

    Ce résultat découle principalement de la croissance des ventes des cigarettes locales (+4,17%) avec une part de marché de 85% contre 13% pour les cigarettes importées. Globalement, en 1993, les brunes occupent une part de marché de 53% (34% pour les sans filtre et 18% pour celles avec filtre) contre 45% pour les blondes.

    Depuis 1982, et en l'espace de cinq ans, la Régie des Tabacs a créé une dizaine de marques. Actuellement, elle commercialise une trentaine de marques locales et autant de produits importés. Son réseau de vente compte 24 directions régionales et plus de 18.000 débits de tabacs.

    La Régie des Tabacs, au total, dispose de cinq usines de production, 24 centres de ventes, 16 établissements de culture de tabac. Elle emploie 2.883 salariés, 17.689 débitants de tabacs et plus de 8.865 tabaculteurs, soit un total de près de 235.000 personnes. Dans le domaine agricole, la Régie des Tabacs produit du tabac dans cinq régions du Maroc. Depuis 1985, a démarré la culture du tabac blond d'origine américaine, plus précisément de Virginie. La première production expérimentale s'est élevée à 100 tonnes de tabac sec.

    Par ailleurs, depuis fin 1991, le marché national a connu un afflux massif de cigarettes de contrebande en provenance notamment de Las Palmas et de la zone franche de Tanger. Cet afflux a entraîné des répercussions négatives sur les ventes de la société, mais aussi sur celles des centres de vente de Tanger, Tétouan, Oujda et Nador. Les dommages subis par la Régie des Tabacs, en 1991, se sont élevés à 220 millions de DH. Les quantités de cigarettes saisies en 1992 ont atteint 478.590 paquets contre 273.125 paquets en 1991, soit plus de 75,22%.

    M.O.

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