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    Pharmaceutical Institute devient fabricant

    Par L'Economiste | Edition N°:70 Le 11/03/1993 | Partager

    A Rabat, Pharmaceutical Institute lance la construction d'une usine de produits pharmaceutiques. Une enveloppe de 32 millions de Dirhams sera consacrée au projet.

    Si le Marocain consomme trois fois plus de médicaments que le Libyen, l'Algérien ou le Tunisien, il en achète toujours, avec une dépense moyenne annuelle d'environ 100 Dirhams, 50 fois moins que le Français certes "médicomaniaque" notoire.
    "Toutefois, plusieurs indicateurs laissent à penser que le recours au médicament au Maroc pourrait atteindre un meilleur niveau dans les années à venir ", explique M. Ali Sedrati, responsable jusqu'en 1990 du service pharmaceutique au Ministère de la Santé et aujourd'hui administrateur de la société Pharmaceutical Institute à Rabat.
    "En terme de marché, la croissance de l'infrastructure sanitaire marocaine publique et privée comme les perspectives d'un élargissement des couvertures sociales devraient ouvrir un nouveau champ de population à de nombreuses classes thérapeutiques", poursuit M. Sedrati.

    Augmentation de capital

    La confiance de ce professionnel se traduit même par le récent "coupé de ruban" du chantier d'une usine de produits pharmaceutiques à Rabat. La première tranche des travaux porte sur la création d'une unité d'une superficie couverte de 2.500 mètres carrés pour un coût global de 32 millions de Dirhams, construction et équipements compris. Le projet sera autofinancé à hauteur de 40%. Une augmentation en cours du capital a été décidée pour la circonstance de 2,8 à 5,7 millions de Dirhams par les deux actionnaires de la société, Ali Sedrati et son frère Azeddine, lui-même médecin vétérinaire. Quant à l'usine, elle devrait compter un effectif de 50 à 60 salariés. A priori, les premiers médicaments sortiront de ses lignes au premier semestre de l'année prochaine. Une unité antibiotique est également prévue sur 500 mètres carrés.
    D'ici là, Pharmaceutical Institute opérera toujours en vertue de la dérogation temporaire dont elle bénéficie pour l'importation des médicaments qu'elle conditionne et distribue.

    2.000 pharmacies

    Représentant notamment les sociétés Smithkline Beecham et Stiefel, Pharmaceutical Institute opère ainsi depuis 1991 avec toute une gamme d'antibiotiques comme l'Amoxiciline, la Flucloxaciline, un sirop antitussif et un antihypertenseur. Elle affiche également en catalogue une famille de produits dermatologiques. "Parallèlement, la société a enregistré ses propres produits génériques, essentiellement un anti-inflammatoire, un antalgique et un antidiabétique, tous en cours de lancement ". Résultat, pour son dernier exercice, Pharmaceutical Institute réalisait un chiffre d'affaires de 22 millions de Dirhams. L'essentiel de ses ventes est dirigé sur les grossistes-répartiteurs qui arrosent au Maroc un peu plus de 2.000 pharmacies.

    Sécuriser les investissements

    Pour M. Sedrati, deux qualités sont primordiales pour réussir dans l'industrie pharmaceutique: dynamisme et rigueur. Plus qu'une Lapalissade, la formule illustre réellement la nécessité d'une gestion serrée pour cette industrie dont la rentabilité nette avant impôts oscillerait entre 4 et 5%.
    "En effet " , poursuit M. Sedrati, "les exigences de la législation en vigueur nous amènent à pratiquer des prix à la vente inférieurs de 30% aux prix français, l'un des pays d'Europe où le médicament est le moins cher. Or, nos charges sont nettement plus importantes puisque 90% de nos matières premières sont importées. De même, nous devons rétribuer les licences, comme dans la plupart des cas importer la technologie, le tout pour fabriquer de petites séries ".
    Pour muscler leurs ventes, les dirigeants de Pharmaceutical Institute songent donc à élargir leurs débouchés aux marchés extérieurs. Des contacts ont d'ores et déjà été pris pour des démarches export sur les pays du Maghreb. "Enfin, nous envisageons d'être plus présents sur les appels d'offres du secteur public. Ce secteur est à l'origine d'environ 10 à 15% de la consommation de médicaments au Maroc".
    D'ici là, l'attention de M. Sedrati comme celle de la plupart des opérateurs spécialisés sera focalisée sur l'évolution de la réglemention en cours et notamment au niveau d'une suppression éventuelle des licences d'importation. "Dans ce cadre, à l'instar de l'association de l'industrie pharmaceutique, nous souhaitons surtout que des mesures soient prises pour sécuriser les investissements réalisés au profit de la fabrication locale ".

    Christian MEAR

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