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    Economie

    Montage du projet de Budget : Le grand retour de la politique économique

    Par L'Economiste | Edition N°:223 Le 28/03/1996 | Partager

    Quatre événements ont remis à l'honneur la politique économique: la préparation du prochain Budget, l'ASPEN, la visite de la Banque Mondiale et surtout l'Audience Royale accordée à la CGEM.


    L'Audience Royale accordée à la CGEM et la séance de travail qui a suivi, en présence des conseillers Driss Slaoui et André Azoulay, a été ressentie comme un signal du retour à la confiance par les opérateurs économiques. Ces derniers continuent néanmoins d'observer avec la plus grande attention les suites judiciaires de la campagne d'assainissement. La tension s'est certes atténuée et les magistrats ont acquis une meilleure maîtrise des éléments techniques. Mais il reste que c'est à ce niveau que se joue la crédibilité de l'assainissement.
    S'exprimant au nom de ses pairs, le président, M. Lahjouji, qui à maintes reprises s'était inquiété des "problèmes de compétences" observés lors des opérations d'assainissement, a maintenu, lors de l'Audience Royale, le souhait du patronat de voir les valeurs morales réhabilitées. Parallèlement, la CGEM a été encouragée à approfondir le dialogue avec les syndicats. Cette action qu'avait lancée M. Lahjouji, au lendemain de son élection, n'avait pas fait l'unanimité chez le patronat. Il se demandait si les niveaux de maturité dans les instances syndicales étaient à même de donner un dialogue productif. La CGEM devra néanmoins remettre encore son ouvrage sur le métier.

    Plus immédiats sont les soucis liés au prochain Budget de l'Etat. Le ministre des Finances a exposé ses vues au dernier conseil de gouvernement. Ses prévisions, malgré un taux de croissance dopé par les futurs résultats agricoles, restent pessimistes pour les finances publiques. Il faudra lutter contre les déficits, les dérapages passés et présents continuant d'hypothéquer lourdement la compétitivité de la Maison-Maroc. Dans ce domaine, deux écoles semblent se faire jour. L'une estime que les déficits publics viennent de la faiblesse des recettes et qu'il faudrait donc des actions coups de poing sur les contribuables: la "mentalité marocaine" réclamerait selon les tenants de ce raisonnement de "fortes leçons".
    L'autre école, au contraire, s'inquiète de la part croissante des charges de fonctionnement de l'Etat et réclame la réforme des administrations pour les rendre plus compétitives.
    La part des recettes fiscales et parafiscales dans le PIB, comme les taux d'imposition, donnent raison à la seconde école. Reste à savoir dans quelle mesure l'administration des statistiques est suffisamment efficace pour calculer un PIB réaliste...

    Modernisme et archaïsme

    Le courant de pensée en faveur de la réforme des dépenses publiques n'est cependant pas naïf au point de croire qu'il n'y a pas de fraude fiscale, mais considère que le choc de l'assainissement sur la contrebande aura été suffisant pour déstabiliser les fraudeurs.
    Le débat entre les deux écoles est un débat de fond sur la stratégie économique. Quelques observateurs de la politique marocaine croient même reconnaître dans ce débat la compétition que se livrent le modernisme et l'archaïsme.
    "Je ne veux pas donner de leçon", avait indiqué à plusieurs reprises le président de la Banque Mondiale qui effectuait la semaine dernière sa première visite officielle au Maroc(1). Reçu par SM le Roi, M. Wolfensohn a noté le dynamisme du secteur privé marocain tandis que le Souverain a demandé à la Banque Mondiale de maintenir son rôle de conseiller pour le Maroc.
    La Banque, à travers les rapports rendus publics à la demande du Souverain, n'avait pas été tendre à l'endroit des hésitations observées dans la conduite des réformes administratives. Les travaux de la Banque resteront donc des références dans les débats de politique économique.

    "Faire l'article"

    Pour M. Wolfensohn, deux réformes urgentes sont encore pendantes: le redressement de l'appareil judiciaire et le statut foncier des terres agricoles. Cependant, il faut que la modernisation du Maroc soit le fait des Marocains, a-t-il souligné, invitant opérateurs économiques et gouvernement à se mettre au travail rapidement.
    "Mais qu'est-ce qui devrait nous pousser à investir chez vous?" Telle était la question que les personnalités réunies par l'ASPEN italienne ont posée la semaine dernière, à Marrakech, aux responsables économiques des pays méditerranéens. Pour les oreilles marocaines, la question est brûlante: faut-il se contenter de "faire l'article" pour promouvoir le Maroc dans l'espace méditerranéen, ou bien faut-il "déballer" les problèmes internes encore en suspens? En fait, les partenaires-investisseurs ne sont ni plus ni moins naïfs que les responsables marocains du public et du privé. Et encore une fois, l'appareil judiciaire est revenu dans les débats: lenteur, imprévisibilité, difficultés d'obtenir des recours, grande misère matérielle des tribunaux...

    Nadia.SALAH.

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