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    RAM: Risque de pourrissement du conflit

    Par L'Economiste | Edition N°:653 Le 06/12/1999 | Partager

    · L'enlisement de la grève sera préjudiciable à l'économie nationale

    · Les candidats à la Omra pris en otage


    Au troisième jour de la grève, la tension sociale est toujours vive à la RAM. L'arrêt du travail observé par les employés de la compagnie (à l'exception de quelques cadres) a été reconduit jusqu'aujourd'hui matin. La nouveauté est l'entrée en lice de l'UMT dans le mouvement, soupçonnée pourtant d'être proche de la Direction.
    A l'heure où nous mettions sous presse, rien ne laissait présager l'issue d'un conflit dont l'enlisement risque de coûter cher à la compagnie et à l'économie nationale. La décision a été prise avant-hier vers minuit au terme des assemblées générales très animées de différents corps de métiers. Dans un communiqué, les syndicats motivent la poursuite la grève par "l'obstination de la Direction à vouloir traiter les problèmes d'une manière sectaire et devant le refus d'entamer des négociations responsables".
    En tout cas, du côté des grévistes la détermination est intacte: "Faute d'engagements écrits et de signaux forts, il n'y a aucune raison d'arrêter le mouvement" confiait un délégué de retour de l'entrevue d'avant-hier après-midi à Rabat avec M. Khalid Alioua, ministre de l'Emploi. Pour lui, "le ministre cherche à gagner du temps pour les pousser à la reprise du travail. Le porte-parole du gouvernement qui est intervenu sur demande du Premier ministre s'apprêtait même à publier un communiqué annonçant la suspension de la grève après avoir pris l'engagement de régler en priorité la question de la mutuelle et d'obtenir le gel de la traduction d'un pilote en conseil de discipline. C'est donc tout surpris qu'il apprit la poursuite du mouvement de grève.


    Mais en face ses interlocuteurs souhaitaient un document écrit en titre de garantie. C'est un camouflet que les grévistes de la RAM ont infligé au gouvernement qui tentait de rapprocher les positions des employés et du management de la RAM. Jusqu'où les grévistes sont-ils prêts à aller? Il n'est pas sûr qu'en s'enlisant le mouvement continue de bénéficier de la sympathie de l'opinion publique surtout que pour beaucoup de gens, les employés de la RAM ne sont pas les plus mal lotis du marché de l'emploi.
    Alors qu'ils étaient déjà victimes d'une spéculation sur les réservations, des milliers de citoyens qui s'apprêtaient à se rendre à la Omra se retrouvent pris en otage. Tout comme, les compagnies étrangères qui subissent des effets collatéraux de cette grève, le personnel au sol et d'assistance à l'aéroport ainsi que les bagagistes s'étant joints au mouvement.
    Pour la RAM, c'est sur le plan commercial que les choses risquent de faire très mal. La compagnie était sur une grosse opération de chaînes de charters au départ de l'Espagne pour ce week-end du vendredi 3 au dimanche 5 décembre. En cas de poursuite de la grève, elle prédit une catastrophe pour la destination marocaine sur le marché ibérique.


    Attitudes plurielles


    Malgré les apparences de l'union sacrée des organisations syndicales, la stratégie de la gestion de cette crise ne fait pas l'unanimité. Grosso modo, deux camps se dégagent. Au sein des corps des pilotes par exemple (l'AMPNT notamment), il existe un courant conciliant, certes minoritaire, qui pousse à la modération, alors que les délégués, eux, prêchent pour une position plus radicale. Les autres organisations également (personnel navigant commercial et techniciens) sont partisanes d'un bras de fer.
    Que plusieurs des revendications des grévistes soient légitimes ou qu'il y ait des problèmes de management ou de dialogue à l'intérieur de l'entreprise, c'est possible, mais il reste qu'à vouloir adopter la politique du tout ou rien, ils se placent dans une position où il sera difficile de sortir et poussent les observateurs à s'interroger sur ce que cache réellement ce durcissement.

    Abashi SHAMAMBA

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