×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Rabat: Comment Boutaleb a relancé l’université Mohammed V-Agdal

    Par L'Economiste | Edition N°:3394 Le 29/10/2010 | Partager

    . Elle est désormais connectée à l’international. 265 accords de coopération et valorisation de la recherche. Après 9 ans, son mandat s’achève en décembre prochain«TOUT ce qui a été entrepris est acté. Les publications servent la démarche d’accumulation. Il s’agit de préparer le champ au prochain président pour qu’il ne parte pas de zéro». L’affirmation de Hafid Boutaleb Joutei, président de l’université Mohammed V-Agdal de Rabat, a été faite à l’occasion de la présentation de la rentrée universitaire 2010-2011 à la presse mercredi dernier. Un exercice classique, mais qui montre une hausse de 24,72% par rapport à l’année dernière des nouveaux inscrits, soit 6.216 étudiants. Cette montée en puissance s’explique par l’ouverture de nouvelles filières, par la diversité et la qualité de l’offre de formation. Cela s’inscrit dans le cadre du projet de développement 2009-2012 de l’université du programme d’urgence.Le président s’intéresse également à l’insertion des lauréats dans le monde du travail. Ainsi, le taux d’insertion, 6 mois après l’obtention des diplômes, est de 24% pour les lauréats des licences et de 29,2% pour les masters.Cette rentrée universitaire coïncide avec la fin du mandat du président qui se termine en décembre prochain. Après presque 9 ans à la tête de cette université, c’est l’heure des bilans. L’une des qualités de Boutaleb est d’avoir été un bâtisseur. Ainsi, il a construit le siège de l’université et la bibliothèque de l’université, «la seule au Maroc. Les autres universités ont des bibliothèques dans les établissements», précise-t-il. A cela s’ajoutent les cybercafés créés dans les établissements dépendant de l’université comme c’est le cas de l’Ecole Mohammadia des ingénieurs. «La réforme a introduit le système des modules qui implique des groupes d’étudiants plus réduits. Les salles de cours devaient être de taille humaine. La plupart des enseignants accueillaient les étudiants dans les cafés. Aujourd’hui, ils ont un bureau», dit-il en substance. Schématiquement, Boutaleb a presque doublé la superficie universitaire construite qui est passée à 135.000 mètres carrés contre 90.000 auparavant. Il voulait coûte que coûte que Rabat s’approche des standards internationaux. Outre la mise à niveau des infrastructures, le président a introduit des éléments de modernisation de la vie universitaire, avec notamment du matériel scientifique et informatique. Les établissements ont été équipés en vidéoconférence.Sur un autre plan, le président de l’université a anticipé sur les évolutions de la société, en accordant un rôle plus important à la recherche. Tout en valorisant la production, il a cherché à ce que l’université devienne visible à l’international. L’intégration des enseignants chercheurs dans des structures de recherche s’est développée au point d’atteindre 85% en août dernier. L’université a produit 280 publications dans des revues indexées de septembre 2009 à août dernier. De même, trois demandes de brevets d’invention ont été déposées à l’Ompic. L’université a drainé des fonds dans le cadre de la contractualisation avec le privé. Cette année, ce budget s’est élevé à 17,5 millions de DH. On s’attend à une augmentation du chiffre d’affaires des activités contractuelles de manière à atteindre une couverture de 40% des frais alloués à la recherche.Dans cette perspective, le président a créé une société anonyme de valorisation de la recherche. Selon le business plan arrêté, les recettes de l’université devraient tripler pour atteindre 50 millions de DH. Visiblement, les ministères des Finances et de l’Enseignement supérieur ne semblent pas s’inscrire dans cette direction. Le projet est bloqué alors qu’on demande à l’université de diversifier ses recettes. «En fait, il y a un problème de vision politique de la place du Maroc. Les décideurs publics ne sont pas convaincus de la portée de la recherche», note le président.Le bilan de Boutaleb à la tête de l’université peut être établi sous l’angle de la coopération internationale. Le président aime qualifier ce volet de diplomatie universitaire qui permet d’échanger sur d’autres plans politiques plus importants. En effet, l’université MohammedV-Agdal a développé 265 accords de coopération dont la moitié avec l’Europe, les Etats-Unis, l’Amérique du Sud, la Chine et le Japon. «C’est la seule université du monde arabe qui a autant de relations à l’international, à travers des échanges d’enseignants et d’étudiants», s’enorgueillit le président. Cette visibilité à l’étranger se fait par la capacité scientifique. D’ailleurs, la tendance générale est au regroupement des universités et non à l’émiettement, fait-il remarquer. C’est le cas en France où trois universités se sont unifiées pour en constituer une seule. Rabat s’est inscrite dans le même mouvement, avec le Pres (pôle de recherche et d’enseignement supérieur), signé devant le Souverain. Mais ce projet n’a toujours pas d’existence juridique, ni de source de financement. «Pour placer les pôles de recherche dans la compétitivité internationale, il faut une politique claire. Le Pres est un moyen pour la renforcer», souligne Boutaleb. L’un des volets du rayonnement à l’international de cette université réside dans les cotutelles de thèses au nombre de 150 dont l’écrasante majorité avec la France. A cela s’ajoute la création de licences et filières langues en portugais et en chinois. A Abou Dhabi, Boutaleb a ouvert une annexe de son université, à côté d’une université de New-york et la Sorbonne (Paris).


    Apprentissage de la démocratie

    LE conseil d’université a été une bonne école pour l’apprentissage de la démocratie. La difficulté a consisté dans le passage d’un conseil consultatif à un organe décisionnel, avec des représentants des étudiants, des fonctionnaires, des enseignants et des personnalités du monde économique qui pouvaient avoir le sentiment de perdre leur temps. Le challenge de Boutaleb est d’éviter au conseil de devenir une chambre d’enregistrement des revendications. Il en fait une structure qui statue sur les questions, notamment, pédagogiques et académiques. Sa prouesse? Il a su ramener les opposants à s’approprier les décisions du conseil. Sa personnalité et son expérience politique à la tête de la municipalité d’Agdal- Riad à Rabat l’ont certainement aidé dans cette tâche difficile.M.C.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc