×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Vous êtes 112.291 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 136.119 articles (chiffres relevés le 25/5 sur google analytics)
eleconomiste
Entreprises

Pour relancer la consommation : Pain: Les Européens prennent les recettes marocaines

Par L'Economiste | Edition N°:224 Le 04/04/1996 | Partager

L'AIM entreprend des actions de promotion afin de relancer la consommation du pain, particulièrement en Europe. Cette année, les membres ont choisi le Maroc pour discuter des stratégies à mettre en place et s'enquérir des facteurs explicatifs du succès de cet aliment dans le pays.

Le mot "blé" est souvent utilisé pour signifier l'argent et la formule "gagner son pain" comme équivalent de travailler. En religion, le pain est sacralisé. Même si un adage dit que "l'homme ne vit pas uniquement de pain et d'eau fraîche", c'est un aliment qui constitue le symbole de la substance nourricière. Produit banalisé par excellence, il cache cependant un important enjeu financier, d'autant plus qu'il constitue le principal débouché pour la meunerie. Inquiétés par la réduction continue de la consommation dans leurs pays respectifs, les minotiers européens, français en particulier, ont entrepris une véritable croisade pour que le pain redore son blason d'aliment utile. Cette année, l'AIM, Association Internationale de la Meunerie, a choisi le Maroc pour relancer sa campagne de promotion. Cependant, le choix d'un pays où la consommation est déjà importante, pour promouvoir le pain, peut paraître contre nature. Pas du tout, rétorque M. Jacques Mouchard, président de l'AIM, qui souligne que le lieu constitue "tout un symbole pour l'Association". Il explique qu'il s'agissait, "outre la réponse à l'invitation de la meunerie marocaine, de venir voir sur place pourquoi la consommation du pain est aussi importante". En effet, selon Mme Lahbabi, professeur à l'IFIM, Institut de Formation de l'Industrie Meunière, qui précise toutefois que les chiffres varient en fonction du niveau social, un Marocain adulte consomme en moyenne 500g de pain par jour (100 pour le petit déjeuner et 200 pour chacun des deux autres repas), soit 185 kg/an. La farine représente 30% de l'apport nutritionnel de la population, fait remarquer M. Ghali Sebti, président du CPM (Comité Professionnel de la Minoterie).

185 kg par an

Le Maroc se place donc loin devant plusieurs pays occidentaux. En Allemagne, la consommation annuelle se situe à 75kg/h ab., contre 71kg en Italie, 69 en Autriche, 67 en Espagne et 60 aux Pays-Bas. Avec près de 39 kg par an, l'Anglais se présente comme l'un des plus faibles consommateurs de pain. Quant aux Français, il en prend environ 56kg/an. Par rapport au début du siècle, la consommation a considérablement chuté dans ce pays. De 620g en 1920, l'apport quotidien du pain dans l'alimentation représente actuellement moins de 160 g. Cette même tendance est observée en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni, alors que la progression est maintenue en Autriche, en Allemagne et aux Pays-Bas dans une moindre mesure. Il est constaté, d'après des chiffres de 1992 publiés par l'AIM, que les pays qui ont investi le plus dans la communication tiennent le cap.
l
Tirant cette leçon, les minotiers français vont dépenser à terme une enveloppe de 30 millions de FF, soit près de 50 millions de Dirhams, pour une campagne de 14 mois devant être bouclée en juin 1996. Il s'agit, par cette action, de mettre en relief les apports nutritionnels de cette alimentation souvent associée à tort à l'obésité. En réalité, les nutritionnistes soulignent que le pain constitue un aliment clef de l'équilibre nutritionnel de l'homme. Son apport en glucides complexes sous forme d'amidon représente 55g pour 100g de pain blanc. Il est précisé que, contrairement aux autres aliments riches en glucides dont la glycémie s'élève dans les heures suivant leur prise, les glucides du pain sont assimilés lentement et provoquent une faible augmentation de la glycémie. Pour une ration alimentaire de 2.700 Kcal, l'homme adulte devrait consommer quotidiennement environ 300g de pain, soit 675Kcal. Cependant, des préoccupations diététiques et son remplacement par d'autres aliments en décident autrement. Le Maroc se démarque cependant des pays européens même s'il existe une tendance à l'occidentalisation, source de transformation des habitudes alimentaires.
Explications: "c'est d'abord un aliment économique qui apporte les calories au coût le moins élevé", note M. Mohamed Larbi Sidmou, professeur de sciences économiques à l'Université Cadi Ayyad de Marrakech et spécialiste en management agroalimentaire. Il indique par ailleurs que "le pain représente l'élément essentiel du plat traditionnel parce qu'il renvoie à la sauce qui est souvent abondante". La boulangerie et la minoterie industrielle qui, selon M. Sebti, réalisent environ 31% des investissements dans l'agroalimentaire et 18% de la valeur ajoutée, peuvent donc être tranquilles. Le seul problème reste la qualité de la farine. A la veille de la libéralisation, elle devient avec persistance un atout majeur pour toute la filière du blé. La variété des produits offerts par les boulangers constitue un autre défi. En Europe, la recherche est déjà portée sur les pains spéciaux renforcés en minéraux et en vitamines et les pains spécifiques pour différentes catégories de personnes: femmes enceintes, sportifs, enfants, personnes âgées par exemple.

Alié.Dior.NDOUR.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc