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Pêche, randonnées... Les autres attractions de Loukaïmden

Par L'Economiste | Edition N°:949 Le 02/02/2001 | Partager

De notre envoyé spécial, Aniss MAGHRI. La station est située à 70 km de Marrakech. Parmi les visiteurs, SM le Roi. Le nouveau télésiège sera opérationnel en novembre prochainContrairement à ce qu'avait prédit la veille le journal météo de la deuxième chaîne télévisée, un ciel bleu limpide avait couvert ce jeudi toute la vallée de Loukaïmden et les cimes enneigées du Haut Atlas scintillaient sous un soleil, seul maître du ciel. Enveloppée dans un silence serein, la vallée semblait inhabitée. Depuis la colline abritant chalets, restaurants, commerces et hôtels, les skieurs, en petit nombre sur les pistes, font figure de fourmies. Le nombre de touristes en ce milieu de semaine n'a guère dépassé les 200 personnes. Le grand rush est attendu le week-end. “Le dimanche dernier, nous avons recensé 50 autocars, 50 minibus et plus de 600 voitures, soit au total quelque 8.000 personnes”, explique M. Redouane Zouina, responsable des remontées mécaniques à la station de ski relevant de l'Office National de l'Eau Potable (ONEP). Ce grand afflux n'est pas sans poser des problèmes d'organisation, notamment sur les pistes qui ne disposent pas encore d'une police des neiges comme c'est le cas à l'étranger, déplore un moniteur de ski. La Brigade de la Gendarmerie, composée de quatre personnes, n'intervient, elle, qu'au niveau de la circulation. Plusieurs incidents sont alors enregistrés. Les cas d'ivresse, de vol et de dispute sont très nombreux. “C'est un vrai bordel. Le dimanche est le jour noir de la station. Il n'y a pas d'ordre. . Installer les militairesPassons les ordures et déchets que laissent derrière eux les visiteurs”, lâche Michele Miret, gérante du Club Alpin Français (CAF) à Loukaïmden. Pour assurer l'ordre dans la station, il faut que les militaires s'y réinstallent et reprennent sa gestion, lance avec beaucoup d'humour M. Akacha. Ce commandant en retraite, nostalgique de la période où il était aux commandes de la station de ski, explique toutefois sa vision: “Lorsque les militaires s'installent avec leurs familles, l'infrastructure, écoles, dispensaires, routes..., suit nécessairement”. En effet, actuellement, l'unique dispensaire de Loukaïmden n'ouvre ses portes que le week-end. En cas de problèmes en milieu de semaine, ce sont les militaires du premier Bataillon de Skieurs qui interviennent.Mais comme dit l'adage, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les commerçants, restaurateurs et loueurs de matériel de ski, qui chôment une grande partie de la semaine, attendent avec impatience le week-end. “C'est durant ces deux jours que nous réalisons l'essentiel de notre chiffre d'affaires”, explique l'un d'entre eux. Un peu plus de deux cents chefs de famille vivent des ressources tirées de leur activité à la station. Ce sont des moniteurs de ski, loueurs de matériel et de mulet, des restaurateurs et des vendeurs de souvenirs. M. Berrada de l'ONEP souligne que “à elle seule, la station de Loukaïmden génère un revenu annuel de plus de 100 millions de DH. A cela s'ajoute la sédentarisation de la population”.“Une centaine d'hommes de mon village, Asserkt, travaillent ici comme des moniteurs de ski ou loueurs de matériel”, explique M. Ali Aït Elhadj à la fois président d'une association locale et moniteur. La vingtaine, Ali est présent à la station depuis 1992. “Pour avoir mon titre de moniteur, j'ai suivi une formation d'un mois assurée par la Fédération de Ski et des stages annuels de perfectionnement”. Comme plusieurs autres, Ali est obligé de diversifier ses activités. “La saison des neiges ne dure en moyenne que trois à quatre mois. j'y arrive à réaliser un revenu moyen de 2.000 DH. Le reste de l'année, je me transforme en guide pour les randonnées pédestres. Mon revenu chute alors de moitié”. Lahcen, lui, est du Douar de Tachadart. Trente-cinq ans, alors qu'il paraît avoir dépassé la quarantaine, il vit sur la station depuis plus de quinze années en tant que loueur de matériel de ski. Son revenu varie entre 20 DH par jour en milieu de semaine et 125 DH le dimanche. “J'arrivais facilement à dépasser cette somme lorsque le télésiège était en marche”. En effet, de l'avis de différents opérateurs, l'arrêt, deux saisons consécutives, du télésiège a entraîné une chute de près de 50% de la clientèle de toute la station. Toutefois, la décision de le mettre hors service répondait à des préoccupations d'ordre purement sécuritaire, comme l'explique M. Azzedine Sounni Berrada, directeur de l'Exploitation à l'ONEP. “La décision de l'arrêt a été prise sur avis d'un bureau d'études qui avait jugé le télésiège vieux de trois décennies, donc hors normes de sécurité”. M. Berrada annonce toutefois une bonne nouvelle. Le nouveau télésiège sera installé après la saison d'hiver. “Il sera mis en service en novembre prochain”, promet-il. En attendant, Lahcen se rend chaque matin sur la station à la recherche de clients potentiels. Il y passe toute la journée guettant les voitures de touristes. Le soir, il regagne sa demeure sur l'autre côté de la station ou une trentaine de masures qui se fondent avec les rochers forment le Douar de Loukaïmden. Là-bas, ils l'appellent Laazib, une appellation nomade. Lahcen y passe un hiver rude: “Sans ma famille, sans ma femme”. En effet, le village est quasi désert et n'est habité que par quelques hommes qui travaillent à la station. Le reste, femmes, enfants et une partie des hommes n'y viendront qu'en été, le 10 août précisément. Ils viendront y fêter le Moussem de Sidi Faress. Ali raconte que les habitants de plus de vingt villages y convergent chaque année. Quelque 4.000 personnes avec leur troupeau y fêtent le moussem et profitent du pâturage abondant l'été. Ils ne quitteront la vallée qu'avec les premières chutes de neige. Ils iront rejoindre la plaine où le climat est moins rude et le pâturage plus facile à trouver ou à emblaver. Quelques-uns d'entre eux ont su tirer plein profit de la géographie de la station. Ils ont construit des chalets qu'ils louent l'hiver à 400-500 DH la nuit. A côté des touristes et des originaires du village, quelque 200 militaires en tenue blanche passent toute l'année à la station. Il s'agit d'un détachement du premier Bataillon de Skieurs basé à Kasbat Tadla. Chaque matin, ils rejoignent la station de ski pour plusieurs heures d'entraînement. Ils interviennent pour toute opération en montagne et assurent les évacuations en cas d'accidents sur les pistes. La caserne accueille aussi chaque année de jeunes stagiaires pour des sessions de ski.


Sauver le lac

La vallée de Loukaïmden constitue aussi une bonne attraction pour les amateurs de la pêche. Au mois de juin de chaque année, la saison de la pêche de la truite est ouverte. Le permis est délivré contre la somme de 100 DH par jour. Le quotas quotidien est fixé à huit truites.Ce beau lac risque toutefois de se transformer en un simple souvenir. Aujourd'hui, comme on l'explique sur place, les eaux usées de la station y sont déversées. “Il risque de se transformer à terme en un lac mort si aucune action d'urgence n'est décidée”, lance un moniteur de ski.. Accidents de la routeLa route depuis Marrakech n'est pas sans donner quelques sueurs froides aux automobilistes qui devront emprunter les 70 km qui séparent la station de la ville. Ses flancs ne sont pas parés et les risques de chutes de pierres sont multiples. Plusieurs personnes rapportent d'anciens incidents qui avaient animé les discussions autour de feu de bois durant plusieurs saisons. “Une fois, un gros rocher est tombé en plein milieu de la route. Il a fallu recourir à la dynamite pour dégager le chemin. Heureusement qu'il n'a percuté aucun véhicule”, raconte un chauffeur. Une fois n'est pas coutume. Une chute de pierre plus récente avait blessé un motard et démoli sa moto. “Heureusement qu'il s'en est sorti avec quelques blessures uniquement”, raconte Jean Minet du CAF.A. M.

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