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Economie

Pauvreté: Travaux pratiques à Marrakech

Par L'Economiste | Edition N°:346 Le 17/09/1998 | Partager

Plusieurs quartiers et douars de Marrakech souffrent de la pauvreté. Des facteurs socio-économiques expliquent cette situation.


C'est à l'hôtel Tikida Garden que se sont tenus, les 14 et 15 septembre, les ateliers de travail portant sur la pauvreté à Marrakech(1). "C'est un choix délibéré", explique M. Mustapha Boujrad, coordonateur local du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) pour la lutte contre la pauvreté en milieu urbain et péri-urbain. En effet, l'hôtel est entouré de villages et quartiers pauvres. "Les participants aux ateliers seront ainsi plus conscients des problèmes qu'ils sont en train de traiter".
L'étude menée entre mai et juin 1998, et qui a servi de base aux travaux des ateliers, a permis de déceler trois aspects interdépendants de la pauvreté à Marrakech. Il s'agit de la faiblesse des revenus, de la difficulté d'accéder aux services de base et des problèmes d'intégration sociale que rencontre cette couche de la population. Cette dernière est composée principalement de femmes, de chefs de famille, de mères célibataires, de nouveaux-nés abandonnés, des enfants des rues, de vieillards sans ressources et de handicapés.

Dans ses différents aspects, la gravité de la pauvreté pour cette population s'explique par la conjugaison de facteurs socio-économiques défavorables. Ainsi, 90% des chefs de famille touchés par ce fléau travaillent dans le secteur informel. Toutefois, ces personnes sont le plus souvent très actives. Elles se heurtent, cependant, à la précarité et à la faiblesse de la rémunération des activités qu'elles exercent. Elles souffrent souvent de l'absence d'électricité et d'eau potable. Le réseau d'assainissement fait également défaut avec le danger que représente l'utilisation agricole des eaux usées. Quant à l'accès aux services de base, le rapport note laconiquement que "le nombre de dispensaires et de centres de santé est inférieur aux besoins". En outre, il ressort de l'étude qu'il existe une forte corrélation entre la scolarisation des adultes et celle des enfants. Aussi, dans les poches de pauvreté de la ville, les filles sont-elles davantage scolarisées que les garçons, parce que ce sont surtout les garçons qui sont appelés à travailler. Toutefois, l'importance de telle ou telle variable varie en fonction des quartiers.

Ce diagnostic s'est basé sur une écoute directe des populations pauvres. Les solutions proposées par ces dernières se sont focalisées sur la nécessité de lever la contrainte "capitale" (l'accès au crédit) et celle de la "compétence" (scolarisation et formation). Elles ont également mis l'accent sur l'importance de l'aide sociale pour ceux qui n'ont pas la possibilité de s'en sortir eux-mêmes.
Cette opération-pilote menée conjointement par le Ministère du Développement Social et le PNUD avec l'appui technique du CNUEH (Centre des Nations Unies pour les Etablissements Habitables) mise sur le rôle qu'ont à jouer les ONG. En effet, les populations défavorisées s'exprimeront à travers les associations qui les représentent. Au nombre de 901, les ONG Marrakchis couvrent différents domaines d'action. Toutefois, leurs oeuvres restent handicapées, particulièrement, par leur faible capacité de programmation et de gestion de projets, de communication interne et externe et de travail en partenariat. Leurs besoins s'expriment aussi au niveau de leurs moyens matériels, principalement, les locaux et les équipements. D'où la nécessité d'accroître l'efficacité du travail de ces organisations.

Aniss MAGHRI

(1) Cf L'Economiste n° 345 du 10 septembre 1998.

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