×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Régions

Provinces du Sud
Le programme villages de pêche bien avancé

Par L'Economiste | Edition N°:3472 Le 23/02/2011 | Partager
Un investissement de 915 millions de DH
143 projets achevés sur 278
Problématique d’affectation des lots d’habitat

Les villages de pêche sont appelés à engendrer 16.200 emplois directs et 10.800 indirects

FAIRE basculer le segment de la pêche artisanale du secteur informel vers le secteur réglementaire et structuré. C’est l’une des optiques du Programme de réalisation de 10 Villages de pêche (VDP) dans les provinces du Sud du pays. Le projet permettra de développer la pêche artisanale, l’activité halieutique étant génératrice d’emplois stables parallèlement à la préservation des ressources naturelles.
«Ce renforcement de l’armature urbaine du littoral des provinces du sud engendrera la structuration de la chaîne de commercialisation et de valorisation des produits de la mer», explique un responsable à l’Agence du Sud. Ainsi, les pêcheurs pourront bénéficier de bonnes conditions de travail et d’habitat, le bien-être des populations étant une priorité du programme. D’un autre côté, des espaces et activités seront mis en place pour l’intégration sociale et professionnelle des jeunes.
Le programme VDP, qui s’étale de 2005 à 2011, a nécessité un investissement de 915 millions de DH financé par trois partenaires: l’ONP à hauteur de 150 millions de DH, le Fonds Hassan II avec 124 millions de DH et l’Agence du Sud avec 641 millions de DH. Le nombre de projets s’élève à 278 dont 143 ont été achevés à fin 2010.
Pour ce qui est de la composition des villages, ils contiennent chacun une zone habitat portant sur la viabilisation de lots et leurs équipements socio-collectifs, une zone de pêche comprenant les installations commerciales et les magasins de pêche et des travaux hors site relatifs aux routes d’accès et à l’alimentation en eau et électricité pour un désenclavement certain. Des halles aux poissons sont aussi prévues dans chaque village vu leur rôle capital dans les transactions entre les acteurs économiques de la filière. Situées au centre de chaque zone, elles permettront d’organiser et de développer les ventes et les flux financiers y afférents.
Les 10 villages de pêche se répartissent entre les provinces de Laâyoune (Amégriou, Tarouma); Boujdour (Agti El Ghazi, Aftiessat); Oued Eddahab (Imoutlane, N’Tireft, Lassarga, Labouirga, Ain Beida) et Aousserd (Lamhiriz). La population actuelle des villages de pêche est de 14.000 personnes. A moyen terme elle devrait atteindre 47.000, selon les données fournies par l’Agence. Ces villages de pêche sont appelés à engendrer 16.200 emplois directs et 10.800 indirects, soit 27.000 au total.
Il faut toutefois signaler que certains sites connaissent quelques blocages. Ainsi, Lassarga est conçu pour 600 barques alors que le nouveau plan d’aménagement poulpier en prévoit 1.200. Le site étant situé sur la presqu’île de Dakhla, il s’agit de faire un choix stratégique entre un déficit en équipements à combler après reprise des études urbanistiques ou à l’inverse revoir à la baisse le nombre de barques à Lassarga. A Ain Beida, un programme d’urgence a été mis en place par l’Agence et les autorités locales en plus de la réalisation d’une halle aux poissons. Cependant, ces réalisations ne sont pas encore fonctionnelles. Ce site est actuellement un site satellite de celui de Labouirda. Les responsables se demandent s’il faut maintenir sa programmation ou bien la différer jusqu’à avoir une visibilité quant à son maintien avec le département de la Pêche maritime, sachant que les dossiers de consultation des entreprises (DCE) de la zone de pêche sont prêts à être lancés.
D’un autre côté, l’habitat provisoire aussi pose problème. Vu le nombre important de la population engagée dans la pêche au poulpe (environ 14.000 personnes) et vu sa nature saisonnière, l’hébergement de cette catégorie est l’un des sujets non encore solutionnés par les pouvoirs publics. L’habitat des saisonniers est coûteux, il est par contre possible de le solutionner si les pouvoirs publics mettent les moyens nécessaires en partenariat avec la population cible. Il faut signaler que l’Agence du Sud a financé jusque-là un montant d’environ 50 millions de DH destiné aux programmes d’accompagnent des campagnes de poulpe sans pour autant avoir les impacts escomptés.
Toujours concernant les lots d’habitat, la problématique reste posée quant aux critères de leur affectation et le financement de l’auto-construction. Trois possibilités se profilent dans ce sens: soit l’octroi des lots aux propriétaires des barques pour des considérations de garanties liées à la licence et à la simplicité d’octroi car la cible est répertoriée. Soit l’affectation des lots aux permanents mariés, sachant que l’un des objectifs stratégiques du programme est la sédentarisation des populations. Ou enfin, l’affectation aux propriétaires des baraques en vue de l’éradication de l’insalubrité.
Concernant le financement de l’auto-construction, les réunions tenues avec les professionnels ont révélé le souhait des populations d’être appuyées pour la construction de leurs logements en argumentant que l’Etat se doit de les considérer sur un même pied d’égalité que les bénéficiaires des programmes d’habitat dans les villes de Boujdour, Laâyoune et Dakhla. Dans ce sens, un appui de 40.000 DH par lot serait utile au processus d’auto-construction ainsi qu’à la qualité des logements dans les villages de pêche.


Gouvernance


POUR ce qui est de la gouvernance, la mise en place de ce programme a fait l’objet de la création par les partenaires d’une structure dédiée appelée «Unité de gestion des villages de pêche». Si la création de cette unité est possible pendant la durée du projet, la nécessité de créer des structures locales similaires pour chaque village de pêche pour le suivi à moyen et long termes des actions de mise en route des projets réalisés est plus que jamais nécessaire. Cela en attendant que les communes prennent réellement en charge leurs prérogatives de gestion de ces villages.


De notre correspondante,
Fatiha NAKHLI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc