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Economie

La croissance se maintient

Par L'Economiste | Edition N°:346 Le 17/09/1998 | Partager

Crise financière russo-asiatique et problème politique américain sèment le doute sur les perspectives de croissance dans le monde. Les pays émergents latino-américains sont dans la tourmente. Le Maroc s'accroche encore aux exportations.


Fléchira, fléchira pas? Depuis plusieurs semaines, l'évolution de l'économie mondiale divise les conjoncturistes, les pronostics les plus optimistes alternent avec les plus pessimistes. De toute manière, entre la détérioration de la situation financière russe, l'enlisement des pays asiatiques dans la récession et la détérioration du climat politique et économique des Etats-Unis, il existe suffisamment d'éléments négatifs en mesure de peser sur les perspectives de croissance dans le monde.
Si les deux premiers peuvent avoir une portée relativement limitée, il n'en va cependant pas de même pour le troisième. Et pour cause, toute chute du Dollar entraînerait de facto celle des places financières. Ce qui risquerait d'ébranler le moral des ménages et par conséquent favoriserait la contraction de la consommation et des investissements des entreprises.

Chute des pays émergents


Selon nombre d'experts, le phénomène serait beaucoup plus grave pour l'Europe où une baisse de 10% du Dollar coûterait un demi-point de croissance en 1999. Prélude à ce scénario-catastrophe, la monnaie américaine était descendue, lors de la journée du 10 septembre, jusqu'à 5,60 Francs, sa valeur la plus faible depuis plus d'une année.
En somme, des nuages s'amoncellent à l'horizon. Les conséquences financières immédiates du séisme monétaire doublées d'une affaire de moeurs qui a rattrapé Bill Clinton se font déjà ressentir dans les pays émergents, latino-américains plus particulièrement, dont les places financières font actuel-lement le deuil des capitaux occidentaux qui avaient afflué. A Buenos Aires, Sao Paulo, Mexico, Santiago du Chili ou Caracas, la bourse a plongé et le Dollar se fait rare en raison des sorties massives de capitaux. La quasi-stabilité de Casablanca tranche avec les yo-yo des autres places. Comme pour les places de tous les pays arabes, cette situation est attribuée à la faible intégration au marché mondial.

Pour l'économie réelle, le niveau des risques à court terme sur la croissance économique n'est pas pour l'instant déterminé, même si les exportateurs de produits agricoles et halieutiques(1) tirent sur la sonnette d'alarme. Jusqu'à présent, les prévisions de croissance de 6% pour 1998 ne sont pas officiellement remises en cause. Pour le troisième trimestre, l'optimisme est toujours de rigueur. Selon l'enquête conjoncturelle de la Direction de la Statistique, les chefs d'entreprise attendaient une hausse de 10% de la production minière. La production énergétique devrait croître de 9% par rapport au deuxième trimestre. En revanche, les industries de transformation connaîtraient un tassement, enregistrant une croissance de 1% contre 7% pour le deuxième trimestre comparé au premier de l'année.

L'économie continue sur sa lancée des premiers mois de l'année. En effet, toujours selon les opérateurs économiques, les mines avaient bouclé le deuxième trimestre avec une progression de 4% par rapport au premier. Dans le même temps, l'énergie flambait de 8% grâce à l'activité de raffinage, et les industries de transformation voyaient leur production grimper de 7%, notamment sous la poussée de la conserverie de fruits et légumes, de la tannerie, du mobilier et de l'em-ballage mé-tallique, des produits ab-rasifs et des industries chimiques. Les indus-tries textiles ainsi que la fabrication des briques rouges et des agglos en ciment étaient en revanche en baisse. Le bâtiment est donc aux antipodes de ce mouvement haussier.

Reprise des investissements


Au terme du premier semestre, la production de ciment a même reculé de 3% par rapport à la même période de l'année précédente à 3,26 millions de tonnes.
A l'évidence, la croissance repose en grande partie sur les exportations. Sur les six premiers mois de l'année, elles se sont appréciées de 10,4%, à 34,46 milliards de DH. A l'origine de cette hausse, la bonne tenue des phosphates et dérivés dont les ventes à l'étranger ont progressé de 13 et 6% par rapport au premier semestre 1997.
La confiance globale est corroborée pour l'évolution assez soutenue des crédits à l'économie qui avait progressé de 7,6% à fin juillet par rapport à décembre 1997. Plus significatifs, les crédits à long terme destinés entre autres au financement des investissements ont crû de 10,78%. Même si plus de la moitié de l'encours relève des prêts au logement, le comportement du crédit sur le long terme traduit une reprise de la demande intérieure des ménages entretenue par la baisse des taux d'intérêt.
Outre les exportations, cette confiance se lisait, à l'étranger et jusqu'à fin juin, sur les entrées de touristes en hausse de 9% par rapport au premier semestre 1997. Indicateur important à surveiller d'autant que toute crise économique sur les marchés émetteurs affecterait très sensiblement le secteur des loisirs. A l'évidence, les meubles semblent être sauvés pour le reste de l'année. Un retournement significatif de tendance en mesure d'hypothéquer les acquis est peu probable. Mais le virage 1999 s'annonce difficile.

Alié Dior NDOUR



(1) Voir L'Economiste n° 245 du 10 septembre 1998.

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