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La vallée n'attire pas grand-monde

Par L'Economiste | Edition N°:949 Le 02/02/2001 | Partager

. Le taux de remplissage des hôtels ne dépasse guère les 18%. Les opérateurs croient cependant en l'avenir de la station. Mais, ce n'est pas avec des chalets que l'on fait une vraie destinationDe l'avis de M. Bernard Ferreira, directeur général de la chaîne hôtelière Kenzi, il faut développer la capacité hôtelière de la station de Loukaïmden pour en faire une vraie destination touristique. “Aussi, ne peut-elle pas se développer sans un leadership capable de prendre ses destinées entre ses mains”, indique-t-il, avant d'ajouter que “ce n'est pas avec des chalets que l'on fait d'une région une destination touristique”.Cependant, les actuelles unités hôtelières de la station n'affichent jamais complet. C'est à peine si elles atteignent un taux de remplissage annuel moyen de 18%.“Il s'agit essentiellement d'un déficit de communication”, explique M. Mohamed Saidi, directeur général de l'hôtel Kenzi Louka. Cet hôtel avait rouvert ses portes en 1997. La chaîne Kenzi l'avait racheté en 1996 à l'Office National de Tourisme(1). Selon ce professionnel du tourisme, la station est rarement programmée par les agences de voyages marocaines. “Celles-ci ne se rabattent sur Loukaïmden que lorsque Marrakech est saturée”, déplore-t-il. Il estime que les tour-opérateurs et les agences doivent désormais s'orienter vers les séjours combinés. “Au lieu qu'un touriste passe toute une semaine à visiter une ville qu'il peut découvrir en quelques jours seulement, son agence conseil peut lui en programmer trois sur la station”. Aujourd'hui, les rares touristes étrangers qui y viennent, découvrent Loukaïmden sur recommandation de leurs amis ou par simple coïncidence. La mise en place en juin prochain d'un site Web devra remédier en partie à ce déficit de communication, précise M. Azzedine Sounni Berrada, directeur de l'Exploitation à l'ONEP.Une action qui risque de s'avérer insuffisante si elle demeure isolée. “Les agences de voyages et l'Office National du Tourisme doivent également consentir un effort supplémentaire pour la promotion de ce site magnifique”. La participation des deux chaînes télévisées est aussi sollicitée. “Leur flash-météo peut prévoir un passage réservé, l'hiver, aux stations nationales de ski afin d'informer le public sur les chutes de neige”, souligne M. Saidi.Cependant, en dépit de la faible fréquentation de la station, les opérateurs croient en son avenir. C'est le cas des nouveaux gérants de l'hôtel Imlil qui a rouvert ses portes le jour de l'an après trois ans de fermeture. M. Bernard Gonzalez s'est associé à deux autres français pour reprendre en gérance libre cette unité qui appartient à la société hôtelière de Loukaïmden.Cet artisan-peintre reconverti en directeur d'hôtel estime que “pour survivre, il faut atteindre un taux minimum de remplissage de 50%”. De son côté, M. Ferreira précise qu'il faut diversifier les activités et ne plus dépendre de la saison des neiges. “L'expérience de l'arrêt du télésiège doit nous servir de leçon. Depuis sa mise hors service en 1999, notre chiffre d'affaires durant l'hiver a chuté de presque 50%”. Les hôteliers sont depuis confrontés au problème de la faible durée de séjour dû, essentiellement, au manque d'animation dans toute la station. Pour contourner cette conjoncture, “nous travaillons sur le développement d'autres activités telles que les randonnées, le trekking, la chasse, les VTT et les séminaires d'entreprises”, souligne M. Saidi. “Pour atteindre le point mort dans une région pareille, il faut développer au moins une quinzaine d'activités afin de diversifier les cibles”. Bon an mal an, la station accueille entre 30.000 et 50.000 touristes dont 50% de Marocains.


Le CAF est plus ancien que la station

“Notre club est plus ancien que la station”, lance avec beaucoup d'humour Michèle Miret. Cogérante avec son mari Jean du Club Alpin Français (CAF), elle vit sur la station de Loukaïmden depuis quatorze ans. “On n'arrive pas à s'ennuyer. C'est à peine si nous avons le temps de nous occuper de notre vie privée”. Une vie fortement imprégnée par celle du club. Le couple français passe toute l'année sur la station. Michèle part toutefois, une fois par an, en France. “Mon mari quant à lui est incapable de se détacher de Louka”. Très dynamique, elle quitte le comptoir du bar pour sauter les premières marches du premier étage afin de présenter les quelques photos du Club qui ornent le mur. Celles-ci montrent une cabane en plein désert de neige. “Ces photos remontent à 1936. Le CAF a connu par la suite deux extensions, la première en 1947 et la seconde en 1970”.Comme l'explique Michèle, le CAF de Loukaïmden est l'unique antenne du club à l'étranger.Outre les adhérents, plus nombreux au printemps, le Club reçoit chaque année, à partir du mois de décembre jusqu'à juin, les classes transplantées des élèves de la Mission française. “Ils sont une soixantaine à venir découvrir chaque semaine le ski, la montagne et l'amour de la nature”. Les élèves des classes du CE1 jusqu'à celle du CM2 y viennent donc avec leurs instituteurs et trouvent une place parmi les 160 lits qu'offre le Club.A partir du 1er juillet de chaque année, le CAF est ouvert aux non-adhérents. Il se transforme en refuge. Les randonneurs du Haut Atlas peuvent y passer la nuit contre 52 DH.Le CAF semble mieux s'en sortir que les autres unités d'accueil à Loukaïmden avec un taux de remplissage nettement meilleur, grâce principalement aux classes transplantées mais aussi aux touristes français: “Des agences françaises comme Club Aventure ou Nouvelles Frontières nous envoient leur clientèle”, indique Michèle. Le CAF a toutefois ressenti l'effet de l'arrêt du télésiège de la station de ski puisque les sept personnes employées auparavant à temps plein “tournent aujourd'hui en deux équipes”. . Imaginons quatre saisons en uneSouvent, il suffit d'un peu d'imagination pour lancer de grandes idées. “C'est ce qui manque à nos opérateurs touristiques”, déplore le député de Loukaïmden. Il reproche aux professionnels de tourisme leur manque de créativité. “Nous pouvons offrir à un touriste étranger quatre saisons en une seule”, explique-t-il. Selon lui, le touriste, après un bain de soleil à Agadir, peut partir admirer les kasbahs de Taroudant, puis s'enfoncer à dos de chameaux dans les dunes de Ouarzazate pour venir skier sur les pistes de Loukaïmden avant de partir flâner à Jamaâ Lafna. A. M.(1) L'hôtel Kenzi Loka est commercialisé en time-share par la société Hermes Investissement. “La firme a résolu tous les contentieux qu'elle avait avec ses clients à l'étranger”, indique la Direction de la chaîne.

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