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Economie

Produits bancaires islamiques
Pas encore d’engouement

Par L'Economiste | Edition N°:2624 Le 04/10/2007 | Partager

. L’offre non déployée dans les guichets. Le conseil des ouléma favorable à l’offre. «Alternatifs» ou «conventionnels»: mêmes règles de rémunérationA la veille de la commercialisation des produits financiers islamiques, le marché est encore incertain par rapport à l’engouement de la clientèle pour cette offre et son impact sur l’activité des établissements financiers. «Il est difficile de parler de rush sur les trois produits dès leur lancement. Les clients prendront le temps de s’informer sur les conditions des financements alternatifs avant de prendre leur décision», lance Lhassane Benhalima, responsable du département de la réglementation et des agréments à la direction de supervision bancaire (DSB) de Bank Al-Maghrib (BAM). En tout cas, le jour d’entrée en vigueur de la recommandation de Bank Al-Maghrib autorisant la commercialisation de Ijara, Moucharaka et Mourabaha, les clients n’ont pas montré d’intérêt particulier pour ces produits, du moins à Casablanca. Les agences étaient plutôt préoccupées par la souscription à l’introduction en Bourse d’Atlanta. Peu de gens demandaient des informations sur les produits islamiques. D’ailleurs, les banques n’avaient rien à leur répondre. L’offre n’était pas encore déployée le 1er octobre. Les chargés de clientèle affirmaient ne rien connaître sur le sujet. Ils renvoyaient les clients vers le siège ou leur demandaient de revenir quelques jours plus tard.Mais la commercialisation des produits halal ne saurait tarder, selon des sources proches du dossier. Les banques complètent la formation de leur personnel par rapport aux conditions de l’offre et la forme des contrats. . Concurrence«En tout cas, les nouveaux produits ne risquent pas de piétiner sur la part de marché de l’offre actuelle. Les pays qui nous ont devancé dans ce domaine n’ont pas connu ce phénomène», indique Abderrahim Bouazza, directeur de la supervision bancaire à Bank Al-Maghrib. Toujours est-il qu’une large frange de la clientèle attend depuis des mois les produits islamiques. Cette tendance a même contribué au renchérissement de l’immobilier à Casablanca, selon nos sources. «C’est tant mieux, l’engouement de la clientèle ne peut que profiter aux banques. Mais il faut attendre les premières statistiques pour le mesurer», souligne-t-il. . Halal ou pas... et à quel coût? En attendant, les clients se posent encore beaucoup de questions sur les trois nouveaux produits. Tout d’abord, ils se demandent s’ils sont réellement Halal. «Cela veut-il dire que les produits conventionnels sont Haram?», interrompt Benhalima. «Nous ne sommes pas dans cette logique de labellisation. Ce sont des produits alternatifs conformes aux standards internationaux qui viennent compléter l’offre existante», poursuit-il.En effet, les contrats liés aux trois solutions sont alignés sur les règles de l’AAOFI (Audit & Accounting Organisation for Islamic Financial Institutions) qui siège à Bahraïn. De plus, l’équipe chargée du projet a tenu deux réunions de consultation avec le conseil religieux suprême présidé par le Roi. «Nous ne voulions pas avoir leur aval. Il était juste question de sonder leur avis. Ils ont bien accueilli l’offre et nous ont même demandé de l’étoffer», précise Bouazza. Le deuxième souci de la clientèle est lié au coût des formules alternatives. Sur quelle base leur rémunération sera-t-elle calculée? Seront-elles plus chères que les financements conventionnels?«Quand on parle de produits alternatifs, il n’y a pas lieu d’évoquer les taux d’intérêt. La banque perçoit une rémunération qu’elle étale sur la durée de remboursement», précise Nabil Badr, chargé d’étude au département de la réglementation et des agréments à la DSB. «Le caractère alternatif de ces produits ne réduit pas pour autant cette rémunération. Les banques se baseront toujours sur le coût de l’argent, le profil de risque du client et la durée du financement pour déterminer le coût», note Asmaa Bennani, chef de service au même département. Ceci dit, le mode de rémunération des produits alternatifs sera assimilé à celui de leurs «équivalents» dans l’offre conventionnelle. Ainsi, pour la Ijara, aussi bien tachghilia (location simple) qu’assortie de l’Iqtinaa (location avec option d’achat ferme), les banques utiliseront les mêmes critères de valorisation du leasing. Pour ce qui est de la Moucharaka, la banque et son client fixeront conjointement un taux de rendement interne, un horizon d’investissement et des conditions de sortie comme c’est le cas dans le capital investissement. Pour ce qui est de la Mourabaha, assimilée au crédit à la consommation, le TMIC (taux maximum d’intérêts conventionnels) constituerait un référentiel de financement. Il n’y a donc que les appellations et la nature des contrats qui différencient les offres alternative et conventionnelle. Reste à savoir laquelle des deux offres sera la plus chère. «Il est difficile de trancher cette question, car cela dépend de plusieurs paramètres propres aux banques, tels que la marge et la situation concurrentielles. Mais pour des profils de risque similaires, il n’y a pas de raison pour que l’offre alternative soit plus chère», conclut Bouazza.


Prochaine étape: Salam et Istisnaa

La direction de supervision bancaire a déjà initié la réflexion autour de deux autres produits islamiques, en dehors des trois déjà autorisés. Il s’agit d’abord du Salam, un contrat de vente avec livraison différée de la marchandise. Le deuxième produit appelé Istisna est «un contrat d’entreprise en vertu duquel une partie demande à une autre de lui fabriquer ou construire un ouvrage moyennant une rémunération payable d’avance, d’une manière fractionnée, ou à terme. Bank Al-Maghrib reste à l’écoute de la profession et du marché pour prévoir des produits adaptés à leurs besoins. N.Sq.

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