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Naissance d'une branche aéronautique

Par L'Economiste | Edition N°:1738 Le 01/04/2004 | Partager

. Treize entreprises déjà installées à Casa et Tanger . Tanger free zone et la RAM: deux éléments majeurs. Des entreprises françaises déçues de l'Europe de l'EstMoins 15% en deux ans et demi. C'est la réduction de prix que Boeing, puis Airbus et Eurocoptère, trois grands avionneurs mondiaux, ont demandée à leurs fournisseurs. Les grosses PME françaises sont donc en émoi et leur association professionnelle, le Gifas (groupement des industries françaises de l'aéronautique et du spacial) s'en fait l'écho. Il multiplie les démarches, mais s'il peut «gratter» quelque chose, ce ne sera qu'à la marge. Ces PME, de 300 à 3.000 personnes, ont déjà été durement éprouvées par les 35 heures. Certaines, comme Souriau, devenue célèbre au Maroc avec son installation à Tanger free zone, avaient essayé de migrer vers l'Europe de l'Est. Mais l'installation en Roumanie ou en Hongrie n'abaisse pas suffisamment les coûts de production. Ce que les patrons appellent «les habitudes de production» n'y sont pas très favorables à la productivité. Mais le plus important est l'explosion des coûts provenant des charges de traduction (cf. encadré). Les entreprises sont donc déçues de leur expérience… ce qui est une opportunité excellente. Sans vraiment y avoir pris garde, le Maroc est devenu un «pays d'aéronautique». Sa réputation dans les milieux professionnels est assez bonne pour faire dire aux experts qui commentaient l'accident de Flash Air, à Sharm El Cheikh cet hiver, que contrairement à la plupart des pays du Tiers Monde, le Maroc est un pays compétent et sérieux.Certes, l'envergure de cette nouvelle branche est encore modeste: treize entreprises implantées, trois en cours d'installation, et une poignée qui regardent sérieusement la possibilité d'une implantation, y compris celles qui envisagent de quitter l'Est européen.Deux éléments majeurs, plus un troisième, jouent dans ce déploiement au Maroc: l'existence d'un pôle technique de bonne qualité créé de toutes pièces par RAM, l'offre de la zone franche de Tanger gérée par l'ONA et aussi le financement du Fonds Hassan II. Le phénomène est au seuil de faire boule de neige, car, il faut le savoir, les entreprises d'aéronautique ont besoin les unes des autres, pour profiter pleinement de leur choix d'implantation. L'entraînement fonctionne à deux niveaux: la formation des travailleurs et de cadres compétents et la sous-traitance. Des implantations réussies comme celles de la première dizaine d'entreprises, entraînent l'implantation de leurs fournisseurs.Mais la bonne stratégie impose de ne pas employer le mot «délocalisation», sinon le Maroc apparaîtrait comme un «détrousseur d'emplois»….


Une question de langue

Curieusement, l'aéronautique française ne travaille pas en langue anglaise. C'est pourtant, si l'on en croit les chiffres, la deuxième au monde. En fait, il y a une raison bien simple.L'aéronautique, au départ, existe largement grâce aux commandes militaires. Pour cela, dans les pays qui ont des activités aéronautiques, ces dernières parlent la langue de leur pays. Les concentrations ont fait qu'il y a aujourd'hui deux grands pôles mondiaux, les Etats-Unis et la France, avec autour d'elle, le reste de l'Europe. Donc, le français a droit de cité dans le monde de l'aviation. Or, c'est un monde hyperprocédural où les documents sont écrits en français, une langue qui n'est pas très répandue, en particulier en Europe de l'Est.C'est donc une question de langue, de pratique quotidienne du français, qui a donné au Maroc l'opportunité d'entrer dans une branche où a priori, on ne l'aurait pas attendu. Pour les entreprises françaises mais aussi européennes d'aéronautique, il est moins cher, plus facile et plus sûr de travailler au Maroc qu'en Europe de l'Est. N. S.

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