×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Poisson: Baisse des prix intérieurs

    Par L'Economiste | Edition N°:196 Le 21/09/1995 | Partager

    Hausse du tonnage des débarquements, baisse des prix à la consommation sur le marché intérieur..., l'impact de l'arrêt de pêche communautaire, même s'il n'est pas encore significatif, commence à être visible. En revanche, les exportations de conserves régressent.


    Après avoir piétiné plusieurs mois, les contours d'un nouvel accord de pêche entre le Maroc et l'Union Européenne devraient se dessiner avant la Conférence euro-méditerrannéenne de Barcelone prévue pour la fin novembre (voir encadré).
    Pour l'heure, les deux parties campent toujours sur leurs positions. La fermeté de la position marocaine a entraîné l'arrêt des activités de la flotte communautaire au lendemain de l'expiration de l'accord le 30 avril 1995.
    Bien que jugée trop courte pour établir une évaluation significative, la période d'arrêt a néanmoins laissé apparaître quelques incidences aussi bien positives que négatives.
    Ainsi, à fin juillet, il a été constaté une hausse de près de 24% en tonnage et 19% en valeur à fin juillet 1995 sur la production halieutique de la flotte côtière marocaine. Cette augmentation résulte essentiellement de l'activité sardinière des ports du Sud, selon les professionnels.
    Les débarquements, tous produits confondus, sont de l'ordre de 253.000 tonnes et ont été effectués pour 93% sur la côte atlantique. Ces débarquements portent en majorité sur les espèces pélagiques, soit environ 85% du total.

    Quant aux débarquements en poisson de fond, ils ont faiblement varié.
    D'une manière générale, cette hausse des débarquements a eu pour conséquence directe une baisse des prix du poisson à la consommation sur le marché intérieur.
    Pour le poisson débarqué en Méditerranée, le prix moyen du kg de poisson blanc a chuté durant la période d'arrêt, passant de 11,96 DH en 1994 à 8,41 en 1995. Les crustacés, pour leur part, ont connu une baisse de près de 32%. Les prix sont tombés de 70,64 DH en 1994 à 48,08 cette année. En revanche, les céphalopodes ont enregistré une hausse de près de 20%, à 19,88 DH/kg durant la période d'arrêt.
    Pour le poisson débarqué sur l'Atlantique, le poisson blanc a chuté en moyenne de près de 8%. Par contre, les crustacés et les céphalopodes ont augmenté respectivement de près de 40% et 2%.

    Chute des exportations de conserves


    Si l'impact sur les débarquements est mesurable, en revanche, il l'est moins pour ce qui est de la reconstitution des ressources halieutiques. Bien que des bans de poissons aient été repérés sur la côte atlantique, les spécialistes affirment qu'une augmentation des stocks ne peut résulter que d'une reproduction des poissons. Le cycle biologique des espèces exploitées varie entre 6 mois et plus d'un an; or, la période d'arrêt de pêche communautaire n'est que de 5 mois.
    En aval, les premières répercussions de l'arrêt ont été par contre ressenties particulièrement par le secteur de la congélation, qui a accusé une baisse de 33% du tonnage traité par rapport à la même période en 1994. En revanche, les usines de transformation des sous-produits ont enregistré une augmentation de leurs matières premières: 104.400 tonnes contre 73.800 tonnes en 1994.
    Pour la pêche hauturière, les incidences sont également favorables sur les céphalopodes, pour lesquels les professionnels prédisent "une bonne année". Côté poisson noble, en revanche, aucune amélioration n'est constatée. L'APAPHAM estime qu'il faudra près de 10 ans pour revenir à une situation normale.
    Quant aux exportations des produits de la mer, le volume a faiblement varié entre janvier et juillet, selon l'Office des Changes. Les exportations sont chiffrées à 1,2 milliard de DH en 1995 contre 1,1 milliard en 1994. Les expéditions de poisson frais, crustacés, mollusques et coquillages ont augmenté de plus de 15%.
    En revanche, les exportations de poisson en conserve ont chuté de près de 11%. Ce déclin résulte principalement de la limitation des exportations de la conserve de sardines à destination de l'UE.
    Durant la période d'arrêt de la pêche communautaire, 7.000 tonnes de conserves de sardine auraient été exportées, alors que 4.800 tonnes se trouveraient toujours sous douane.

    Fatima MOSSADAQ.


    Pêche-Union Européenne

    Le déblocage avant la Conférence
    de Barcelone?

    Un dead-line est fixé. Les officiels, que ce soit pour la partie marocaine ou européenne, sont d'accord sur ce point: le problème de la pêche devra être débloqué avant la Conférence euro-méditerranéenne de Barcelone des 27 et 28 novembre prochain.
    "Il est impensable que cette Conférence se déroule sans la présence du Maroc", a affirmé Mme Emma Bonino, commissaire européen à la Pêche, après sa rencontre avec S.M. le Roi Hassan II le 14 septembre.
    Lors de l'interview accordée à TV5, à la question de savoir si le Maroc allait faire preuve de plus de "flexibilité sur ce dossier", S.M. le Roi Hassan II a précisé qu'il était pour le roseau et non pour le chêne. Une condition, toutefois: l'Europe doit faire preuve d'imagination et élaborer un traité sui generis à la pointure du Maroc.
    L'objectif est d'achever les négociations sur la pêche avant le démarrage de la Conférence de Barcelone, "pour que celle-ci puisse être un succès".

    En conséquence, "les négociations doivent reprendre à la fin de cette semaine, au plus tard lundi 25 septembre", a précisé Mme Bonino qui devait présenter son rapport à la Commission Européenne le mercredi 20. Si le délai pour trouver un compromis est maintenant consensuel, en revanche, les termes de la conclusion d'un nouvel accord ne vont pas être aisés.
    "Les intérêts réciproques des deux partenaires sont mieux compris", affirme Mme Bonino. Elle poursuit: "les enjeux politiques et stratégiques sont de taille". Néanmoins, ces propos ont été réaffirmés à chaque visite de Mme Bonino, sans qu'aucun progrès n'ait été enregistré au niveau des négociations. La présidence espagnole du Conseil de l'Union Européenne risque de rendre la tâche encore plus difficile, d'autant plus que les lobbies s'expriment avec de plus en plus de vigueur.
    Rappelons que les négociations Maroc-UE pour la conclusion d'un nouvel accord de pêche avaient été interrompues le 28 juillet à Bruxelles suite à l'échec du sixième round.
    Les positions des deux parties restent encore éloignées. La demande marocaine de réduire l'effort de pêche de 50 à 65% selon les espèces est loin des 25% de la proposition européenne.
    Concernant la position marocaine, pour l'heure aucun changement n'a été affiché. Quant à la position européenne, pour ne pas dire espagnole, elle est tout aussi ferme.

    Fatima MOSSADAQ.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc