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    Politique Internationale

    Ouverture de la première école d'aviation privée : Comment planent les pilotes

    Par L'Economiste | Edition N°:164 Le 26/01/1995 | Partager

    L'Aéro-club d'Anfa a organisé la Semaine portes ouvertes du pilotage privé du 14 au 22 janvier à l'Aéroport Casa-Anfa. La première école privée de pilotage ouvrira prochainement ses portes au même endroit. Une occasion pour se laisser pousser des ailes.

    "Etre suspendus dans le vide", répondent-ils en choeur pour expliquer leur passion du vol. Il sont trois jeunes pilotes-instructeurs a avoir animé la Semaine portes ouvertes du pilotage privé. Ce seront encore eux qui transmettront leur passion de l'aviation légère aux futurs élèves de l'école de pilotage privé qui sera prochainement créée à l'aéroport de Casa-Anfa à l'initiative de Priv-Air, une société d'avions privés.

    Tous trois sont universitaires (bac+6) et titulaires d'une licence de pilote professionnel. L'apprentissage du pilote privé est quasiment la même que celle du pilote professionnel. Mais la formation de ce dernier est, non seulement plus poussée, mais il doit aussi savoir accumulé 200 heures de vol dans une école agréée, contre 40 heures de vol seulement pour le pilote privé. Les deux peuvent emmener des passagers, mais le pilote privé ne peut en faire sa profession, tandis que le pilote professionnel y est habilité.

    Certains étaient déjà passionnés quand ils étaient petits, puisque l'aviation était dans leur famille depuis longtemps. Depuis son plus jeune âge, Hicham Touijar, 27 ans, entend parler d'avions chez lui, et comme il habite à côté de la cité de l'air, il n'en fallait pas plus pour confirmer une vocation déjà naturelle.

     


    Passion

    D'autres ont été mordus par la passion. C'est le cas de Yassin Bouanani, 27 ans. Pour expliquer son choix, il hésite entre "le sentiment de liberté" qu'il ressent lorsqu'il "est en l'air" ou "le bien-être" qu'il éprouve à poser "le pied à terre après de longues heures de vol".

    Un des objectifs de l'école est de mettre à la portée de ceux qui le désirent les plaisirs de l'aviation légère, "les gens ont toujours en tête que le pilotage est réservé à une élite, explique Hicham Saâdallah. Une fois qu'ils apprennent à voler, ils réalisent qu'ils se trompaient ".

    A défaut de pouvoirs ressembler à un oiseau, l'homme a voulu avoir des ailes. De ce rêve fou sont nés d'ingénieux moyens pour bavarder, sinon discipliner, les cieux : le delta-plane, le para-pente, l'ULM (ultra-léger motorisé)... et bien sûr l'avion.

    A quoi tient pareille fascination?

    Premier constat : en l'air, il n'existe pas de repères.

    Hicham Saâdallah, 24 ans, pilote instructeur, explique : "Au sol, vous vous situez toujours par rapport à quelque chose, une place, un boulevard. Dans l'air, vous êtes dans un espace à trois dimensions, vous pouvez contempler la ville en une seule fois. On se déplace d'un point à l'autre beaucoup plus vite. Pas de feux rouges, ni d'embouteillages".

    Les CESSNA monomoteur et bimoteur que Priv-Air mettra à la disposition des amateurs sont les plus légers dans leur catégorie. Ils peuvent atteindre jusqu'à 220 Km/heure pour le monomoteur, 360 Km/heure pour les bimoteurs et ont une autonomie de vol d'environ six heures.

    "La première sensation forte que l'on éprouve, c'est au moment où on sent que l'on n'a plus les pieds sur terre, retrace Hicham, surtout dans petits avions aussi légers. Vous avez l'impression d'être suspendu en l'air par un fil invisible".

    C'est peut-être l'appel de l'immensité, de cet espace qui s'étend à l'infini, de cette liberté incommensurable, qui captive autant l'être humain.

     


    Océan d'air

    D'ailleurs ils en parlent avec ardeur, presque avec fièvre, ces trois jeunes pilotes : "en vol, on commence seulement à connaître et à admirer notre terre, commente Hicham Touijar, d'en haut on voit toute la beauté, sans frontières, sans limites".

    "C'est cette sensation d'être dans un gigantesque élément nouveau qui est exaltante, ajoute Hicham Saâdallah, le plus jeune des trois, d'être le petit point dans cet immense océan d'air".

    Si au départ l'avion est un moyen de quitter le sol, celui-ci devient un complice, une fois maîtrisées les techniques de vol. "A partir du moment où on tient l'avion, où il répond au moindre de nos gestes, on peut porter notre attention sur autre chose, regarder dehors et apercevoir le monde", ajoute Hicham.

    Certaines caractéristiques sont précieuses pour un pilote ; il ne faut être ni nerveux, ni désinvolte et encore moins négligent.

    Il est possible d'apprendre à piloter de genre de petit avion à partir de 16 ans. Pour s'inscrire à la future école de pilotage privé, une cotisation annelle de 1.250,00 DH, assurance comprise, est à payer. Pour obtenir le brevet de pilote privé non-professionnel, il faut compter un minimum de 40 heures de cours. Pour le vol "en lâcher", sans pilote, 15 à 20 heures de vol.

    Le cours coûte entre 680,00 DH/heure de vol jusqu'à 3.000,00 DH, selon l'avion choisi.

    Priv-Air compte également proposer une formule de TPP (Transport Privé de personnes), c'est-à-dire le transport à la demande.
     

     


    L'air de rien

    S'il peut nager ou marcher, l'être humain ne peut certes pas voler de lui-même. C'est sans doute une réparation à cette injustice de la nature qu'il recherche dans son acharnement à toucher le ciel. Car son ambition d'y parvenir est séculaire: Icare avait laissé fondre ses ailes à trop vouloir s'approcher du soleil.

    Léonard de Vinci, lui, s'acharna à construire d'incongrues machines qui devaient permettre à l'homme de voler.

    A quoi est dû cet engouement?

    Dans le film "Birdy", Alan Parker met en scène un jeune homme d'une vingtaine d'années qui voue une véritable passion aux oiseaux, à tel point qu'il partage leur sommeil dans la grande volière qu'il a construite dans sa chambre.

    A force de vivre à leur rythme... il rêve de voler comme eux: il se fabrique des ailes en vraies plumes (d'oiseau) et se jette du haut de la grange de la maison familiale.

    Il finit dans la cage que les hommes réservent à leurs canards boiteux:: l'hôpital psychiatrique.

    Voler tient-il à quelque chose de magique?

    Grâce à la petite fée Clochette, Peter Pan arrivait à voler sans ailes, lui juste en plaçant ses bras à l'horizontale.

    Et Batman alors?

    Héros parmi les héros, il n'en était pas moins mi-homme... mi-chauve-souris!

    Le mythique "tapis volant" des contes orientaux traduit également ce désir de voler, apparemment commun à tous les hommes.

    Faute de remplir les conditions aéro-dynamiques pour y parvenir, ce tapis n'en posséderait pas moins le pouvoir.

    Antoine de Saint-Exupéry, jeune pilote de ligne à la Société Latécoère qui assura dans les années 20 la liaison Toulouse-Dakar avant l'Aéropostale, décrit merveilleusement bien dans son roman "Terre des hommes", le sentiment de l'aviateur à bord de son avion. Ainsi écrit-il: "Voici que brusquement ce monde calme, si uni, si simple que l'on découvre quand on émerge des nuages prenait pour moi une valeur inconnue. Cette douceur devenait un piège. J'imaginais cet immense piège blanc étalé là, sous mes pieds. Au-dessous ne régnaient, comme on eut pu le croire, ni l'agitation des hommes, ni le tumulte, ni le vivant charroi des villes, mais un silence plus absolu encore, une paix plus définitive. Cette glu blanche devenait pour moi la frontière entre le réel et l'irréel, entre le connu et l'inconnaissable".

    Et que dire du vocabulaire ordinaire qui regorge d'expressions se rapportant à l'air et aux cieux et dont le sens figuré s'éloigne souvent du sens propre?

    Comme pour être sur un nuage, l'air de rien.

     

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