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«On ne nomme pas un pyromane à la tête des pompiers»!
Par J. Bradford DeLong

Par L'Economiste | Edition N°:3316 Le 09/07/2010 | Partager

J’ai toujours pensé que Barack Obama a commis une grosse erreur en nommant l’ancien sénateur républicain Alan Simpson au poste de codirecteur de la Commission présidentielle de réduction du déficit. Lorsqu’il siégeait au Sénat, Simpson était bien connu pour être un pyromane en matière de budget. Si elle venait d’un président républicain, pas une seule initiative ayant pour effet de creuser le déficit qu’il n’ait soutenu. Si elle venait d’un président démocrate, pas une seule initiative visant à réduire le déficit budgétaire qu’il n’ait combattu de tout son être!«On ne nomme pas un pyromane à la tête des pompiers», telle est la première idée qui m’est venu lorsqu’Obama l’a nommé à la tête de la Commission nationale pour la responsabilité budgétaire et les réformes. Peut-être suis-je malveillant, peut-être Simpson a-t-il viré de bord, peut-être a-t-il pris le chemin de Damas et réalisé ce qu’il a fait et qui il était. Peut-être s’est-il repenti et veut-il maintenant réparer autant que faire se peut les dégâts qu’il a occasionnés à l’Amérique et à ses perspectives de croissance économique à long terme.

Exemple douteux pour la génération montante
Mais même dans ce cas, nommer quelqu’un qui a un tel comportement à une position importante et de haute confiance et le saluer comme un homme d’Etat symbole du bipartisme est un exemple douteux pour la génération montante. La situation n’est pas telle que les républicains du Congrès lui doivent tellement qu’ils en viennent à modifier ne serait-ce qu’un seul de leur vote au Congrès. L’entourage d’Obama m’a assuré que Simpson avait changé, que c’est un homme intelligent doté d’une compréhension aiguë des problèmes, qu’il peut influer les journalistes de manière à ce qu’ils décrivent les recommandations de la Commission comme «bipartisanes» (même s’il ne peut exercer la même influence sur les législateurs) et qu’il constitue un véritable atout pour le travail de la Commission.John Berry a écrit récemment dans le journal en ligne The Fiscal Times que même cela est inexact. Simpson est «condescendant et ironique - et se trompe complètement sur toute une partie du fonctionnement du système de sécurité sociale dans le passé». Et il ne comprend apparemment pas qu’en tant que co-dirigeant de la Commission, son rôle consiste à établir une large coalition pour procéder à des changements politiques nécessaires et bénéfiques aux deux grands partis. Berry indique que Simpson croit maintenant qu’il ne serait pas équitable d’utiliser le budget général pour financer un tant soit peu la sécurité sociale. Autrement dit, le surplus important du Social Security Trust Fund (le fonds destiné spécifiquement à financer la sécurité sociale) provenant de l’émission d’obligations gouvernementales n’existe pas et ne peut être utilisé. Selon Berry, Simpson maintient que «la sécurité sociale est déjà insolvable parce que le montant des prestations qu’elle verse est supérieur à celui des cotisations qu’elle reçoit». Et peu importe que depuis 1983 la sécurité sociale ait été gérée durant toute une génération de telle sorte que le montant des cotisations soit supérieur à celui des prestations, de manière à pouvoir à moment donné verser des prestations d’un montant global supérieur à celui des cotisations.Selon Berry, Simpson a déclaré qu’il n’y a pas de surplus, «c’est un ramassis de dettes». Pourtant c’est une dette de 2.000 milliards et demi de dollars qui a permis de construire le réseau routier interétatique, ainsi que tout ce dont la population a pu bénéficier grâce à cela. Ce que dit Simpson est absurde. Tout investissement s’accompagne d’une forme de dette. Une obligation de la General Electric, c’est précisément cela, une promesse de la General Electric de rembourser ses créanciers. Un billet d’un dollar est une reconnaissance de dette du gouvernement, de même qu’une obligation du Social Security Trust Fund.Berry rapporte une déclaration particulièrement étrange de Simpson: la Commission de la sécurité sociale de 1983 «ne savait pas qu’il y a eu un baby boom…». Or le baby boom a commencé immédiatement après la Deuxième Guerre mondiale et a atteint son apogée en 1960. Ainsi que l’écrit Berry, «le discours d’Alan Greenspan qui était à la tête… [de cette] commission était complètement différent. C’est en raison du grand changement démographique qui a commencé après la Deuxième Guerre mondiale que… les cotisations ont augmenté et les prestations ont diminué [en 1983] - pour créer un surplus de manière à pouvoir maintenir les prestations [dans l’avenir]».Quand je regarde la Commission de réduction du déficit d’Obama - ou tout aussi bien la gouvernance de par le monde - j’observe beaucoup d’imperfections, mais aucun ou peu d’exemples d’excellence.

Outils puissants

Il y a 400 ans tout le monde admettait, au moins en Europe occidentale, qu’un bon gouvernement est chose rare. La démocratie dégénérait systématiquement en gouvernement de la rue, la monarchie en tyrannie et l’aristocratie en oligarchie. Même bien conduite, la démocratie ne prenait guère en compte le long terme, l’aristocratie ne portait guère d’intérêt au bien-être de ce que Simpson appelle «les petites gens» et la monarchie ne s’occupait guère d’autre chose que de sa succession légitime. Puis à la fin du XVIIIe siècle, les fondateurs des Etats-Unis d’Amérique et leurs héritiers sur le plan des idées ont prétendu que ce pessimisme quant au gouvernement était infondé. «La science de la politique… comme la plupart des autres sciences», déclarait Alexander Hamilton, «a fait de grands progrès… La répartition régulière du pouvoir entre des départements distincts… l’équilibre des pouvoirs législatifs… la nomination à vie des juges, la représentation du peuple dans la législature par des députés élus… sont les outils, les outils puissants, grâce auxquels on peut conserver l’excellence d’un gouvernement républicain tout en évitant ses imperfections ou en les réduisant…». Peut-être Hamilton était-il trop optimiste.Copyright: Project Syndicate, 2010.www.project-syndicate.orgTraduit de l’anglais par Patrice Horovitz

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