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    Economie

    Mohamed Tazi, président de l'ASMEX : Export: La concurrence durcit, notre compétitivité recule

    Par L'Economiste | Edition N°:215 Le 01/02/1996 | Partager

    Des actions menées par l'ASMEX en 1995, le président dégage un bilan mitigé. Sectorialiser les propositions du Plan Export et redynamiser l'esprit associatif constituent entre autres les prochains objectifs.


    - Comment se sont portées les exportations en 1995?
    - M. Mohamed Tazi: Sur le plan des performances, nous avons constaté un tassement en 1995, les exportations n'ayant augmenté en valeur que de 8% et stagné en termes réels. Ceci est dû d'abord à la dépression des marchés internationaux et à la sécheresse qui a affecté l'industrie agro-alimentaire, sans oublier l'impact de la dévaluation des trois monnaies européennes survenue au premier semestre. En outre, les perturbations du transit par les pêcheurs espagnols ont eu un effet néfaste sur nos donneurs d'ordre. D'ailleurs, nos résultats pour cette campagne ont été très modestes par rapport à des concurrents tels que l'Asie du Sud-Est et même les pays méditerranéens.

    -La phase d'incertitude en période de négociations de l'accord Maroc UE a-t-elle contribué à l'aggravation de ces contre-performances?
    - A mon avis, cette incertitude n'a pas joué sur les exportations de 1995. D'une part, les ventes réalisées émanent d'ordres lancés bien avant. D'autre part, personne ne pouvait préjuger des résultats des négociations. D'ailleurs, même après la signature de l'accord, bien des points restent encore à régler d'ici l'an 2000.

    -Pensez-vous que la vulnérabilité de nos exportations soit liée uniquement aux facteurs conjoncturels que vous venez de citer?
    - Non, car un fait structurel est maintenant reconnu officiellement.
    Il s'agit de la baisse de la compétitivité de notre économie dans sa globalité et de nos exportations en particulier. Voyez à cet égard le fameux rapport de la Banque Mondiale et le tout récent rapport de l'Observatoire de la Compétitivité Internationale de l'Economie Marocaine présenté par le MCIA. Le recul de la compétitivité dans un contexte de durcissement de la concurrence internationale, voilà le nud central du problème.

    - Où en sommes-nous actuellement?
    - L'ASMEX a fait des propositions concrètes et chiffrées pour le plan de restructuration et de mise à niveau ainsi que pour le plan de promotion commerciale.
    Les origines sont pratiquement toutes identifiées, les décisions à prendre connues de tous, mais personne ne veut assumer la responsabilité de les appliquer.

    -Qu'est devenu le Conseil National du Commerce Extérieur?
    - Ce Conseil créé en 1994 devait fixer les orientations du commerce extérieur. Mais aucune réunion ne s'est tenue à ce jour, ses membres n'ayant pas été désignés.

    - Quelles sont les actions engagées par l'ASMEX pour améliorer la compétitivité des produits marocains?
    - L'ASMEX a eu des contacts suivis avec les administrations concernées. Avec le Ministère du Commerce Extérieur et le CMPE, nous avons élaboré le Plan Export 2. Outre la participation aux travaux des comités mixtes avec les pays partenaires comme la Tunisie, nous avons contribué aux travaux de la Commission Nationale de Simplification des procédures.
    Par ailleurs, la présentation du Plan Export 2 au ministre des Finances en juillet 1995 a donné lieu à une série de réunions avec ses principaux départements: La Direction du Trésor pour l'étude des problèmes du financement des exportations, la Direction des Impôts pour la Charte des investissements et les problèmes fiscaux, la Direction des Douanes pour l'analyse des procédures de dédouanement, les régimes économiques en douane (RED), le cautionnement mutuel et la contrebande.

    - Qu'est-il ressorti de ces travaux?
    - D'abord, il est à rappeler que la taxe de promotion des exportations va être débloquée avec une année de retard. Mais pour atteindre ses objectifs, il faudrait qu'elle soit réaménagée dans son esprit initial.
    Par ailleurs, pour les mesures ne demandant pas l'intervention financière de l'Etat, le maximum d'appui nous a été accordé. Ainsi des circulaires de simplification des procédures concernant le cautionnement mutuel, la mise à la consommation locale de 15% des produits fabriqués localement à partir de matières importées sous RED, ont effectivement été diffusées.
    Mais les propositions visant à nous aligner, notamment en matière fiscale sur les régimes spéciaux accordés par les pays concurrents, ont été rejetées. Il s'agit per exemple de faire bénéficier les exportateurs indirects des mêmes avantages pour faciliter l'intégration industrielle.

    - Les décisions déjà adoptées sont-elles entrées en application?
    - De bonnes décisions ont été prises mais l'exportateur ne se retrouve plus au niveau de leur application. Le comportement des fonctionnaires finit par laminer l'effet positif de ces décisions.

    - Quelles sont les démarches qui n'ont pas abouti?
    - L'essentiel des suggestions de l'ASMEX pouvant donner lieu à des amendements de la Charte des Investissements n'a pas été retenu. A titre d'exemple, l'entrée en vigueur de la taxation de 2,5 à 10% des biens d'équipement importés est un retour en arrière.
    Quant aux propositions du Plan Export, nombreuses sont celles qui n'ont pas encore vues le jour et certaines sont toujours à l'étude.

    - Que prévoyez-vous pour les dossiers en suspens?
    - Nous comptons "sectorialiser" les propositions du Plan Export 2 pour fixer des objectifs plus précis.
    Par ailleurs, des réunions sont prévues avec le Ministère des Finances et le GPBM pour faire des propositions aux autorités monétaires sur les nouveaux moyens de financement des exportations, l'amélioration des conditions de crédit, la couverture du risque de change.
    Quant à la taxe de la promotion des exportations, elle était destinée à l'origine aux associations professionnelles. Or nous nous retrouvons toutes avec seulement 10% de son montant, une année plus tard. L'ASMEX compte revenir à la charge avant la prochaine loi de Finances, non seulement pour faire revenir la taxe à son objectif initial, mais aussi pour améliorer son taux.
    D'autres actions ponctuelles sont d'ores et déjà engagées par l'ASMEX pour obtenir des avantages à ses adhérents. Il s'agit notamment de conventions avec la RAM et la Comanav concernant le fret, la convention voyage d'affaires ayant déjà aboutie avec la compagnie aérienne.

    - Les exportateurs ont été surpris par la récente tarification de certains services de la Douane.
    - Nous avons engagé une démarche auprès de l'Administration pour reconsidérer ces nouveaux droits à payer pour les déclarations et les sommiers. De plus, certains pays demandent non pas un certificat d'origine douanier mais un certificat d'origine visé par la Chambre de Commerce qui est également devenu payant.
    Nous sommes en droit de nous demander si la compétitivité de nos produits sera un jour rétablie compte tenu de la multiplicité des contraintes.

    - Comment redynamiser l'esprit associatif sur les plans interne et externe?
    - D'abord, nous attendons d'encaisser cette taxe pour fixer le programme des dépenses. Nous envisageons des déplacements à travers toutes les régions pour expliquer les données du commerce extérieur et identifier de nouveaux créneaux. Notre objectif est de nous ouvrir davantage aux petits exportateurs en leur apportant assistance et conseil. De plus, nous comptons développer les avantages assortis à la carte d'exportateur (formation, relations d'affaires...).
    Enfin, pour imposer notre lobbying à l'extérieur, nous devons créer une représentation permanente auprès de l'UE, basée à Bruxelles.

    Propos recueillis par Mouna KABLY





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