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    Economie

    Sala Al Jadida : Première ville satellite

    Par L'Economiste | Edition N°:196 Le 21/09/1995 | Partager


    Plus qu'une opération de recasement, Sala Al Jadida se veut un modèle urbanistique au niveau de la création de villes satellites. La ville tend à être un brassage de populations et un lieu éducatif. Il s'agit d'un projet au coût de 5,5 milliards de DH dont la maîtrise d'ouvrage a été déléguée au Ministère des Travaux Publics.


    Une ville satellite à l'agglomération de Rabat-Salé est en train d'être créée. Il s'agit de la Sala Al Jadida. La durée de sa création, de 4 à 5 ans, constituera un record. Mais ce court délai impose aux responsables du projet une attention particulière pour qu'une ville à part entière soit réellement mise en place.
    L'idée de création de Sala Al Jadida a démarré lorsque SM le Roi a offert, en juillet 1992, à la ville de Salé un terrain de 175 hectares dans la commune de Hssaine. L'objectif de la nouvelle cité est double: mettre à la disposition des populations à bas revenus un logement social et faire de cette cité un modèle urbanistique.
    Un premier projet a été conçu par le cabinet Pinsceau, mais il n'a pas été jugé conforme aux besoins. Un groupement de quatre architectes marocains (MM. Benchemsi, Bouayad, Chami et Slimani) a alors pris en mains le projet pour le dessiner dans un délai record de 6 mois, aidé en cela par l'outil informatique.
    Le but de ce groupement de jeunes architectes a été d'imaginer une ville qui puisse de par sa complexité faire intégrer sa population. Cette recherche de complexité a été conçue par la réalisation d'une hiérarchie d'entités d'importance décroissante entre la cité, les "hays" et les "houmas". La cité sera traversée par une Avenue Royale qui la décomposera en deux "hays", eux-mêmes organisés autour de plusieurs "houmas".

    Hiérarchisation des équipements


    Par ailleurs, les équipements, suivant leur importance, sont eux-mêmes classés au niveau de la cité, du hay ou de la haouma. Ainsi, par exemple, au niveau de la Cité sont prévus un hôpital, un équipement culturel, une maison de jeunes, un marché en plein air et un parc urbain ou central. A l'échelle du hay, plusieurs équipements sont au programme, dont un centre de santé, un lycée, un grand terrain de sports, un commissariat de police, une poste, une perception et enfin un cinéma. Seront localisés au niveau de chaque hay un dispensaire, une mosquée, un collège, deux écoles primaires, un centre de qualification professionnelle, deux terrains de jeux pour adolescents et un jardin public. En vue de la coordination de l'ensemble du projet, le Ministère des Travaux Publics reçoit la maîtrise d'ouvrage délégué.
    L'objectif affiché est donc d'éviter que Sala Al Jadida ne devienne une ville-dortoir. Toujours dans le souci d'intégration, les groupements humains seront organisés suivant un brassage social, puisque sont prévus 12.500 logements sociaux et 7.500 logements promotionnels, sachant qu'un autre objectif de ces derniers est d'assurer un équilibre financier du projet. De même, la cité se veut un lieu éducatif, tout d'abord au niveau du logement qui a la capacité d'abriter tous les membres d'une famille, au niveau de l'immeuble qui regroupe au maximum 24 familles, et enfin au niveau des haoumas, du hay et de la cité qui disposent d'équipements culturels et sportifs.

    Population à faibles revenus


    Une étude a pu être réalisée pour déterminer les besoins des familles défavorisées de la préfecture de Salé. Elle a déterminé les besoins à 10.000 logements sociaux. Néanmoins, Sala Al Jadida ne prévoit que 3.000 logements pour le recasement des bidonvillois, car le Ministère de l'Habitat possède déjà dans son programme le recasement de 7.000 familles.
    Les logements sont également destinés aux ménages habitant les foundouks et maisons menaçant ruine au sein de la médina de Salé (1.000 ménages), des oeuvres sociales des départements ministériels et offices publics (3.500 ménages) et des oeuvres sociales des Forces Armées Royales, de la Gendarmerie Royale, des Forces Auxiliaires et de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (3.500 ménages). De plus, un volant de logements sociaux préventifs (1.500 ménages) sont au programme, sachant que Salé possède une très forte attractivité migratoire.
    Les critères d'éligibilité aux logements sociaux sont: ne pas être propriétaire d'un logement, et détenir un salaire net mensuel inférieur ou égal à 2.500DH. Pour éviter les risques de spéculation, une interdiction de vente durant une période de 10 ans est imposée.
    Les logements sociaux sont de 5 configurations différentes mais tous disposent d'une cuisine et d'une salle d'eau. 1.216 unités sont des 2 pièces pour les ménages qui ne sont pas appelés à évoluer. Leur prix de vente est de 58.000DH, prix 1995.
    Près de 70% des logements sociaux, soit environ 8.500 unités, sont quant à eux de trois pièces. Ils disposent d'une surface habitable de 45m2 et sont commercialisés à 77.000DH. Enfin, 20% des logements disposent de quatre pièces et sont vendus à 95.000 ou 100.000DH en fonction de la surface habitable.
    Les conditions de paiement consistent en un versement de 30% du prix à la commande du logement et trois versements de 15% à intervalle semestriel et enfin 25% au moment de la livraison du logement.

    D'importants marchés


    Les prix des logements promotionnels ne sont eux-mêmes pas excessifs puisqu'ils varient entre 140.000 et 240.000DH en fonction de la surface habitable. Ces prix tiennent compte de l'éloignement de la cité. Aussi, par ces prix, la cité espère intégrer les détenteurs des revenus moyens qui ne peuvent bénéficier de logements sociaux.
    Le coût de Sala Al Jadida est évalué à environ 5,5 milliards de DH. Aujourd'hui, c'est uniquement le marché des logements qui est passé dont le coût est de 2,3 milliards de DH au groupement d'architectes précité et au consortium Bouygues-Bymaro pour la construction des gros oeuvres. Demeurent tous les équipements à mettre en place et également le lotissement d'une zone villas dans le prolongement de la cité. Il est précisé par les responsables que le projet fera appel à de nouvelles compétences marocaines au niveau des architectes, bureaux d'études et entreprises de construction.

    Laïla TRIKI

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