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Plus qu’une centaine d’écrans

Par L'Economiste | Edition N°:2130 Le 14/10/2005 | Partager

. Le taux d’occupation est tombé à 7% contre 13% en 2003 «Pas un mois ne passe sans qu’on ne reçoive une lettre de fermeture», affirme Hassan Belkadi, secrétaire général de la Chambre marocaine des salles de cinéma. Il n’y va pas par quatre chemins pour dire la crise qui frappe le parc cinématographique. Si quelques salles font de la résistance, plusieurs autres sombrent inexorablement. Une situation qui perdure depuis plus de 20 ans.Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le nombre des salles obscures a chuté de plus de la moitié entre 1980 et 2005. De 250(1) en 1980, il est tombé à 140 en 2004 et 121 aujourd’hui et ça continue. Rien qu’en 2005, une vingtaine de fermetures sont comptabilisées. Casablanca, la grande métropole, ne compte, elle, pas plus que 43 écrans (contre 47 en 1995). Plus révélateur encore, le taux d’occupation (nombre de fois qu’un siège a été occupé) qui est tombé à 7% en 2004 contre 13% en 2003 (30% dans les années 80). Sachant qu’une salle cesse d’être rentable dès que ce taux frôle les 30%, il est aisé de mesurer l’ampleur de la crise qui frappe le secteur. Des salles qui faisaient, il y a quelques années, 100.000, voire 2 millions de dirhams par an, ont vu ainsi leurs recettes chuter parfois de plus de 25%. Les causes de cet effondrement sont multiples. Mais des exploitants incriminent, en premier lieu, la charge fiscale. Outre la patente, l’IS et autre IGR, auxquels ils sont soumis comme tout autre commerce, ils croulent sous le poids des charges parafiscales (taxes de l’entraide nationale, du fonds d’aide à la production, du fonds d’aide à la Palestine…). Elles représentent, à elles seules, près de 30% des recettes. Les mesures décidées pour alléger ce fardeau sont venues en retard, estiment des exploitants. C’est le cas notamment de l’exemption de la taxe parafiscale (4,75% du prix du billet) versée au Centre cinématographique marocain, pendant cinq ans en cas de rénovation ou dix ans pour les nouveaux investissements. De guerre lasse, beaucoup avaient déjà baissé les bras. De toute manière, explique un propriétaire de salle de cinéma, cette exemption ne concerne pas les dividendes qui, eux, demeurent imposables. Et donc, à elle seule, elle ne pouvait sortir le secteur de sa léthargie. Il n’empêche, elle a stimulé des propriétaires qui ont remis à neuf leurs salles, convaincus que si les spectateurs ont fui, c’est aussi parce que l’état des salles laissait à désirer. Les structures d’accueil ainsi que la qualité du son et d’image dans beaucoup de salles se sont dégradées. Il faut savoir que depuis leur création, explique un gérant, on n’a jamais jugé nécessaire d’améliorer la qualité de ces salles. Les mauvaises conditions de projection dans plusieurs salles de cinéma (salles non entretenues, programmation de films médiocres…) y sont également pour beaucoup dans la désaffection du public.Malheureusement, et excepté quelques rares optimistes, ceux qui ont entrepris des rénovations dans les règles de l’art, avouent que le succès n’était pas au rendez-vous et que leurs efforts n’ont pas été récompensés. Certes, des milliers de Casablancais commencent à retrouver les chemins des cinoches et savourer la haute qualité de l’image et du son qu’elles offraient. «Mais, à ce jour, je ne suis pas encore rentré dans mes frais. C’est dire que cinq ans d’exemption ne suffisent pas», estime Belkadi qui vient, rêvant à des lendemains meilleurs, de rénover l’ensemble de ses 4 salles (ABC, Ritz, Colisée et Mamounia). Mais, à entendre d’autres témoignages, même rénovées, les salles obscures n’arrivent pas à reconquérir leur public qui, entre temps, a pris goût à d’autres types de distractions autrement moins coûteuses et plus commodes (DVD, VCD, chaînes satellitaires…). Ce qui explique, sans doute, qu’à ce jour, seule une vingtaine de salles, dont les propriétaires disposent de moyens financiers, ont été rénovées. Le reste du parc, à défaut de financement facilement accessible, tombe en ruine. Mais, sans doute, aussi parce que leurs propriétaires semblent être convaincus que la bataille est d’avance perdue. Face au piratage, restaurer des salles ou ramener des films récents ne semblent pas suffire pour reconquérir le public habitué à d’autres distractions. Avant même leur sortie officielle, le public peut se procurer, à prix «compétitif», des copies piratées des derniers films. Un commerce qui fait florès partout à Casablanca, et ailleurs, et qui porte un coup fatal aux salles de cinéma. «Nous nous escrimons à ramener des films récents pour les sortir en même temps qu’en France. Mais passée la première semaine, ils sont disponibles sur DVD», déplore un exploitant.K. E. H. ------------------------------------------------------------------(1) Ces chiffres parlent plus d’écrans puisqu’une même salle peut en contenir plusieurs.

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