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    Economie

    Ouarzazate, l’oubliée du tourisme marocain
    Entretien avec Rahou Belghazi, président du CPT

    Par L'Economiste | Edition N°:2872 Le 02/10/2008 | Partager

    . L’aérien et la promotion en deçà des ambitions. Le cinéma ne s’accommode pas des pratiques frauduleuses Dessertes aériennes, casbahs en ruine et apport de l’industrie cinématographique pour le tourisme. Ce sont entre autres les principaux thèmes abordés par le président du Conseil provincial du tourisme de Ouarzazate (CPT). . L’Economiste: Ouarzazate renoue avec les chiffres positifs. Quelle appréciation? - Rahou Belghazi: Certainement, la reprise est là. Les chiffres le confirment. Cela fait plus de dix mois que nous n’avons eu de tels résultats. Ceci est dû, bien évidemment, à l’industrie cinématographique. «The Prince of Persia» a ainsi stimulé l’économie hôtelière de la ville depuis la deuxième moitié de juillet jusqu’à la moitié du mois de septembre. Près de 1.000 chambres ont été occupées par les seuls membres de l’équipe du tournage. Toutes les unités de diverses tailles ont bénéficié de cette manne. D’autant plus qu’il s’agit de clients qui disposent d’un grand pouvoir d’achat. Ce qui est assez avantageux dans une basse saison. . Faut-il donc attendre un nouveau film? - Fort heureusement, cela ne va pas tarder. Dès le début du mois d’octobre, la ville sera au rendez-vous avec un autre tournage de taille. Une production allemande qui nous permettra de poursuivre nos réalisations positives. . Si c’est aussi important, quels artifices pour drainer davantage de films? - Il faut d’abord disposer d’une équipe indépendante dotée d’un data base et qui se charge de la commercialisation des plateaux naturels, des studios et des potentialités de la ville dans tous les festivals internationaux de cinéma. Certes, il existe une «Film commission» mise en place par la région, mais franchement elle n’est pas opérationnelle et ses fruits tardent à venir. Cette équipe doit également être à l’écoute des producteurs internationaux. Ceci dit, les autorités doivent assumer leurs responsabilités pour arrêter les abus des personnes sans conscience. . De quoi s’agit-il exactement? - Ce sont des faux problèmes qui entravent le processus de développement de cette industrie dans la province. Toutes les questions relatives à la location de plateaux naturels (propriétés publique, collective ou privée) tels les casbahs, oasis, terrains, devraient être réglées une fois pour toutes. Les tarifs devraient être fixés, pour mettre fin aux pratiques spéculatives. Autant ce secteur est porteur et prolifique sur le plan économique, autant il est fragile et ne supporte pas les pratiques spéculatives et frauduleuses. . Le patrimoine d’Ouarzazate est en perdition, comment le réhabiliter? - Ouarzazate est la cité des mille casbahs. Mais actuellement une grande partie est dans un état lamentable. Ce patrimoine est à réhabiliter d’urgence. On ne doit pas laisser cette richesse historique, culturelle et patrimoniale disparaître sans aucune réaction. Pour Ouarzazate, ces casbahs servent d’un repère historique, de documents culturels, mais aussi d’endroits d’attraction touristique. Mais les problèmes d’héritage, de copropriété et de négligence privent ces lieux de leur important rôle. Le cas des casbahs de Telouet, Amridhil et de Aït Benhaddou est manifeste. D’où la nécessité de penser à la cession de ces monuments aux particuliers afin de leur rendre la vie. Une casbah doit être d’intérêt général. . La RAM accompagne-t-elle la destination? - J’étais agréablement surpris d’apprendre que la RAM a procédé récemment à la révision à la baisse de ses tarifs pour la liaison Casablanca/Ouarzazate de 1.400 à 450 DH. Mesure qui va impacter les flux des visiteurs, notamment locaux. Seulement, cette tarification devrait durer toute l’année. Pour la liaison Paris-Ouarzazate, la plus importante pour la ville, elle reste encore en deçà des attentes des professionnels, puisque seuls deux voyages par semaine sont au programme. Or, on ne peut pas remplir plus de 1.600 chambres par des cars. La reprise de la liaison Marrakech/Ouarzazate est aussi vivement souhaitée.

    Que faire alors?

    En matière de tourisme, il y a une règle: un lit est égal à un siège d’avion et une campagne publicitaire. Ainsi, la RAM doit accompagner l’élan de cette destination. De même que l’Office national marocain du tourisme doit améliorer la promotion de cette zone. Il doit doter la destination de la visibilité requise chez les réseaux des agences de voyages. A force de voir ce qui se fait en faveur des autres destinations, l’impression qui prévaut est que Ouarzazate est le parent pauvre du tourisme marocain. En l’an 2000 La ville était classée 4e et disposait d’une clientèle de séjour. Huit ans après, elle a dégringolé à la 8e position et plusieurs unités hôtelières sont en situation difficile, sinon en état de redressement judiciaire. . A quoi est due cette situation? - Personnellement, je l’attribue à une certaine manière de vendre la région en tant que zone désertique. L’accent doit être mis avant tout sur le potentiel naturel, mais aussi le développement de l’incentive à travers la commercialisation du Palais des congrès, fermé pendant presque toute l’année.Propos recueillis par Ali RACHDI

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