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Economie

Nouveau projet de réforme à l'Education Nationale : Premier pas: Les mentalités

Par L'Economiste | Edition N°:219 Le 29/02/1996 | Partager

La redéfinition du rôle de l'école constitue le principal dessein du projet de réformes lancé par le MEN. Cette fois, c'est le rôle de "promotion du citoyen et d'amélioration de sa vie quotidienne" qui est sur la sellette. Le changement de mentalité est cité spontanément, et le plus souvent parmi les préalables.


"L'instruction dans le monde rural constitue la dernière frontière avant la généralisation de l'enseignement". C'est en ces termes que M. Benmokhtar, ministre de l'Education Nationale, fixe les objectifs des réformes en préparation dans son Ministère. Une instruction qui a été et va encore très mal.

L'enseignement pour quoi faire?

Une évaluation globale est ainsi amorcée. Objectifs: remédier aux lacunes constatées et tirer profit des nouveautés didactiques. Les réformes concerneront les objectifs, les programmes, les moyens didactiques et le "suivi de l'action pédagogique".
"Nous assisterons bientôt dans nos écoles à l'adaptation du programme aux spécificités régionales". Cela pourrait aller jusqu'à la régionalisation des dates de vacances, des horaires et, plus immédiatement, la manière d'approcher les programmes. Pour l'instant, il ne s'agit que d'idées, sauf l'expérience en cours à Kelâa des Sraghna. M. Abdelilah El Mossadeq, directeur général des Affaires pédagogiques, souligne que "les noyaux durs du programme seront identiques partout, mais c'est l'approche, la démarche qui seront différentes".
L'objectif est de ne plus présenter aux élèves des notions qui n'ont pas de sens pour eux: les cadres du Ministère citent ainsi la faune locale pour introduire les sciences naturelles. Mme Rabia Housni, chef de la Division de l'Encadrement et du Contrôle Pédagogique, avance que "la meilleure manière d'enseigner la flore aux élèves, c'est d'abord de leur montrer les plantes spécifiques à leur région". La "compréhension est d'autant plus facile qu'ils peuvent vérifier par eux-mêmes les notions apportées par les cours", ajoute-t-elle.

L'imagination à l'école

Cet aspect n'est pas en fait une nouveauté puisque les enseignants vraiment motivés font souvent appel à leur imagination pour mieux faire assimiler à leurs élèves les contenus du programme. Ainsi, "l'enseignant qui étudie avec ses disciples un poème interprété en chanson n'aura pas transgressé le programme", au contraire, "le rythme et la musique font que les paroles seront à jamais fixées dans la mémoire de l'enfant", appuie une autre pédagogue.
Cette idée et bien d'autres devraient en fait aboutir à une redéfinition du rôle même de l'école. La "promotion sociale doit rester présente à l'école mais elle doit faire une place pour la promotion du citoyen lui-même", souligne M. Mossadeq. Les effets de chaîne sur la famille et partant sur la société entière devraient être considérables, estime son équipe, car l'enfant véhicule très souvent des idées nouvelles auprès de ses parents."L'école doit être également un facteur de promotion de la qualité de la vie et déboucher sur le rayonnement de l'être", souligne également Mme Housni .
Ce rôle doit être plus présent au niveau des campagnes où la scolarisation n'est pas perçue comme un besoin. "Les parents veulent un produit qui soit immédiatement profitable, l'enfant étant source de revenus dans le monde rural", souligne M. Nassereddine Lhafi, directeur du Second Cycle d'Enseignement Fondamental.

Ecole lointaine

La dispersion de l'habitat fait également que l'école est difficilement à la portée de l'enfant: il y a en moyenne 7 km entre la maison et l'école.
Les responsables du MEN citent un ensemble de mesures à maintenir et développer, notamment la cantine, argument-massue pour pousser les parents à envoyer leurs enfants à l'école. "La cantine influe positivement sur le taux de rétention", disent dans leur langage inimitable les responsables du Ministère. Pour rendre l'école attrayante, pourquoi ne pas l'utiliser aussi à l'alphabétisation des parents, surtout de la mère. "Bien sûr, il faudra un menu fonctionnel", souligne Mme Housni, qui cite l'éducation sanitaire, nutritionnelle... L'équipe Benmokhtar voudrait bien mettre au goût du jour le mot d'ordre: "l'école, maison commune". Reste à convaincre les élus locaux qui auront, selon le programme du Ministère, un rôle capital, spécialement en tant que leaders d'opinion. "Vous savez, il y en a déjà pas mal qui le souhaitent, le problème c'est que nos structures trop centralisées acceptaient mal ces initiatives", note M. Benmokhtar.

Malika EL JOUHARI

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